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80% des Français sont contre la dépénalisation des drogues.
Fumez, vous êtes autorisés ?
Charte pour la dépénalisation des drogues : 80 % des Français rejettent ce "petit plaisir pour bobos"
Publié le 18 juillet 2012
La sénatrice communiste Laurence Cohen a présenté jeudi devant le Sénat une charte visant à dépénaliser l'usage des drogues, tout en renforçant la lutte contre celles-ci. Malgré le rejet de cette idée par une majorité de Français, pourquoi s'obstiner dans une voie qui ne résoudra aucun problème ?
Président de l'association Parents contre la drogue, Serge Lebigot est également l'auteur de l'ouvrage Le dossier noir du cannabis (éditions Salvator) et de Cannabis : ce que les parents doivent savoir (éditions Lethielleux).
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La sénatrice communiste Laurence Cohen a présenté jeudi devant le Sénat une charte visant à dépénaliser l'usage des drogues, tout en renforçant la lutte contre celles-ci. Malgré le rejet de cette idée par une majorité de Français, pourquoi s'obstiner dans une voie qui ne résoudra aucun problème ?

Atlantico : Une charte « pour une autre politique des addictions » a été présentée jeudi devant les sénateurs. Soutenu par des associations et experts, le texte est porté par la sénatrice communiste Laurence Cohen. Signant l’échec de la politique de lutte contre les drogues, quelles qu’elles soient – y compris l’alcool, le tabac, voire Internet – la charte prône la dépénalisation de l’usage des drogues, en parallèle au renforcement de la lutte contre ces dernières. Que penser de cette proposition ? Est-elle souhaitable ?

Serge Lebigot : Je suis totalement opposé à la dépénalisation, qui mènerait à une légalisation des drogues. D’ailleurs, je me demande qui sont ces experts. La plupart d’entre eux est pourtant défavorable à de telles mesures… mais on ne les entend jamais. Le consensus des journalistes est aberrant. La plupart d'entre eux saute à pieds joints dans la thèse de la dépénalisation. Mais des quantités de rapports indépendants s’y opposent.

David Vaillant publie un article en faveur de la légalisation du cannabis, évidemment il fait quatre pages dans le Parisien. Sommes-nous dans une république bananière ?

Mais qui a intérêt à ce que le cannabis soit légalisé ?

Ce n’est pas une question d’intérêt. C’est tout simplement pour faire plaisir à tous les bobos qui votent. C’est typiquement parisien. Ni les ouvriers, ni les parents ne défendent la mesure.

Il n’y a qu’en France que les associations pro-légalisation reçoivent des financements, alors qu’on est en pleine crise...

La situation que vous décrivez était-elle la même sous le gouvernement de droite ?

Bien sûr. Je ne fais pas de distinguo. Effectivement, maintenant que la gauche est au pouvoir, certaines associations se disent que ça y est, c’est gagné – je ne pense pas que ce soit le cas. Le gouvernement n’ira pas, je pense, jusqu’à la légalisation ou la dépénalisation.

Les sondages montrent que plus de 80% des Français y sont opposés.
Ce que les internautes écrivent sur les forums de la sénatrice Laurence Cohen est typique de ce que pensent les Français : « Qu’est-ce qu’elle a fumé ? ». Est-ce qu’elle compte endormir la moitié de la population pour gagner les élections ? A-t-elle oublié les écrits des grands révolutionnaires, dont aucun n’a prôné l’usage de drogues ? Est-elle prête à renier leur passé ?

De plus, la France ne peut pas légaliser ces drogues sans contrevenir à ses engagements internationaux.

La sénatrice parle également d’alcool, de tabac, d'Internet… Sont-ce également des drogues selon vous ? Elle demande qu’on s’y attaque sans distinction...

Évidemment, il serait souhaitable de lutter contre l’alcoolisme et le tabagisme. Le tabac et l’alcool, c’est 65 000 morts par an. En veut-on autant avec le cannabis ? Alors qu’on n’a pas le même recul avec les drogues que celui qu’on a avec l’alcool ou le tabac ?

Le tabac et l’alcool, ce sont deux erreurs. Doit-on y ajouter d’autres drogues ? Internet, peut-être, mais peut-on dire sérieusement que c’est une drogue ? On peut être accro au chocolat aussi... Mais cela n'altère pas nos capacités cérébrales...

Pour la sénatrice, la prévention doit passer par les salles de consommation, la livraison de seringues, mais aussi des soins aux plus précaires. Vous retrouvez-vous sur le point de la prévention ?

Ouvrir une salle d’injection signifie que, de fait, vous reconnaissez la légalité de l’héroïne. Dans ce cas-là, il faut aller jusqu’au bout du raisonnement, et agréer des dealers, nommer des « dealers de l’Etat ».

C’est aberrant. La prévention doit se faire par l’éducation, dès les classes primaires. La Suède est un exemple universellement reconnu. Mais personne ne veut entendre parler de la prévention primaire en France. Pourtant, les 3 piliers pour la lutte contre les drogues sont : la prévention, la répression, et le traitement de la toxicomanie. La Suède a tout axé sur le premier pilier. Parce qu’on sait très bien que maintenant le tabac, l’alcool et le cannabis, entrent en scène dès le collège. Un ami juge pour enfant estime que l’âge moyen du premier essai d’une de ces drogues est onze ans.

La légalisation envoie un message contradictoire aux enfants. Si les adultes y sont autorisés, comment justifier l’interdiction aux adolescents ? Si nous sommes tous égaux face aux lois, créons des quatrièmes voies sur l’autoroute pour les drogués de la vitesse ! Soyons cohérents !

 

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Silver974
- 20/07/2012 - 05:45
Les Sources ??
D'ou vient ce chiffre de 80% ?? D'un sondage réalisé un Dimanche a Notre Dame, a moins que ce ne soit dans une maison de retraite en banlieu Parisienne a moins que ce ne soit a la reunion annuelle des scouts de france ...
Soyons serieux, nous aurions plutot 70% des 15-50 ans fument ou ont fumé du cannabis !!
Nous ne sommes pas au pays de Candy !
La prohibition est un echec, le traffic qu'elle genere engendre et maintient des systeme mafieux responsable de l'insecurité,etc.
Etudes scientifiques et psychologiques sont formelles, les "nuisances" du cannabis sont bien moindres que celles de l'alcool, et meme que celles engendrés par un travail en position assises !!
Il serait temps de sortir des stupides positions ideologiques et d'enfin reflechir serieusement au probleme, parce qu'il ne faut pas non plus nier que cela pose quelques problemes ...
Khemas
- 19/07/2012 - 14:00
Le concept de l'état
Le concept de l'état protecteur, ou gendarme, au sens décrit par Pierre Rosanvallon par exemple, est un concept qui a vécu. Il était parfait pour décrire la réalité vécue par les Français sous la 3ème république. Il est aujourd'hui dépassé. D'une part parce que la frontière entre protection et redistribution est indiscernable en théorie politique, d'autre part parce qu'il est inadapté aux besoins économiques d'un état comme la France. Le jacobinisme centralisateur qui lui servait de repère n'a plus lieu d'être dans un environnement aussi compétitif que le notre. Nous avons besoin, en tout, de flexibilité. En droit, en économie, en politique, nous avons besoin de structures plus petites, plus intelligibles pour l'électeur moyen. C'est le seul moyen de rétablir un semblant de démocratie dans ce pays. Une France construite sur le modèle de l'état protecteur/providence serait un bond dans le passé. Nos institutions ne peuvent plus être calquées sur telle ou telle époque politiquement bénie. Il faut tout réinventer de fond en comble. Un seul idéal : la liberté la plus grande possible.
Khemas
- 19/07/2012 - 13:50
Il y a bien sur une histoire
Il y a bien sur une histoire de coût. Et il est loin d'être négligeable. Mais il y a surtout une histoire d'éthique libérale. Comment cautionner une telle atteinte aux libertés individuelles ? Vous donnez un début de piste : les dommages éventuellement causés aux tiers. Hors le libéralisme est à mon sens fondé sur deux notions : liberté et responsabilité. Aussi grande est la liberté, aussi importante doit être la responsabilité. Cette responsabilité peut être naturelle chez certains drogués, qui consomment de maniere sécurisée. Chez d'autres non. Ceux la doivent etre punis d'autant plus durement qu'on ne les considérera pas comme des enfants ayant desobéi a la regle mais comme des adultes ayant choisi leur voie. Statistiquement parlant, que la drogue soit dépénalisée ou pas n'y changera rien. J'en veux pour preuve les statistiques de consommation de drogue entre pays ou la drogue est dépénalisée/légalisée et ceux où ça ne l'est pas encore. Il est faux de prétendre que les pays ayant légalisé le cannabis un jour voient la consommation d'heroine augmenter le lendemain. C'est partout pareil, ce sont des phénomènes de "mode", dépénalisation ou pas.