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© ABDULMONAM EASSA / AFP
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Nationalisme et diaspora

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

Publié le 16 juillet 2019
Les récents débordements ayant émaillé la qualification de l'Algérie en finale de la CAN ont remis sur le devant de la scène le fort sentiment nationaliste existant au sein de la communauté algérienne en France. Un sentiment que l'on peut aussi retrouver au sein de la population d'origine turque.
Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est...
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Alexandre Del Valle
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Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est...
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Les récents débordements ayant émaillé la qualification de l'Algérie en finale de la CAN ont remis sur le devant de la scène le fort sentiment nationaliste existant au sein de la communauté algérienne en France. Un sentiment que l'on peut aussi retrouver au sein de la population d'origine turque.

Atlantico.fr : Après les débordements qui ont accompagné la victoire de l'Algérie, on peut observer que ce genre de débordements nationalistes surgissant suite à des événements sportifs ne se produisent qu'au sein de deux communautés en France, en l’occurrence les communautés algériennes et turques. Comment expliquer que ces deux puissances sont aussi celles qui veulent rivaliser avec l'Europe en Méditerranée ? 

Alexandre Del Valle : On a affaire en effet en France a des débordements nationalistes pour le football notamment qui concernent principalement des populations originaires d'Algérie et de Turquie. La continuation dans le sport d'une véritable stratégie d'Etat concerne surtout la Turquie. Depuis qu'Erdogan et l'extrême-droite turque (partis AKP et MHP) sont associés politiquement et électoralement, on a vu se mettre en place une stratégie néo-ottomane visant à instrumentaliser les musulmans de toute l'Europe et du bassin méditerranéen pour appuyer des visées impérialistes turques-irrédentistes. Sur ce point la stratégie d'influence sur les populations turques-musulmanes émigrées en France et ailleurs s’appuie sur une valorisation de l’identité, sur les réseaux consulaires (DITIB) liées au ministère du culte turc (Diyanet) présents partout en Europe et qui pilotent les mosquées turques, puis sur les institutions religieuses et associations culturelles qui embrigadent les Turcs d’Europe (Confréries intégristes comme Nurcu, Suleymanci; Naqshbandiyya, etc), sans oublier le CFCM en France et les partis politiques islamiques derrière lesquels on retrouve des activistes pro-Erdogan turcs. A l’inverse, l’Algérie en tant que gouvernement, si elle a souvent ressassé jusqu’à l’extrême les drames et douleurs de la guerre d’Algérie et dénoncé les « massacres » ou même le « génocide » des Algériens dominés par la France coloniale, ce qui a pénétré le coeur ressentimental de nombre de fils et petits-fils d’Algériens, à tort ou à raison, d'un point de vue géopolitique, l'Algérie n’a pas mis au point une stratégie de non-intégration et d’encadrement-embrigadement de ses descendants en France et en Europe. ET cela s’explique aisément d’un point de vue géopolitique, car l’Algérie moderne, à la différence du Maroc et surtout de la Turquie d’Erdogan, néo néo-impériale-ottomane, est "souverainiste", c’est-à-dire nationaliste et hostile à l’interventionnisme. A contrario, un pays comme la Turquie, foncièrement interventionniste, est très actif dans l’embrigadement et l’incitation de ses descendants à ne pas se fondre dans l’identité française et au contraire à rester ou même redevenir turc-musulman, dans une logique de « désassimilation ». 

Et l'Algérie ?
 
Pour l'Algérie, je ne dresserai pas le même parallélisme. Bien entendu, Bouteflika était un francophobe notoire et a beaucoup instrumentalisé la haine de la France pour gouverner, mais les généraux qui dirigent à sa place depuis quelques années n'ont pas une politique subversive vis-à-vis de l’Europe et de la France. Leur influence se limite aujourd'hui à la Mosquée de Paris, qui est un lieu d'influence assez modéré, qui encadre des imams, associations et mosquées dans toute la France, et l’action politico-religieuse de ce pôle modéré incarné par la figure du Recteur Dalil Boubakeur, grand amoureux de la France et de sa culture, est en opposition totale avec l’irrédentisme-prosélyte politico-religieux de la Turquie d’Erdogan. Et si l'on compare l’action de l’Algérie en France avec celle d'autres pôles d'influence du monde musulman présents chez nous et en Occident (Qatar, Arabie saoudite, Frères-musulmans, Tabligh, Pakistan, Turquie, etc), on peut dire que l’Algérie est assez « neutre » en tant qu’acteur gouvernemental. Par contre, il est vrai qu’il y a un problème avec une partie importante de la « communauté algérienne » en France, ou plutôt de ses descendants déracinés. Ceux-ci manifestent souvent ouvertement et violemment leur haine décomplexée de la France et des « gaulois » (Gaouris). Or cette haine n’est plus le fruit d’une politique algérienne sciemment concertée mais elle est bien plus le fruit de l’action subversive de toute une gauche et une extrême-gauche anticolonialiste incarnée jusqu’à son comble par les « Indigènes de la République ». Cette Gauche « antiraciste » est parvenue, depuis les années 1990, à inculquer, sous-couvert de réaction au « racisme » supposé des « Gaulois", une haine viscérale de la France, de son peuple autochtone à « punir » et de son drapeau. Cette haine revancharde anti-française et anti-occidentale a été sciemment inculquée par la gauche tiers-mondiste depuis des générations au nom d’un anti-colonialisme rédempteur vindicatif. En fait, la gauche révolutionnaire, trotskiste, maoïste, multiculturaliste et anti-occidentale, a trouvé dans le malaise identitaire de ces fils d'Algériens un prolétariat révolutionnaire de substitution. Elle a sans vergogne soufflé sur le feu déjà ardent des séquelles de la guerre d’Algérie, et elle a conçu ainsi une terrible bombe à retardement qui va durablement continuer à fracturer la France et qui peut même un jour aboutir à une fracture violente si l’on ne reprend pas en main des « territoires perdus de la République » et si le drapeau français n’est pas réhabilité depuis le jeune âge au sein de ces populations en dissidence et tentée par un séparatisme communautaire vindicatif . J’ajoute que la haine francophobe dangereusement légitimée et déculpabilisée par toute une gauche tiers-mondiste adepte de la haine de soi ainsi que par les fossoyeurs de "l’antiracisme » à sens unique, obsédés par la lutte contre la supposée « islamophobie » des Français de souche, constitue un terrain de recrutement et d’incubation de futurs terroristes islamistes dans des « banlieues de l’islam » hors contrôles et autres « zones de non-droit et de non-France ». Et ce phénomène ne touche pas que les Algériens, mais nombre de descendants d’Africains musulmans en général comme l’ont affirmé eux-mêmes les jeunes casseurs qui se sont vantés d’avoir pris en une soirée l’Arc de Triomphe quand les Allemands ont mis trois jours... 

Du point de vue des fidèles, contrairement à la Turquie et même au Maroc, on sent beaucoup moins la présence des dirigeants de leur pays derrière les Français d’origine algérienne en France et d'Europe. Les gouvernements algériens successifs n'ont pas une forte prise sur les Algériens de seconde et trois ou quatrième génération qui n’ont d’Algériens qu’une vague origine et une conscience rebelle mêlée au malaise des banlieues. Rappelons qu’à la différence des Marocains, des Turcs et même des Tunisiens, les descendants d'Algériens deviennent Français de façon automatique car nés de parents eux-mêmes fils d’Algériens nés en France (puisque l’Algérie composée de départements français) et ils ne sont pas suivis par des fonctionnaires algériens qui leur disent de ne pas s'intégrer, de ne pas devenir français, à la différence des gouvernements turcs et marocains qui encadrent de façon impressionnante leurs descendants et font tout pour les maintenir liés à la patrie d'origine. A contrario des Algériens, les gouvernements turcs ou marocains ont développé depuis des décennies des stratégies et structures qui visent à encadrer les petits-fils et fils de migrants afin qu'ils restent ad vitam aeternam des sujets marocains et des citoyens turcs. Ce que je veux dire par là, c'est que du point de vue religieux comme du point de vue politique, l'Algérie tente plutôt d'apaiser les choses aujourd'hui, elle prône l'Islam le plus modéré de France, et les débordements de ses petits-fils nés en France qui crient leur haine de la France et saccageant des édifices, des voitures et des magasins fait profondément honte aux Algériens d’Algérie et aux gouvernements algériens eux-mêmes qui n’ont jamais attisé ces débordements. Sur tweeter et dans les médias algériens, on constate que les Algériens d’Algérie ont réagi très vivement contre les agitateurs qui profitent de la victoire de l'Algérie à un match de foot pour semer la discorde en France. Ils les considèrent souvent avec mépris, comme de "faux Algériens". On a vu beaucoup de commentaires allant dans ce sens sur les réseaux sociaux. 

Mais d'où vient alors les problèmes que posent les Algériens en France ?

Bref, la canalisation anti-française constatée au sein de nombreux «Algériens" de France est essentiellement le fruit d’une histoire douloureuse (amour/haine) et de l’instrumentalisation, par des milieux révolutionnaires de gauche et d’extrême-gauche, du passif de la guerre d’Algérie. Sous couvert de « repentance » et de dénonciation des «  massacres » coloniaux imputables à la France, sous couvert de dénonciation de "l’exclusion » et du « racisme », toute une gauche haineuse de la France aidée par une droite suiviste qui n’a de gaulliste que le nom ainsi que par des médias et intellectuels irresponsables ont distillé la haine envers le Gaulois, la République et l’Occidental-Blanc-judéo-chrétien aux yeux des nouveaux prolétaires indigènes de substitution vivant dans des cités de non-droit abandonnés par la République. Une vraie bombe à retardement et un vrai foyer de radicalisation en tout genre (banditisme de la drogue, islamisme jihadisme, communautarisme confessionnel sécessionniste, etc).  Nous paierons très chers dans un avenir proche cette stratégie subversive déstabilisatrice et ce reniement qui ont consisté à laisser se développer depuis des décennies, en toute impunité, une haine néo-raciste envers le Gaulois, la France et l’Occident. Dans des centaines de cités répertoriées par les services française de sécurité intérieure, existent des zones de non-droit et de non-France où les fils d’Algériens constituent un noyau d’une contre-société mais ne sont pas les seuls car ils ont été rejoints par d’autres fils adoptifs de cette France, majoritairement issus d’Afrique musulmane. Dans ces territoires périphériques et péri-urbains où grandit une contre-société pour ne pas dire un ennemi intérieur, des masses déculpabilisées par un pseudo antiracisme devenu néo-raciste à rebours apprennent à détester eux aussi notre beau pays, et la gauche radicale est aidée en cela par des islamistes fanatiques et une contre-culture rap néo-barbare tout aussi anti-Français, anti-Blancs et ou anti-occidentaux et même christianophobes et judéophobes. 

Ce très grave problème géopolitique interne touche une bonne partie des fils d'immigrés musulmans de l’Afrique ex-coloniale francophobe qui ont été abreuvés à la haine de la France par leurs parents (on ne le dit jamais assez) et pas seulement les Algériens. S'il y a un problème en France aujourd'hui, c'est donc du fait de la maturation de cette propagande anti-française qui a trouvé un écho au sein d’une partie de la jeunesse actuelle, sous couvert d’antiracisme dévoyé. Heureusement, des intellectuels franco-algériens et même algériens tout court sont en première ligne pour dénoncer ces dérives sécessionnistes: Boualem Sansal, Razika Adnani, Kamel Daoud, Malika Sorel, pour ne citer que certains parmi tant d’autres, sans oublier les responsables religieux franco-algériens comme Dalil Boubakeur, Bencheikh, l’imam soufi Bentounès, Leila Babès, etc. Bref, la France fait face à une menace civilisationnelle et géopolitique intérieure inédite depuis la guerre de cent ans, elle doit non pas accuser l’étranger, les puissances étrangères irrédentistes ou pas, mais d’abord ses élites intellectuelles et les lobbies diversitaires et autres forces subversives rouges-révolutionnaires qui, fortes de leur prise de contrôle des médias, de la justice, de l’université et des «associations » pseudo-antiracistes, ont inculqué à toute une génération la « désassimilation ». Les islamistes ne feront que récolter ce que les Français haineux d’eux-mêmes et les Occidentaux complexés ont semé...

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zelectron
- 19/07/2019 - 21:28
de 2 choses l'une
ou bien ces gens là laissent leurs armes au vestiaire, évitent d'insulter la France et cessent de se croire tout permis du genre ôtes toi de là que je m'y mette !
ou bien ils présentent leurs diplômes scientifiques reconnus en France d'études supérieur du niveau bac +5 minimum, quadrilingues, monogames et oubliant la taqiya .
Labarthe
- 17/07/2019 - 20:50
Haine de la France
Parfaite analyse....les cris entendus n'étaient pas des cris de joie ou même nationaliste, mais des cris de haine de la France et des français. Ils ont pour source ce qu’ils entendent dans leur milieu mais aussi le message délivré par les médias et les politiques français depuis 30 ans.
Labarthe
- 17/07/2019 - 20:49
Haine de la France
Parfaite analyse....les cris entendus n'étaient pas des cris de joie ou même nationaliste, mais des cris de haine de la France et des français. Ils ont pour source ce qu’ils entendent dans leur milieu mais aussi le message délivré par les médias et les politiques français depuis 30 ans.