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Uber au Brésil : Un ciment social que nous voulons ignorer en Europe

Publié le 19 août 2019
Dans ce pays méconnu par les Français, 260 000 personnes s'en sortent chaque jour grâce à Uber.
Denis Jacquet
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Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 
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Dans ce pays méconnu par les Français, 260 000 personnes s'en sortent chaque jour grâce à Uber.

260 000. C’est le chiffre approximatif du nombre de chauffeurs, occasionnels pour la plupart, qui offrent le service Uber au Brésil. Suivi d’un peu loin, par une société récemment achetée par une société Chinoise, pays pourtant encore assez discret au Brésil. 260 000 personnes, qui chaque jour s’en sortent grâce aux entreprises de VTC. Bien loin donc de nos discours de précarité, de laminage social. Sans la présence et l’opportunité que fournit ce service à tant de personnes, ces personnes sombreraient, pour de vrai cette fois dans la précarité. Explication de texte que nous ferions bien de méditer, car elle pourrait nous être utile à l’avenir. 

Pour commencer, cette tribune n’est pas une apologie naïve et partiale, d’un libéral béat d’économie digitale. Je ne pratique pas l’admiration systématique, et voit certainement aussi bien, voire mieux que les thuriféraires de l’économie digitale, les dangers de cette économie, surtout quand il s’agit d’Amazon ou même de Google. Et des BATX. Bref, tous ces champions, qui ont à minima un point commun : aucun n’est Européen, ce qui nous amène à la question essentielle de savoir pourquoi nous n’avons aucun champion Européen. Pour éviter le pire, il faut être la source, et non le suiveur ou celui qui subit. Si nous voulons donner un autre sens, une autre forme à l’économie digitale, nous devrons en être les champions et maîtriser notre destin. Sinon, nous mangerons un plat préparé par d’autres et n’en auront même pas les miettes.

Pas d’apologie donc. Si la seule chose que nous sachions inventer soit la digitalisation de métiers vieux comme le monde, pour les rendre plus « consommables », sans créer une valeur évidente (sauf pour leurs actionnaires), alors, le digital restera et deviendra un peu plus chaque jour, l’entreprise de pompe funèbre d’un monde malade de son système à bout de souffle. Néanmoins, puisque nous n’avons pas su réagir à temps, et que la nature digitale a horreur du vide intellectuel du politique, nous devons faire avec cette nouvelle version de l’économie mondiale.

En France, nous avons choisi notre parti. Principalement notre réponse est : « c’est pas bien » !! A la question, avons-nous mieux ? La réponse se fait attendre. Nous préférons le chômage à l’activité, car elle préserverait bien mieux la dignité humaine. Être à l’écart de la société est préféré à la proximité du monde du travail, qui selon un dogme majoritaire, est ce qui existe de plus proche de l’enfer sur terre. La formation de nos élites publiques les rend allergiques à l’entreprise, sauf quand le pantouflage leur permet d’obtenir des salaires à 6 chiffres, qui leur font tout à coup savourer cet enfer honteux.

Au Brésil, c’est différent, on comprend mieux le côté moins obscur de la force. Le Brésil a connu une sévère « gueule de bois » post Jeux Olympiques. Ces derniers, se révèlent, une fois de plus, un investissement bien risqué sur le long terme. La mayonnaise que nous promettent nos politiques pour justifier ces investissements souvent hallucinants pour une manifestation de quelques semaines, quand on ne prépare même pas l’avenir de nos nations, retombe souvent à son plus bas niveau après une flambée aussi forte que courte. C’est ce qu’a découvert à ses dépens, le Brésil. Les Jeux ont fait croire à la lune, permis à certains d’empocher une plus-value immobilière impressionnante, les commerçants ont fait du chiffre, oui, mais une fois passé les Jeux, le soufflé est retombé de façon brutale et ceux qui ont investi en sont aujourd’hui pour leur frais. Un ami Français me proposait de voir un appartement avec une vue magnifique sur Copacabana, vendu plus de 1.5M€ avant les jeux, et proposé par un des nombreux « pendus/cocus » des post-jeux à moins d’un tiers du prix (300m2).

Tout à coup des centaines de milliers de brésiliens se sont retrouvés avec des revenus divisés par 2 ou 3, tout en devant assumer des charges accrues. Et le chômage a grimpé en flèche. Les problèmes politiques n’ont rien arrangé à l’affaire. C’est ainsi qu’aujourd’hui, ces 260 000 chauffeurs occasionnels, complètent leurs revenus grâce à Uber et son concurrent désormais Chinois. Ils sont rarement VTC au sens français du terme, encadrés et réglementés d’une façon excessive pour un métier si simple. 

Au Brésil, plutôt que d’interdire Uber Pop, qui rendait un immense service à de nombreuses personnes qui complétaient leurs revenus plutôt que sombrer dans la misère ou y stagner, on a été plus pragmatique. Chacun peut bosser quand il veut. Pour l’essentiel, ce sont des gens qui ont un autre travail. Personne n’a crié au loup, pour ramener les moutons à la bergerie populaire ou à l’indigence. Au Brésil on n’a pas considéré cela comme de la paupérisation, bien au contraire. Le contraire l’aurait été bien plus cruellement. La liberté de conduire a permis au contraire, à ces « VTC » de s’en sortir, le temps que la situation se rétablisse. 

Je me souviens encore de cette conversation, en partant vers une radio nationale, pour un débat sur la suppression de UberPop, de ce chauffeur, qui, me reconnaissant par mon nom cité à l’antenne avant mon arrivée, me disait « essayez de nous défendre, j’ai besoin de cet argent ». La lâcheté française en a décidé autrement. Plutôt que de modifier les conditions d’exercice, elle a préféré interdire. Ponce Pilate a de lointains descendants dans l’administration française. Idem pour Heetch. Envoyé en correctionnelle. Un « Jésus » digital en quelque sorte !!

Le Brésil est un pays étonnant. On en parle rarement, mais les licornes à 2 balles dont on nous rabat les oreilles en France, sont des nains par rapport à leurs homologues Brésiliens, dont l’une vient de lever 500M pour financer sa croissance incroyable. Plusieurs sont tenues par des franco-brésiliens, qui n’éprouvent pas un seul instant l’envie de revenir en France. Le Brésil est en avance sur la réflexion sur la data et la souveraineté, sur les expérimentations technologiques, mais souffrent également d’un manque d’investissements et de vision. Un point commun avec la France, dont nous nous passerions bien ! Certains d’entre eux seront présents à notre Day One Event à Monaco le 26 et 17 octobre prochain pour que nous comprenions l’intérêt que nous avons à nous rapprocher alors que nous le sommes déjà. Pourquoi ? La plus grande frontière française avec un pays dans le monde est avec……..le Brésil !! (avec la Guyane). C’est notre voisin. Un voisin que nous devrions considérer avec une plus grande force. Mais tout arrive, puisque notre président vient enfin de faire un geste en direction de Poutine, que nous avons boudé au point de perdre le soutien d’un pays puissant que nous devrions plutôt cajoler, quel que soit son régime. Se mettre au régime maigre en matière internationale, c’est finir malade et affamé…Allez une dernière caïpirinha et on rentre, à reculons, en France.

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TPV
- 19/08/2019 - 20:01
Les medias français ne connaissent
Du Brésil que les travelots décadents du carnaval et les indiens subventionnés de l'Amazonie. De la racaille progressiste qui ne digère pas l'élection de Bolsonaro.
Les mêmes qui pleurent Renzi et Hillary et tous les autres libéraux libertaires.
Get lost!