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La contagion terroriste islamiste en Occident : Barcelone, Marseille, Las Vegas, etc. Le terrorisme est avant tout une arme de guerre psychologique

Publié le 06 octobre 2017
La plupart des attentats terroristes ainsi commis par ces profils majoritairement connus (Barcelone, Londres, Manchester, Bataclan, etc) aurait pu être évitée, retardée ou rendue plus difficile si les justices des pays occidentaux avaient été plus sévères avec les autochtones récidivistes repérés pour actes de délinquance et si elles avaient renvoyé dans leurs pays les étrangers expulsables.
Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur...
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Alexandre Del Valle
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Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur...
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La plupart des attentats terroristes ainsi commis par ces profils majoritairement connus (Barcelone, Londres, Manchester, Bataclan, etc) aurait pu être évitée, retardée ou rendue plus difficile si les justices des pays occidentaux avaient été plus sévères avec les autochtones récidivistes repérés pour actes de délinquance et si elles avaient renvoyé dans leurs pays les étrangers expulsables.

D’évidence, plus le temps passe, plus les attentats terroristes sont nombreux, variés, répandus, fréquents et innovants. Le virus de la terreur jihadiste ne cesse de se répandre. Cette contagion doit beaucoup aux contrecoups des reculs de Da’ech, certes, qui régresse en Syrie et en Irak, mais pas seulement. D’une façon générale, les actes terroristes islamistes se sont multipliés de façon quasi ininterrompue depuis les années 1990 et le 11 septembre 2001. Et la mort programmée ou la perte de territoires du Califat de l’Etat islamique ne signifiera pas la mort du jihadisme et du totalitarisme islamiste dont l’acte terroriste n’est qu’un mode d’action minoritaire et qui se décline en de nombreuses stratégies, tantôt pacifiques, intellectuelles, propagandistes et prosélytes, plutôt « douces », et tantôt violentes, sous la forme du jihadisme terroriste-salafiste mais pas seulement.

L’accélération du phénomène qui remonte aux années 1980, s’est intensifiée avec la mutation d’Al-Qaïda et les premières vidéo atroces d’Occidentaux égorgés « live » par Zarqaoui - l’ancêtre de Da’ech et ex-chef d’Al-Qaïda en Irak ), dans les années 2000, puis avec la dérive des révolutions arabes et du chaos irako-libyco-syrien et l’ascension fulgurante de l’EI, qui a utilisé le terrorisme de guérilla comme arme de conquête en Irak-Syrie pour édifier son Califat, puis le terrorisme individuel et réticulaire comme une arme de recrutement en Europe avec l’appel à l’Hijra et aux attentats tous azimuts vus comme des opérations « publicitaires » de recrutement et de propagande à échelle planétaire.  

Pour en finir avec les lieux communs politiquement corrects

Contrairement à une idée reçue, en Occident, nombre de ces attentats ont été commis pas seulement par des « Français » ou simples citoyens occidentaux vaguement d’origine étrangère, mais par de nombreux étrangers majoritairement maghrébins et parfois même réfugiés politiques, clandestins ou demandeurs d’asile, ce qui dément totalement l’affirmation selon laquelle les attentats jihadistes n’auraient « rien à voir avec l’immigration » ou avec la question des migrants clandestins ou « réfugiés ».

Seconde idée reçue : les attentats seraient commis par des gens peu instruits, illettrés, tous délinquants ou psychopathes et marginaux sociaux. La chose n’est pas plus vraie, car il n’y a pas de règles, et l’on retrouve des candidats pour rejoindre l’Etat islamique ou pour commettre des attentats en Occident parmi tous les profils : voyous, braves types, marginaux, bons étudiants ; migrants légaux ou en infraction ; diplômés ou non ; pauvres ou issus de classes moyenne ; violents ou pas, etc.

Une seule constante : la plupart ont été fichés S en France ou autre ailleurs en Europe par des services anti-terroristes. La justice les a en général relâchés trop tôt de prison ou les a perdus de vue. La plupart ont été également connus des services de police pour des faits de délinquance ou de séjour illégal, mais ils ont là aussi été relâchés dans la nature ou non expulsés ou même libérés de prison de façon anticipée par les justices des pays ouest-européens en particulier.

Première conclusion : la plupart des attentats terroristes ainsi commis par ces profils majoritairement connus (Barcelone, Londres, Manchester, Bataclan, etc) aurait pu être évitée, retardée ou rendue plus difficile si les justices des pays occidentaux avaient été plus sévères avec les autochtones récidivistes repérés pour actes de délinquance et si elles avaient renvoyé dans leurs pays les étrangers expulsables.

Les profils des auteurs d’actes islamo-terroristes commis depuis le seul été 2016 illustrent de façon flagrante nos précédentes conclusions :

2016 : 13 juin, double meurtre à Magnanville d’un commandant de police et de sa compagne par Larossi Abballa.

Le 14 juillet, à Nice, le Tunisien, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel tue avec son camion 86 personnes et en blesse 286 autres,

Allemagne, le 18 juillet 2016, un migrant afghan agresse des passagers avec une hache et un couteau, dans un train et fait 5 blessés ; le 25 juillet, un attentat suicide commis par un réfugié syrien blesse 15 personnes.

France : 26 juillet, lors d'une messe, deux islamistes égorgent un prêtre en pleine messe à Saint Etienne de Rouvray.  L'un d'eux était fiché S.

-Belgique : 6 août 2016, deux policières de Charleroi sont tuées.

-Etats-Unis : 17 septembre un Somalien blesse neuf personnes à l'arme blanche dans un centre commercial du Minnesota ; et l'explosion d'une bombe blesse 29 personnes à New York. Le 29 novembre, un islamiste blesse 11 personnes dans une université de l’Ohio

Allemagne : le 19 décembre, un camion est lancé sur la foule au marché de Noël de Berlin (12 morts, 48 blessés).

2017 :

France : 3 février, Paris, attaque contre les militaires au Caroussel du Louvre par un islamiste égyptien.  

Royaume Uni, 22 mars, un homme fonce avec sa voiture sur des passants sur le pont de Westminster près du Parlement à Londres, avant de poignarder un policier (5 morts et 50 blessés),

Russie, 3-4 avril, attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg par un citoyen Kirghize (15 morts, 50 blessés). Fusillade à Astrakan : deux policiers tués.

Suède : 7 avril, un homme de nationalité ouzbèke lance son camion contre la foule à Stockholm (5 morts, 15blessés.

France, 20 avril, Karim Cheurfi ouvre le feu sur des policiers sur les Champs-Élysées (un mort 2 blessés)

Royaume-Uni, 22 mai 2017, un attentat-suicide perpétré par le britannico-Libyen Salman Abedi, fait 22 morts et 116 blessés à la sortie du concert de la chanteuse italo-américaine Ariana Grande à Manchester. 4 ans avant jour pour jour, Lee Rigby avait été tué à Londres par deux djihadistes nigérians.

Royaume Uni, 3 juin, trois hommes à bord d’une fourgonnette renversent des passants sur le pont de Londres, puis poignardent des civils (8 morts et 48 blessés)

Australie, 5 juin, à Melbourne, un Somalien abat un client d'un hôtel et prend en otage une Escort-girl.

France : 6 juin, attaque au marteau d’un policier devant la cathédrale Notre-Dame de par l’Algérien Farid Ikken, ancien journaliste.

Royaume-Uni, 7 juin, une infirmière est grièvement blessée à Londres par 3 femmes

Etats-Unis, 21 juin, Amor Ftouhi, un Canadien d'origine tunisienne, blesse un policier avec un couteau en criant Allah Akbar à l’aéroport de Michigan.

Allemagne, 8 juillet, un demandeur d'asile tue 1 personne et en blesse six autres dans une attaque au couteau à Hambourg.

France : 9 août 2017, une attaque à la voiture bélier blesse 6 militaires à Levallois-Perret.

Espagne : 17-18 août à Barcelone et Cambrils (17 morts et plus d'une centaine de blessés/attaque à la fourgonnette) ;

Finlande le 18 août, à Turku (2 morts et 6 blessés/attaque au couteau) ;

Russie, 19 août 2017, à Sourgout, 7 personnes blessées ;

Belgique, 26 août, à Bruxelles, deux militaires agressés au couteau ;

Royaume Uni, 26 aout 2017, deux policiers attaqués au couteau à Londres ;

France, 13 septembre à Toulouse, des passants agressés (7 blessés dont 3 policiers) ; le 15 septembre, attaque contre un militaire en patrouille au métro Châtelet à Paris ;

Royaume-Uni, 15 septembre, explosion d'une bombe artisanale dans le métro de Londres (29 blessés) ;

France, 1er octobre, deux filles égorgées à la gare de Saint-Charles à Marseille par un Tunisien en situation illégale) ;

Canada, 1er octobre 2017 un Somalien, en attente du statut de réfugié blesse 5 personnes avec un couteau et une camionnette-bélier à Edmonton) ;

Etats-Unis, 1er octobre, à Las Vegas, le riche retraité surarmé très récemment converti, Stephen Paddock, massacre 58 personnes et en blesse 515 blessés (le caractère islamiste de l'attaque est toutefois encore non prouvé).

Qu’est-ce que le terrorisme et quel est son modus operandi ?

Le phénomène du terrorisme n'est pas nouveau. Il est apparu au cours de l’histoire en tant que système de terreur et de sidération de l’ennemi, en tant qu’«arme du faible ou du pauvre face au plus fort», donc comme arme asymétrique, et ceci dans de nombreux pays et civilisations, certes sous des formes différentes.

Dans ses manifestations islamistes actuelles, qui ont leurs particularités, héritées à la fois du terrorisme palestinien, de la geste chiite-khomeyniste (qui a apporté la dimension suicidaire-kamikaze) et du salafisme jihadiste-takfiriste, le terrorisme qui frappe chaque jour en Irak, au Pakistan, en Europe, aux Etats-Unis, aux Philippines ou ailleurs, est le fruit d’un totalitarisme vert qui vise à long terme et d’un point de vue stratégique (« buts de guerre »), à soumettre et convertir à l’islam des populations destinées à être sidérées par des attaques indiscriminées contre des civils ou des forces de l’ordre, ceci par n’importe quel moyen, n’importe où et n’importe quand.

L'utilisation des attaques suicides, qui s’est répandue dans les années 1990-2000 et qui constitue un « apport » novateur dans la tradition islamiste sunnite qui a toujours valorisé le Jihad offensif (« jihad fi sabil allah, Harb, et Qital mentionnés dans le Coran, les Hadiths et la Sira, la vie de Mahomet), vise à rendre presque impossible la neutralisation du guerrier « islamikaze » qui « aime la mort plus que la vie ».

Ce message est d’une force psychologique incroyable et il souvent sous-estimé, car il revient à faire comprendre aux esprits rationnels qu’à armes égales, l’islamiste qui n’a pas peur de mourir et de faire la guerre sans armures est le vainqueur. Ce message subliminal, parfaitement compris par les publics pacifiques qui, eux, ont peur de la mort, sidère et effraie plus que tout. Les terroristes sidèrent ainsi tout le monde, tout en fascinant les psychopathes révélés ou « dormants » et les ressentimentaux-revanchards qui cherchent des prétextes pour défouler leur haine. Ils peuvent ainsi par leur « terrorisme publicitaire » et leur « marketing négatif » mobiliser les candidats jihadistes en sommeil ou en devenir du monde entier, connectés et assidus des réseaux sociaux.

La force opératoire et psychologique du terrorisme islamiste de « nouvelle génération » ou « 3.0 » est à la fois totalitaire, moderne, théocratique et planétaire, ce qui le différencie des vieux terrorismes nationalistes irlandais, proto-israéliens, sri-lankais, arméniens, japonais kamikazes, brigadistes ou basques. Ses objectifs comme ces cibles et ses modes d’actions sont quasiment sans limites. Sa violence l’est également comme ses moyens, de sorte que son indiscrimination fait que n’importe qui est ou se sent visé. Tout le monde peut donc ressentir « l’effroi que Da’ech veut faire ressentir dans les cœurs des Mécréants et des apostats ».

Ce terrorisme islamiste est parvenu à mener à son paroxysme le plus achevé et absolu l’objectif qui consiste non pas à tuer pour tuer mais à faire couler le sang afin d’attirer les médias, de choquer l’Opinion publique et de promouvoir de la sorte une publicité ou un « marketing » négatifs à la fois gratuit et infini.

La violence absolue et imparable du jihadisme suicidaire favorise ainsi la diffusion du message islamiste (jihadiste-califal et chariatique) à échelle mondiale, si bien qu’aucune autre idéologie et aucune autre religion n’a jamais disposé d’une force de propagande, de promotion et de publicité aussi large et massive.

Jamais une organisation idéologique n’a bénéficié de « haut-parleurs » et « relais » médiatiques aussi puissants et planétairement étendus que depuis les années 2000, c’est-à-dire quand les attentats du 11 septembre planifiés par Al-Qaïda et le médiatique Oussama Ben Laden ont inauguré le mode opératoire qui allie le terrorisme-suicidaire et des vidéos diffusées par les médias et internet.

Quel est le processus psychologique qui sous-tend la mentalité des terroristes islamistes?

Rappelons d’abord que si le terrorisme est si efficace en termes de propagande, c’est qu’il est profondément enraciné dans la psychologie humaine, même si cela peut paraître étonnant. En effet, l’histoire montre que les minorités organisées et violentes ont toujours su manipuler, intimider et dominer des majorités pacifiques et non organisées, ceci par la violence. Hegel et Joseph de Maistre ont très bien montré la puissance de la violence comme moteur de l’histoire, et de nombreuses victoires ont été remportées grâce à des moyens de terreur psychologique visant à sidérer l’ennemi horrifiés par les rumeurs d’actes atroces et par les menaces apocalyptiques.

Il existe des centaines de définitions du terrorisme : on parle notamment de « violence contre les civils perpétrée par des combattants non-étatiques dans le but d'intimider, d'effrayer ou de terroriser un large public afin de soumettre ce dernier et de faire plier son opinion publique et ses dirigeants » (Schmid et Jongman-1988, in «Volume mondial sur le terrorisme politique»). Le but ultime est de frapper physiquement et surtout psychologiquement puis de paralyser des communautés entières ou des nations, afin de provoquer une sidération et une peur collective qui crée tôt ou tard un syndrome de Stockholm anticipatoire ou « antérograde ».

Au début des recherches sur le terrorisme, certains psychologues ont conjecturé que le terrorisme était enraciné dans la psychopathologie ou que les terroristes étaient caractérisés par un profil spécifique de la personnalité "problématique". Au début des années 1970, on croyait encore que les terroristes souffraient de « troubles de la personnalité » et que, parmi eux, il y avait un nombre exceptionnellement élevé de psychopathes, de sociopathes, de narcissiques-pervers et de paranoïaques. Même après le 11 septembre 2001, la conviction était encore courante selon laquelle tous les terroristes croyaient aux conspirations des grandes puissances du monde et souffraient d'une forme de délire ou de manie de persécution.

Récemment, la recherche systématique d'une psychopathologie du terroriste ou d'un profil unique de la personnalité a été progressivement démentie et contredite. Les études empiriques plus sérieuses de chercheurs allemands, américains ou italiens qui ont étudié la "Banda Baader-Meinhof", les "Brigades rouges" italiennes, l’ETA Basque et certains groupes palestiniens, n'ont pas trouvé d'éléments psychopathologiques communs parmi les membres de ces organisations terroristes. Ils ont au contraire constaté la relative « normalité » des membres de ces groupes (Victoroff, 2005). Les chercheurs plus sociologisant, souvent influencés par des thèses matérialistes marxistes, ont alors voulu invoquer les causes « sociales » et « socio-économiques », l'âge, le manque d'éducation, la privation de confort, les phénomènes d’exclusion ou la pauvreté et le manque d’emplois. Cette hypothèse socio-économique s’est elle aussi heurtée aux faits et études empiriques : bien que beaucoup partagent les mêmes environnements oppressifs ou problématiques, les mêmes désavantages sociaux et économiques, on constate que seul un très un petit nombre d’entre les « exclus » et malheureux soutient la démarche pro-terroriste. La proportion de terroristes parmi les plus pauvres est même plutôt inférieure à celle des classes moyennes et personnes non traumatisées, ainsi que l’a montré le célèbre psychiatre américain Marc Sageman (2004, 2008), qui a étudié durant des années des milliers de cas de terroristes et a enquêté dans les prisons et les familles de terroristes de façon très poussée.

Les dernières conclusions qu’ont pu tirer les spécialistes - psychologues et sécuritaires - du terrorisme montrent qu’aucun de ces facteurs environnementaux socio-économiques ne peut entraîner «automatiquement» le développement du terrorisme ni même constituer la cause nécessaire et suffisante (Kruglanski & Fishman, 2006).

La force prégnante de l’idéologisation et de l’endoctrinement

Il en résulte qu’aucune "cause principale » ne peut être avancée sérieusement en dehors d’un facteur omniprésent et indéniable : la puissance de la propagande idéologique, c’est-à-dire la persuasion de professionnels du prosélytisme et de l’endoctrinement, couplé à la médiatisation des faits terroristes eux-mêmes et à la lamentable politique carcérale et judiciaire qui favorise le contact hautement explosif entre les propagandistes et les personnalités problématiques et délinquantes aptes à la violence et donc au passage à l’acte.

Le terrorisme n’est qu’une arme de guerre tactique, un instrument, une « arme asymétrique », et non une stratégie en soi.

Il n’est qu’un moyen de faire la guerre dans certaines circonstances et dans le cadre d’une asymétrie (Kruglanski & Fishman, 2006), ceci dans le but de servir une stratégie plus large et commanditée par des entités qui ambitionnent en l’occurrence d’islamiser la planète, soit de façon prosélyte classique, soit de façon subversive, soit de façon violente (jihadisme).

Les attaques terroristes ne sont jamais des actes aléatoires de violence « gratuite » ou des produits impulsifs d'une personnalité pathologique qui « haïrait » sa cible « mécréante » ou qui tuerait pour tuer. Elles obéissent au contraire à une logique et à une planification minutieuses, fruit d’une vision stratégique et idéologique très précise et bénéficiant d'une bonne communication.

Certes, les profils de personnalités déviées ou aux conditions sociales défavorisées sont souvent présents, notamment au sein des terroristes issus des quartiers populaires et des prisons dans les « banlieues de l’islam ». Mais leur passage à l’acte terroriste n’est pas sui generis ou dû à leur marginalité, car il est simplement suscité par des professionnels du recrutement qui ont besoin de « main d’œuvre » opérationnelle et qui savent bien qu’en situation périphérique et d’urgence, l’expérience de la violence et des actes illégaux propres aux malfrats est tout simplement efficace et utile. Le profil délinquant du terroriste, le cas échéant, ne permet donc aucunement d’expliquer la stratégie des cerveaux et des groupes terroristes eux-mêmes.

On sait surtout que pour créer une « mentalité terroriste », une organisation au fort rayonnement médiatique et idéologique, à la fois structurée et efficace, doit faire converger trois éléments complémentaires : le niveau individuel, purement exécutif, (main d’œuvre ») qui contribue à créer la bonne motivation opérationnelle et le dévouement nécessaire sur un théâtre d’opération précis; le groupe ou noyau terroriste (souvent fait de fratries closes ou mini-sociétés sectaires coupées du monde extérieur et des familles), qui opère l'endoctrinement idéologiques puis la formation immédiate par la capillarité; et l'organisation-mère, qui donne le ton, distille les leitmotivs, conçoit la stratégie globale, puis crée les mécanismes de légitimation théocratique qui sanctifient et légalisent la violence barbare et donc déculpabilisent les tueurs en les déresponsabilisant dans le sens des fameuses expériences de Milgram.

Voir notamment les ouvrages :

Kruglanski, A.W., Chen, X., Dechesne, M., Fishman, S. et Orehek, E. (2009, b). Oui, non et peut-être dans le monde de la recherche sur le terrorisme : réflexions sur les commentaires. Psychologie politique, 30, 401-417.

Sageman, M. (2004). Comprendre les réseaux terroristes. Philadelphie: presse de l'Université de Pennsylvanie ; Sageman, M. (2008). Jihad sans direction. Philadelphie: presse de l'Université de Pennsylvanie.

Victoroff, J. (2005). L'esprit du terroriste : une critique et une critique des approches psychologiques. Journal of Conflict Resolution, 49, 3-42.

 

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- 06/10/2017 - 15:05
Le terrorisme n'est pas une guerre
Le terrorisme est une guérilla, sans espoir de gagner; des attentats commis par des amateurs plus ou moins doués qui veulent donner un sens à leur vie en devenant martyrs, aux ordres de leaders assoiffés de sang et de pouvoir. Une religion devrait enseigner qu'on ne donne un sens à la vie qu'en fondant une famille. La vraie déclaration de guerre est dans la volonté d'imposer la charia, les prières dans les entreprises, le voile, la séparation hommes-femmes, le ramadan, l'alimentation hallal et le refus systématique du porc.
cloette
- 06/10/2017 - 12:15
toujours excellent Al Del Valle
j'ai acheté son livre ," les vrais ennemis de l'Occident" , je ne regrette pas mon achat !
vangog
- 06/10/2017 - 09:49
Tous les fichés S ne sont pas terroristes...
mais "la plupart des terroristes sont fichés S" nous dit Del Vallee. La première des préventions du terrorisme passe donc par la prévention appliquée aux fichés S. Ah! Mais les Bisounours rétorquent alors que la France est un "état de droit" (seulement pour certains...) et que ça ne peut pas changer! Ben si! Il faut évoluer et changer, si on ne veut pas mourir, si on ne veut pas perdre son identité...mais les Bisounours sont un peu masos et réactionnaires...