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William Martinet, UNEF et étudiant à perpétuité  : "Je n'ai pas mis 10 ans à faire une licence de biologie, c'est mon master 1 que je n'ai pas réussi à obtenir en 5 ans !"
Publié le 11 avril 2016
William Martinet, pourfendeur en chef de la loi El Khomri, ne veut pas passer pour l'apparatchik ambitieux que son statut d'étudiant à vie/permanent syndical suggère. Il aura du mal à convaincre.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
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William Martinet, pourfendeur en chef de la loi El Khomri, ne veut pas passer pour l'apparatchik ambitieux que son statut d'étudiant à vie/permanent syndical suggère. Il aura du mal à convaincre.

Je viens de recevoir un coup de fil de William Martinet, le président de l'UNEF et ennemi en chef de la loi Travail, qui n'est pas très content de mon papier de l'autre jour : "Vous laissez entendre qu'il m'a fallu dix ans pour décrocher ma licence, mais ce n'est pas vrai. Je l'ai eue en quatre ans, figurez-vous !". "Ah bon, je réponds étonné, c'est pourtant ce qu'avaient dit l'AFP puis Le Point. Je leur ai fait confiance..."

 

― "Eh bien ils se sont plantés. Ou ils ont fait exprès de travestir la réalité, il m'explique. En tout cas, ils se sont contentés de calculer la période entre ma première inscription à la fac en 2006 et mon inscription en master cette année. Le Point a d'ailleurs modifié son article par la suite...

― Ah OK. Disons que ça fait plutôt neuf ans en licence alors... C'est pas très différent si vous voulez mon avis.

― Non non, pas du tout, vous ne comprenez pas : je me suis bien inscrit en première année de licence en 2006 juste après le bac, c'est vrai, mais j'ai eu ma licence quatre ans plus tard en 2010. Quatre ans pour une licence, c'est pas si lamentable tout de même, c'est à peine une année de plus que la norme...

― Effectivement. Mais qu'est-ce que vous avez fait dans l'intervalle, je veux dire si vous venez tout juste de vous inscrire en master ? Vous aviez laissé tomber les études ?

― Non, j'étais inscrit à un autre master. Que je n'ai malheureusement pas terminé...

― En master pendant cinq ans ?

Euh... Oui...

― Hum... Vous voulez donc que je modifie mon papier en disant que ce n'est pas en licence que vous avez glandé mais en master ? Pourquoi pas mais ça ne va pas beaucoup arranger votre e-réputation de dilettante...

― Je veux juste que vous précisiez qu'il ne m'a pas fallu dix ans pour une licence !"

La fac, tremplin politique pour progressistes ambitieux

Bon, moi, je ne veux pas la mort du p'tit cheval. William Martinet, je n'ai rien contre lui personnellement. Mais ce que j'ai écrit (en substance qu'il est inscrit à la fac depuis dix ans et que, à bientôt trente ans, il stagne toujours à bac +3 et passe plus de temps en AG qu'en cours), je le maintiens parce que c'était précisément l'enjeu de cette chronique sur la fac comme tremplin de carrière politique pour progressistes ambitieuxA fortiori lorsqu'on s'inscrit en master de Sciences sociales après une licence de Biologie et qu'on se place en mode branleur idéologisé pendant cinq ans.

"En mode branleur ?! Mais pas du tout !

― Ben vous passez cinq ans en master 1, un diplôme qui se prépare théoriquement en un an, et vous ne l'obtenez même pas...

―C'est parce que les deux premières années, j'ai dû vendre des sandwiches au Subway pour gagner ma vie, je n'avais plus le temps d'étudier !

― C'est triste, mais vous n'étiez plus vraiment étudiant, juste inscrit, quoi...

― Je n'arrivais pas à faire les deux, le boulot et la fac...

― Et les trois années suivantes ?

― Ben là, je me suis engagé dans le combat syndical et je n'avais pas non plus le temps pour les cours...

― Vous n'étiez plus vraiment étudiant non plus, juste syndicaliste à plein temps alors puisque vous aviez aussi abandonné la confection de sandwiches...

― Si vous voulez..."

Ancien branleur de compétition moi-même (j'ai fait trois premières années dans trois facs et trois matières différentes, participé à des tas de manifs, distribué des tonnes de tracts, et je n'ai même pas été fichu de devenir président de l'UNEF), j'ai une certaine expérience des raisons pour lesquelles on arbitre entre études et militantisme (authentique je-m’en-foutisme dans mon cas). William Martinet, trop pris par le combat anti-El Khomri pour espérer achever son mémoire sur "l'impact du numérique dans l'économie solidaire" avant l'été, est peut-être plus sincère dans ses engagements que je ne l'étais dans les miens  (allez savoir), mais fait davantage jeune homme politique que vieil étudiant. A long terme, pas sûr qu'il y gagne au change.

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Commentaires (56)
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Paul Emiste
- 30/04/2016 - 14:00
Ben oui...
Puis il va entrer au PS, dans 10 ans député, dans 30 sénateur, suivi par retraite doré payée par les contribuables.
Vive le socialisme, vive la France!.
zouk
- 16/04/2016 - 10:11
W. Martinet
Les nouveaux dispositifs de sélection s'appliqueront-ils à son cas?
Anguerrand
- 15/04/2016 - 17:13
Ce sont des types de cette trempe qui
seront les futurs " élites " qui nous gouverneront, la France n'est pas sortie d'affaire. Je parie qu'il ne connaît même pas le projet de loi qu'il combat ( au sens propre avec de la casse) qui fonctionne dans les pays où cette loi a été voté et profité aux jeune ( projet initial )