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L'Europe connaitraît un déficit de 7 milliards d'abeilles.
BZZZzzz...
SOS abeilles en détresse en Europe : la fin du monde telle que l'imaginait Einstein approche-t-elle ?
Publié le 13 janvier 2014
Albert Einstein, peut-être le scientifique le plus célèbre et le plus respecté de notre Histoire récente, prédisait la fin de l'humanité quelques années seulement après la disparition des abeilles. Mauvaise nouvelle, selon une étude publiée sur le très sérieux site scientifique Plosone.org, l'Europe connaitraît un déficit de 7 milliards d'abeilles.
Benoît Gilles est entomologiste, il est également chargé de mission en recherche & développement pour un projet en lien avec l'environnement et le secteur du luxe.
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Albert Einstein, peut-être le scientifique le plus célèbre et le plus respecté de notre Histoire récente, prédisait la fin de l'humanité quelques années seulement après la disparition des abeilles. Mauvaise nouvelle, selon une étude publiée sur le très sérieux site scientifique Plosone.org, l'Europe connaitraît un déficit de 7 milliards d'abeilles.

7 milliards d'abeilles, soit plus de 120 millions de ruches : voilà le déficit que connait actuellement l'Europe selon une étude publié le 8 janvier 2014. A ce constat alarmant, si l'on en croit les prédictions d'Albert Einstein, s'ajoute une augmentation de 300%, depuis 1961, des terres cultivées nécessitant la pollinisation des abeilles. Ainsi, seul un quart de la demande peut aujourd'hui être satisfaite...

Comment la disparition des abeilles impacte-t-elle la vie humaine ? Quel est le processus qui pourrait amener la société à être en danger à cause de ce déficit ?

Benoît Gilles : Les besoins agricoles de l'Europe n'ont jamais été aussi important, hors, la quantité de ruches et d'abeilles domestiques indispensables à la fertilisation de la plupart des cultures maraîchères sont en déclins depuis plus années. Il existe donc un déficit, estimé à 7 milliards d'abeilles, qui provoque des conséquences multiples. 

>>> A lire : l'état actuel des connaissances scientifiques sur la disparition des abeilles <<<

Tout d'abord, les conséquences sont économiques. En effet, 80% des espèces végétales et notamment cultivées par l'homme dépendent directement d'une fertilisation mécanique réalisée par les abeilles domestiques. La baisse des effectifs va se répercuter sur les rendements des cultures fruitières et légumières. Il a été estimé que le déficit en abeilles se situait proche des 35%, ce serait donc 35% des rendements et des chiffres d'affaires des exploitations et de cette filière qui pourraient être affectés dans les prochaines années. 

Cela peut se répercuter en terme d'emplois, baisse de la diversité d'espèces cultivées, mais aussi en terme de coûts des produits alimentaires. Donc la disparition des abeilles peut entraîner une diminution des ressources alimentaires et une augmentation de leur coût.

Ensuite, la conséquence est écologique. La plupart des plantes à fleurs doivent leur reproduction à la fertilisation par les abeilles. Leur diminution et leur disparition va entraîner une baisse de fertilité et de renouvellement des espèces végétales et donc une perturbation importante de la biodiversité et des équilibres écologique, mais aussi une baisse de taux de brassage génétique indispensable à la diversité génétique qui permet l'adaptation aux changements environnementaux (résistances aux pathogènes par exemple). Les abeilles assurent la survie de milliers d'espèces animales tout au long de la chaine trophique (chaine alimentaire), effet domino sur l'écosystème (disparition d'autres espèces....etc). La pollinisation se fera toujours grâce à d'autres espèces d'insectes (Bourdons, papillons, abeilles solitaires, mouches...) mais leur efficacité et leur nombre restent insuffisant pour satisfaire la demande. 

Quelle ampleur a déjà et pourrait avoir la disparition des abeilles sur l’approvisionnement alimentaire ? Sommes-nous menacé à aussi court terme que le prédisait supposément Einstein ?

L'homme aura toujours de quoi se nourrir car les plantes oléagineuses cultivées comme les céréales (mais, blé, riz...) ne dépendent pas de pollinisation mécanique par les insectes mais par l'action du vent. Cependant, la quantité et la diversité alimentaire seront diminuées, d'où une augmentation des coûts et un accès aux ressources plus difficiles des populations les plus pauvres. 

La vie sur Terre n'est pas menacée par cette disparition, mais les perturbations seront suffisamment importantes sur la biodiversité et les activités humaines pour provoquer d'importants bouleversements écologiques, économiques, sociologiques...

Existe-t-il aujourd’hui des initiatives pour protéger les ruches européennes ? Est-il possible de récréer ce cheptel ? A quelle vitesse et comment ? 

La plupart des pays mettent en place des politiques qui vont dans ce sens : baisse d'utilisation d'insecticides, herbicides... mais cela ne suffit pas. Il s'agit de tendre vers une pratique agricole plus "agro-écologique", au détriment d'une agriculture intensive (éviter de nuire à la biodiversité, notamment aux pollinisateurs, favoriser leur présence...).

Il est toujours possible de rétablir le nombre de ruche, mais sans un environnement qui leur permet de survivre et de jouer leur rôle cela ne servirait à rien. Il s'agit de créer des ruches qui résistent dans le temps. 

Il faut offrir les conditions nécessaires pour que les abeilles puissent se multiplier et subvenir à leurs besoins (conservations des habitats, diminuer l'utilisation des pesticides...). 

La vitesse dépendra de la vitesse avec laquelle la société évoluera et offrira les conditions adéquats. 

Existe-t-il des moyens « technologiques » non animaliers pour compenser le travail des abeilles ?

Il existe des techniques manuelles comme cela se fait pour la vanille. Mais jamais il sera possible de remplacer le travail réalisé par les abeilles. La nature offre un service de plusieurs dizaine de milliards d'euros à l'humanité tous les ans. Si l'humanité veut continuer à en profiter, elle doit mettre en œuvre tous les moyens pour préserver la présence des abeilles. 

Comment fertiliser les vergers, les cultures de tomates, de melons sous serres sans l'aide des insectes ? Il est impossible de faire sans.

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Stratix
- 17/01/2014 - 02:21
Conséquence de la politique désastreuse du bouc émissaire
Depuis des années une partie de la filière apicole, les médias, les politiques cherchent un bouc émissaire à la baisse des populations d’abeilles (probablement pour trouver un payeur) en refusant de prendre en compte la réalité des faits. Tout ce petit monde s’est ainsi acharné depuis plus de 15 ans à affirmer que les « pesticides » étaient les grands responsables. Des moyens humains énormes et des fortunes ont été consacrées à l’analyse des effets des pesticides sur les abeilles (insecticides en traitements de semences en particulier). Si les mêmes moyens avaient été utilisés pour résoudre les problèmes connus des gens raisonnables depuis très longtemps (pas de formations en apiculture digne de ce nom, pas d’institut technique dédié faisant de la recherche, problèmes d’alimentation, lutte contre le varroa et la nosémose, fragilité génétique des reines ,… etc.. etc ) nous n’en serions pas là. Mais, que l’on se rassure les rendements agricoles n’ont pas encore baissé et l’espèce humaine sera capable de résoudre la problématique somme toute très classique pour tout élevage intensif !

ヒナゲシ
- 14/01/2014 - 18:56
Oups, pardon !
J'ai juste fait un affreux cauchemar : un sorcier maléfique m'avait transformé en commentateur ordinaire…
ヒナゲシ
- 14/01/2014 - 18:53
Hollande, démission !
La disparition des abeilles, encore un coup des socialos et la gôche-bobo…