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© Miguel SCHINCARIOL / AFP
fake news liberté d'expression réseaux sociaux
© Miguel SCHINCARIOL / AFP
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Bonnes feuilles

Liberté d’expression, fake news et post-vérité : un jeu de dupes

Publié le 20 septembre 2020
Anne-Sophie Chazaud publie "Liberté d'inexpression : nouvelles formes de la censure contemporaine" aux éditions de L’Artilleur. La liberté d’expression est devenue la cible d’attaques très préoccupantes en France. Quels sont les nouveaux outils, juridiques et linguistiques, de la censure ? Extrait 2/2.
Anne-Sophie Chazaud
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Anne-Sophie Chazaud est essayiste et chroniqueuse. Auteur de Liberté d'inexpression, des formes contemporaines de la censure, aux éditions de l'Artilleur, parution le 23 septembre 2020. 
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Anne-Sophie Chazaud publie "Liberté d'inexpression : nouvelles formes de la censure contemporaine" aux éditions de L’Artilleur. La liberté d’expression est devenue la cible d’attaques très préoccupantes en France. Quels sont les nouveaux outils, juridiques et linguistiques, de la censure ? Extrait 2/2.

Assassinée en 1919 lors de la répression de la révolte spartakiste, l’égérie du mouvement ouvrier allemand et fondatrice du KPD (Parti communiste allemand), Rosa Luxemburg, avait observé, analysé mais aussi critiqué très vivement les dérives de la révolution bolchevique en raison notamment de l’attachement qu’elle revendiquait aux vertus démocratiques et aux libertés publiques : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la “justice”, mais parce que tout ce qu’il y a d’instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la “liberté” devient un privilège », écrit-elle avec justesse et conviction une année avant sa mort. 

Cette phrase, aussi ciselée qu’indispensable, représente en quelque sorte l’antithèse absolue de celle dictée par le démon liberticide à notre Archange de la Révolution, Saint-Just le mal nommé. 

Et ce qui en fait la beauté et la force, c’est la part de risque intrinsèque qu’elle pose et assume : la liberté, oui, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement et qui, par conséquent, me fera prendre le risque d’être mis en contradiction, d’être contesté, d’être éloigné de ma zone de sécurité, politiquement, intellectuellement, dans mes convictions, dans mes croyances, dans mes certitudes. Et sa liberté, à cet autre qui pense autrement que moi, est la condition d’effectivité de ma propre liberté. Sans sa liberté à lui, la mienne n’a ni sens ni existence. 

Dans la hauteur et la dignité de cet impératif démocratique, il y a aussi le risque assumé de l’erreur. Ou, plus exactement, d’assumer la conflictualité inhérente à l’établissement d’une vérité, laquelle n’existe pas a priori, n’existe pas toute seule, dont le monopole et l’existence ne sont jamais garantis éternellement sans confrontation avec d’autres points de vue. 

La question de la liberté d’expression, de la fabrique de l’opinion publique, de la démocratie est à ce titre indissociable d’un rapport à la vérité qui ne saurait être autoritaire dans sa construction, ses circuits de légitimation et sa valeur. Or, les termes de cette dialectique ont évolué d’une manière inédite depuis la massification de la circulation d’une information d’un nouveau type par l’utilisation des réseaux sociaux. Le régime classique de la vérité, le rapport qu’entretenaient les peuples à cette dernière en regard du politique, que l’on ne peut pour autant pas définir comme ayant été un régime limpide et adamantin de « vérité pure », a été supplanté par une ère qualifiée de « post-vérité », dans laquelle l’expression publique des opinions par le biais numérique vient informer le réel différemment. 

Les relations entre l’opinion publique, le politique et la notion de vérité n’ont jamais été ni simples ni posées comme des évidences idéales. Elles ont même fourni le matériau constant de la réflexion philosophique, à commencer par ce moment traumatique, symbolique et fondateur que constituent le procès et la mise à mort de Socrate, tels que les relate Platon, comme incarnation de l’impossibilité pour le politique corrompu et aveuglé par la rhétorique sophistique (nous dirions aujourd’hui par les communicants et autres spin doctors adeptes du storytelling et distributeurs d’éléments de langage) et l’opinion publique elle-même manipulée, à tolérer la confrontation avec la vérité. 

L’histoire de la philosophie n’a ensuite cessé de mettre en résonnance ces notions pour éclairer le rapport qu’elles pouvaient entretenir au sein du fonctionnement de la cité : entre la théorie, la praxis, l’éthique, le mensonge, les faits, leur interprétation, l’opinion (individuelle et publique) et la vérité, rien n’a jamais été simple. 

Par conséquent, sous-entendre, comme le suggère parfois l’utilisation ad nauseam de cette notion de « post-vérité », que jusqu’à présent régnait une ère de la vérité idéale unissant dans un même élan merveilleux les peuples, leurs représentants et dirigeants, les faits et l’établissement de la vérité relève pour le coup d’une contre-vérité grossière. 

Ce qu’on cherche à mettre en valeur, en revanche, avec ce terme qui a fait son irruption dans le champ des sciences humaines et sociales et dans l’analyse politique depuis que l’utilisation massive des réseaux sociaux a joué un rôle inédit dans les campagnes politiques du Brexit en Grande-Bretagne et lors de la campagne présidentielle américaine de Donald Trump, c’est avant tout un changement dans le rapport de l’opinion à la vérité elle-même. 

La notion de « post-vérité », qui a été consacrée « mot de l’année » par le très respectable dictionnaire d’Oxford en 2016, a ainsi été définie : « Qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. » 

De fait, le recours à l’émotion et aux opinions, qui n’est pas en soi une grande nouveauté dans l’histoire des civilisations et notamment dans la culture occidentale, a donné lieu à une modélisation socio-économique d’un genre inédit avec l’irruption des réseaux sociaux, à la fois comme canaux de circulation de l’information, mais aussi comme lieux nouveaux de fabrication de l’information – ubérisant en quelque sorte cette dernière –, échappant aux circuits traditionnels de légitimation des contenus et s’affranchissant parfois de ce qu’Hannah Arendt désigne comme « vérité de fait » par laquelle ce sont toujours les faits qui doivent venir « informer » la vérité contingente de notre rapport historique au politique et au monde. La philosophe avait toutefois déjà observé ce phénomène dans un article composant La Crise de la culture intitulé précisément « Vérité et politique » en 1964, dans lequel elle analysait, sur la base d’une étude des systèmes totalitaires, ce régime d’indifférence à la vérité compris comme une perte de sens : « Le résultat d’une substitution cohérente et totale de mensonges à la vérité de fait n’est pas que les mensonges seront maintenant acceptés comme vérité, ni que la vérité sera diffamée comme mensonge, mais que le sens par lequel nous nous orientons dans le monde réel – et la catégorie de la vérité relativement à la fausseté compte parmi les moyens mentaux de cette fin – se trouve détruit. » 

Comme le souligne la philosophe Myriam Revault d’Allonnes, la question que posent la post-vérité et la notion qui lui est corrélée de « faits alternatifs » est celle d’une société encouragée dans un relativisme intégral (« à chacun sa vérité », « c’est mon ressenti qui prévaut ») et dans laquelle la distinction entre le vrai et le faux est devenue indifférente à l’opinion, allant jusqu’à affirmer que des individus peuvent y être amenés à adhérer à une opinion tout en sachant pertinemment qu’elle est fausse. Il s’agit bien là, le cas échéant, d’une remise en cause de la culture occidentale dans ses fondements politiques et épistémologiques : « La post-vérité détache les faits de leur réalité objective pour les transformer en opinions contingentes que n’importe qui peut soutenir comme étant “vraies”. Les gens en arrivent à croire une information que, pourtant, ils savent fausse1 ! » La question ne semble plus être celle, classique, du mensonge en politique, ni de la rumeur dans l’opinion publique, qui est une interrogation ancienne, mais de la disparition d’une valeur normative accordée à la vérité elle-même. Le sociologue Gérald Bronner quant à lui évoque, pour caractériser cette ère, une « démocratie des crédules », insistant davantage sur l’aspect cognitif de cette dérive dans laquelle la liberté d’expression jouerait directement son rôle : « Je préfère parler de “démocratie des crédules”, car cette expression permet de souligner le rapport étroit et paradoxal entre le développement de la crédulité et celui de la liberté d’expression. » 
Au plan de l’expression libre, cette ère supposée de la post-vérité faciliterait donc l’expansion réticulaire de théories complotistes, négationnistes, farfelues, allant à l’encontre à la fois du bien commun, de la vérité des faits et du raisonnement éclairé, indispensables au bon fonctionnement des démocraties. Chacun serait amené à dire et croire n’importe quoi, en fonction d’une forme de paresse cognitive l’inclinant sur la pente de la facilité intellectuelle mais aussi par goût de l’énigme, par désir d’illusion, par méfiance envers les élites (à la fois politiques et expertes) et, d’une façon plus générale, par défiance envers les pouvoirs institués. 

Il n’en fallait pas davantage pour que le pouvoir politique français, si prompt dans ses pulsions liberticides et censoriales, bondisse sur l’occasion afin de mettre en place un dispositif anti-fake news contestable par de nombreux aspects. 

Il serait bon tout d’abord de rappeler que, si les réseaux sociaux ont en effet renouvelé de manière profonde les conditions d’expression et de fabrique des opinions de chacun, rendant certes possible la propagation d’informations parfois non vérifiées et de théories fantaisistes, ils ont aussi considérablement accru la vigilance citoyenne et la libre expression dont certains canaux autorisés avaient autrefois le monopole et sur lesquelles ils exerçaient une sélection. Et cette liberté soudaine, éruptive, disruptive, fait peur car elle échappe aux pouvoirs politiques et institutionnels qui ne sont jamais si prompts à prôner la disruption que lorsqu’elle les arrange. Il était donc urgent de tenter de remettre vite le couvercle sur cette agora. 

La notion même de « post-vérité », quant à elle, a fait son irruption dans le champ des sciences humaines puis dans sa récupération par le pouvoir politique à l’occasion d’un basculement politique important : celui d’une perte de contrôle d’un certain type d’élites par rapport aux peuples (Brexit, élection de Trump puis de Bolsonaro, etc.). Il est frappant d’observer que très rares sont les analyses critiques portant sur cette fameuse ère dite « de la post-vérité » qui ne partent pas elles-mêmes d’un certain nombre de présupposés théoriques et manifestement idéologiques relevant possiblement du registre de l’opinion : on évoque ainsi le complotisme, l’influence supposée constante et déstabilisatrice d’une Russie diabolisée à outrance (dans une forme pour le coup réellement manifeste de fixation elle-même complotiste), le spectre d’un populisme toujours ramené à son expression péjorative, une liberté d’expression qui favoriserait systématiquement l’extension du domaine de la fake news. Il conviendrait par conséquent d’interroger ces postulats comme relevant eux-mêmes du domaine de l’opinion sinon de la croyance. 

Or, comme le fait remarquer avec justesse Marcel Gauchet, ces « infox » (dont on ne peut nier l’existence) sont d’abord à comprendre comme une réaction aux « euphémismes lénifiants et aux interdits sournois dictés par le moralisme officiel1 ». Non pas qu’il faille vanter le recours à d’éventuelles contre-vérités, mais l’on ne saurait blâmer les peuples de vouloir aller au-delà de ce qui leur est servi comme discours d’évidence, et bien souvent imposé comme un dogme moral, social, politique, économique auquel on leur explique doctement qu’en outre il n’y a aucun moyen d’échapper, comme si plus aucun choix n’était possible en aucun domaine. On ne comprend dès lors guère pourquoi le doute aurait été pendant des siècles une vertu philosophique cardinale pour devenir soudainement, lorsque le peuple s’en empare de manière active grâce à la possibilité technique offerte par les réseaux sociaux, un abominable outil de mensonge et de faussetés. 

Par ailleurs, cette méfiance populaire exprimée envers les canaux traditionnels d’information et envers les pouvoirs institués ne relève pas d’une soudaine lubie vengeresse d’un peuple devenu fou, mais elle est au contraire le résultat direct de ce que l’historien et sociologue américain Christopher Lasch qualifie de « révolte des élites et trahison de la démocratie ». Ainsi affirme-t-il dans la partie de son ouvrage consacrée au déclin du discours démocratique : « Si les élites ne font que se parler à elles-mêmes, une des raisons en est qu’il n’existe pas d’institutions qui promeuvent une conversation générale, transcendant les frontières de classe », incluant la question du journalisme contemporain comme frein au débat. L’anthropologue et sociologue Paul Jorion, auteur, notamment pour le sujet qui nous occupe ici, de Comment la vérité et la réalité furent inventées, explique par exemple dans une publication de son blog intitulée « La post-vérité est une fake news ! » que l’usage surabondant de ces termes « post-vérité », fake news est avant tout le signe manifeste d’une hyper- « polarisation » de la société servant à disqualifier la représentation du monde d’un groupe par un autre groupe. Car la vérité des faits, sans être exclusivement relative, est toujours le fruit d’une négociation discursive, mais elle nécessite pour cela que le débat démocratique soit encore possible. L’exemple repris par Paul Jorion, fourni par la révolte des Gilets jaunes, semble aller dans le sens de cette partition/polarisation qui aboutit non pas à nier la vérité mais à l’interpréter selon des réalités et des représentations si différentes, si opposées qu’elles n’ont aucun moyen de s’identifier réciproquement comme énonçant un quelconque discours de vérité. 

Dans ce contexte et indépendamment des excès et dérives inévitables auxquelles cela peut donner lieu, la prise en main de l’espace de débat public que sont les réseaux sociaux par la libre expression des opinions apparaît a contrario comme un excellent signe de santé et d’émancipation démocratique. Par ailleurs, les phénomènes de crédulité qui étaient induits au début de ces nouveaux usages sont devenus plus difficiles à répandre, puisqu’il est un fait médiologique constant que chaque nouvelle technologie instaure, après une période d’adaptation et d’imprécision, ses propres modes d’appropriation publique qui savent progressivement en contourner les défauts et les effets pervers. 

Par ailleurs, nous pouvons observer que les critiques adressées aux réseaux sociaux ne proposent bien souvent elles-mêmes qu’une vision partiale de la vérité, cette « vérité de fait » dont parle Hannah Arendt. L’idée que le vote pro-Brexit puisse correspondre à une véritable volonté du peuple britannique éclairé dans sa décision par une analyse rationnellement fondée a par exemple mis plusieurs années avant d’être plus ou moins admise par un certain nombre d’élites européennes qui, du reste, continuent d’en imputer la décision à une manipulation de l’opinion. Que dire, à l’inverse, des discours apocalyptiques qui étaient tenus par de nombreux pouvoirs européens pendant la campagne et promettaient la récession, la relégation, la fin du monde, des nuées de sauterelles et autres plaies d’Égypte qui étaient supposées s’abattre sur la Grande-Bretagne en cas de retrait ? Comme on peut le constater, le Brexit semble être particulièrement favorable, au contraire, au pays et au peuple qui en ont fait le choix, le FMI prévoyant début 2020 une croissance britannique supérieure pour le Royaume-Uni que pour la zone euro. La question en l’occurrence n’est pas de savoir quelle opinion personnelle l’on porte sur ce sujet, mais simplement de constater que les fake news venaient peut-être bien, au moins autant voire davantage du côté d’un système de pouvoir ne supportant pas l’idée qu’on lui échappe et qu’on le conteste que de la part de ses opposants. Comme l’indique Nicolas Goetzmann (responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité) : « Les prévisions apocalyptiques concernant le Brexit relevaient plus de l’argumentaire politique que des réalités économiques. » Ce que l’auteur nomme poliment « argumentaire politique » pourrait en réalité parfaitement entrer dans la qualification de fake news « de nature à altérer la sincérité du scrutin », ainsi que le prévoit la loi liberticide mise en place par le pouvoir français. 

En France, il est impossible de ne pas comprendre l’indispensable essor de la liberté d’expression sociale et politique encouragée par les réseaux sociaux, dans la méfiance qu’elle manifeste fréquemment envers le pouvoir, si l’on ne relie pas celle-ci à la trahison élitaire qui a annulé la décision pourtant souveraine du vote démocratique de 2005 opposé au Traité constitutionnel européen, en contournant le vote populaire souverain par le biais parlementaire. Comprendre cette faute politique majeure est indispensable pour analyser la méfiance populaire opposée au discours institutionnellement dominant concernant un certain nombre de sujets (Union européenne, immigration, souveraineté, sécurité, choix économiques…). En réalité désormais, toutes les questions fondamentales qui structurent la réflexion et le débat démocratique sont mises en doute de manière active et sceptique par l’exercice d’une liberté d’expression renouvelée grâce au numérique, au regard d’une trahison initiale. Quelques fake news sont-elles plus graves qu’une fake démocratie ?

A lire aussi : L’ère des victimes : le règne de la tyrannie des minorités et de la privatisation de la censure

Extrait du livre d’Anne-Sophie Chazaud, "Liberté d'inexpression : nouvelles formes de la censure contemporaine", aux éditions de L’Artilleur.

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Ganesha
- 20/09/2020 - 14:17
Quarante Mille Milliards de Dollars !
Dans un article publié par Paris-Match au sujet de Bertrand Badré, directeur à la Banque Mondiale, et inspirateur d'Emmanuel Macron, on peut lire :
'' Nous avons, en 2008, sauvé le système sans le réformer.
Près de 40 000 milliards de dollars de valeurs boursières ont été créés aux Etats-Unis, en déconnexion avec l’économie réelle.
Les inégalités explosent, si on continue, c’est le chaos''.
Fakenews, erreur de typographie, ou description réaliste de la folie démentielle du Quantitative Easing ?
J'aurais tendance à croire que, malheureusement, c'est la troisième hypothèse qui est la bonne, et que, le chaos, c'est pour très bientôt !
https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Le-financier-qui-murmure-a-l-oreille-de-Macron-1703201