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L’après-Mélenchon : la France insoumise survivrait-elle à la mise au rancart de son gourou ?

Publié le 21 octobre 2018
Mélenchon est en train de glisser du rôle de catalyseur de la grogne de gauche à celui de repoussoir caractériel. La FI peut-elle s’en débarrasser sans y laisser sa chemise ?
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
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Mélenchon est en train de glisser du rôle de catalyseur de la grogne de gauche à celui de repoussoir caractériel. La FI peut-elle s’en débarrasser sans y laisser sa chemise ?

Au PS comme à la FI, Mélenchon n’a jamais eu la réputation d’être un type ouvert ou même juste vaguement sympatoche. Et ça vaut pour les membres de son premier cercle, qui le craignent souvent bien davantage qu’ils ne l’admirent murmure-t-on.

Notoirement irritable, volontiers méprisant et sectaire, cassant, donneur de leçons, un poil mégalo, il compensait jusqu’à présent cette absence de charme (d’ailleurs remarquable pour un professionnel de la politique dont le niveau de vie dépend essentiellement de sa capacité à séduire le plus grand nombre d’électeurs) par un robespierrisme intransigeant, une brutalité de pit-bull déguisée en saine révolte...

« Oui, c’est peut-être un méchant, mais un méchant de gauche au service des gentils, expliquent invariablement les militants chargés du SAV de ses grosses colères récurrentes :Et s’il menacede couper des têtes, ce sontessentiellementde mauvaises têtes. Des têtes de riches. Des têtes de droite. Les gens aiment ça ».

Désormais, pour autant, entre sa perquisition-happening et son coming out de député marseillais glottophobe, les mêmes en viennent à se demander si l’écorché vif ne serait pas qu’un banal fâcheux atrabilaire. Un méchant tout court. Après tout, c’est sans doute en voyant Marine Le Pen faire son numéro vaudou devant Macron la veille du deuxième tour que Philippot et Dupont-Aignan ont vraiment pris la mesure du boulet auquel ils s’étaient eux mêmes enchaînés... 

On appelle ça une épiphanie.

D’un strict point de vue d’appareil, ça n’est sans doute pas encore trop grave pour la FI. Les encartés devraient continuer à distribuer des tracts sur les marchés du dimanche et à défendre le chef sur Twitter contre les attaques d’une « fachosphère » élargie à ce qui reste du PS, quand ce n’est pas carrément au PC. Tout comme les « socios » devraient continuer de s’informer sur Le Média, acceptant stoïquement de voir le montant de leur abonnement directement affecté au paiement des factures de Sophia Chikirou.

Mais du point de vue de cadres conservant l’espoir de rassembler au-delà des effectifs officiels de la secte lors des prochains scrutins, c’est un vrai souci. Quitte à voter pour quelqu’un n’ayant aucune chance de décrocher la moindre timable, autant choisir un gentil inoffensif à la Hamon, pourraient en conclure de nombreux progressistes allergiques aux tartarinades mélenchoniennes...

Déjà menacée d’implosion par les divergences d’opinions entre radicaux indigénistes et laïques austères, souverainistes farouches et internationalistes anti-frontières, la France insoumise se retrouve donc confrontée à un « sacré » dilemme : mettre gentiment le vieux sur la touche en prenant le risque de l’effondrement d’un parti entièrement structuré autour de son gourou, ou le conserver jusqu’au suicide collectif façon Temple solaire… 

C’est Benalla qui doit bien rigoler...

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