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Au boulot !
La retraite à 67 ans, voilà pourquoi nous y sommes déjà (et pour tous)
Publié le 10 avril 2019
Ne croyez pas les syndicalistes, ni les politiques jurant qu'ils ne démordront pas d'un âge (légal !) de départ à la retraite à 62 ans ! Ne gobez pas non plus leurs fausses colères, leurs tartufferies lorsqu'un ministre (Buzin, Darmanin...) avance que 63, 64 ans... ce serait mieux.
Caroline Young est diplômée HEC de l’Université de Lausanne, possède un DEA en démographie économique de l’IEP Paris et un MBA de l’IESE Business School à Barcelone. ...
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Gilles Effront est diplômé de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich. Il possède une longue expérience de conseil en organisation : 5 ans chez Andersen Consulting, 3 ans au sein du groupe Richemont, 3 ans chez KPMG Peat Marwick. En 1999, il fonde...
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Ne croyez pas les syndicalistes, ni les politiques jurant qu'ils ne démordront pas d'un âge (légal !) de départ à la retraite à 62 ans ! Ne gobez pas non plus leurs fausses colères, leurs tartufferies lorsqu'un ministre (Buzin, Darmanin...) avance que 63, 64 ans... ce serait mieux.

Pourquoi ne pas avouer qu'on en est déjà à 67 ans pour tous ? Pourquoi ne pas assumer que les patrons (CGT, CFDT, FO, MEDEF) des caisses complémentaires AGIRC et ARRCO, ont déjà fixé à 67 ans la retraite sans pénalité ?

Le double jeu ne favorise pas l'approche d'un sujet crucial.

Depuis le 1er janvier, les complémentaires des nouveaux retraités nés après 1956 peuvent être amputées de 10% pendant trois ans s'ils partent avant. Aucun leader syndical n'ose dire aux salariés que leurs administrateurs ont, en leur nom, fixé leur retraite à 67 ans avec le patronat !

Aucun ! Un drame ? Non. Cette décision, discrète mais sage, assure le maintien à flot des complémentaire. Les caisses comptent 18 millions de cotisants, 12 millions de retraités... Du lourd. Or, les décideurs ont su trancher. 

A contrario, le double jeu syndical n'aide pas l'approche objective d'un sujet crucial. Pourtant, nul ne peut plus éluder l'utilité de la poursuite ou de la reprise d'activités après 62 ans. Maintenant, le haut-commissaire aux retraites J.-P. Delevoye vante les mérites de la prolongation, des « trop peu utilisés » retraites progressives et du cumul-emploi retraite. Or, tout esprit de dénégation à cet égard relève d'une dangereuse hypocrisie. 

L'avantage du senior, sa valeur opérationnelle !

Que conseiller sincèrement à Bernadette qui totalise 1800 € mensuels avec son mari ? De pleurer ? Elle ne se plaint pas. Un peu d'activité donnerait à l'utile les couleurs de l'agréable.

Car l'avantage du senior est sa valeur opérationnelle immédiate, sa fiabilité, son aptitude à gérer les situations compliquées, à transmettre son savoir-faire, à éviter les coûteux tâtonnements du jeune auquel il passera le relais. 

Ainsi Hubert, un vétéran de la mise en service de centrales électriques. Il a, au pied levé, pu mener le chantier de Sendou sur la côte sénégalaise. Atouts ? Qualités d'observation, humilité, pragmatisme, 30/40 ans d'exercice : « On trouve sa place et petit à petit, on prend le leadership, en mesurant les contraintes, les limites, les enjeux et le jeu des acteurs. C’est comme une pièce de théâtre, dans un environnement technique complexe où seule l’expérience permet de cerner les choses, et de tenter de les maîtriser. »

Hubert a su donner unité et élan à un patchwork linguistique de collaborateurs. Ensuite il s'est vu confier leur formation à la prise en main de l'outil. La vraie gratification. 

Voici encore Alain. A 71 ans, il a décroché le master en sciences de l'éducation crédibilisant son offre de consultant, Monique, ex-secrétaire de mairie, qui maintenant raconte son village pour le quotidien régional. 

Travaillant en temps choisi comme les atomistes, les chimistes, les consultants retraités offrent la compétence à leurs clients. Leur reprise d'activité répond aux besoins multiformes de l'entreprise, à leurs impératifs financiers, à l'envie d'être utile, de garder un rôle.

Le Pr Françoise Forette et les gériatres le démontrent (J'ai choisi de bien vieillir, J'ai Lu) : l'activité professionnelle régulière est une meilleure garantie de bon vieillissement que la consommation de bière devant la télé allumée en continu ! 

Mais la volonté manque à des partenaires sociaux parfois un peu trop frileux pour que le travail post-retraite aide chacun à mieux respirer. 

Comme le Japon vieillissant mais industrieux, la France aura vite besoin de toutes les énergies et cervelles disponibles. Déjà, des compétences se raréfient. Eviter la récession, c'est s'assurer que savoirs et techniques se diffusent. Sinon, que devient la pérennité des activités industrielles, du développement ? 

Mais, les seniors au travail doivent être traités de manière équitable, ne pas avoir à verser des cotisations sociales à fond perdu, bénéficier d'un vrai soutien à la création d'entreprises, du maintien de leur droit à la formation tout au long de la vie. 

Or, les leaders d’opinion qui s'accrochent à un âge-barrière de la retraite génèrent un vrai risque pour tous de vieillir dans une misère amère. 

La retraite à 67 ans, avec le cumul-emploi-retraite, représente une perspective plus stimulante que terrifiante. Si on l'aborde sans tergiverser.  

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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JG
- 11/04/2019 - 23:53
@spiritucorsu
Avant 1981 et la malheureuse retraite à 60 ans, imposée par Mitterrand malgré les - déjà - fort peu favorables chiffres démographiques que tout le monde connaissait, tout le monde partait à la retraite à 65 ans alors que l'espérance de vie tout court et en bonne santé était beaucoup moins bonne que maintenant....Personne ne se plaignait et le régime n'était pas déficitaire.
Il s'agit d'une question démographique très simple et donc d'une équation très mais vraiment TRES SIMPLE :
- 1945 : retraite à 65 ans, 1 retraité pour 7 actifs, espérance de vie après 65 ans très faible.
- 2010 : retraite à 62 ans, 1 retraité pour 2 actifs, explosion de l'espérance de vie : 80 ans pour les femmes et 78 pour les hommes si mes souvenirs sont bons.
C'est financièrement INTENABLE, sans compter que les baby-boomers, énorme classe d'âge, partent en ce moment à la retraite par centaines de milliers.
Le MINIMUM pour pouvoir assumer une retraite essentiellement par répartition est donc le retour au statu quo ante 1981, c'est à dire 65 ans, qui se fera soit rapidement dans la concertation et la douceur, soit plus tard, dans le conflit et la douleur, mais qui se fera SANS NUL DOUTE !
spiritucorsu
- 11/04/2019 - 19:32
Le travail en béquilles et en fauteuil roulant(suite et fin)
Dans ces conditions,le travail jusqu'à 67 ans sans prise en considération de l'espérance de vie constitue ni plus ni moins que l'instauration d'un travail forcé à l'égard des plus faibles,une régression sociale sans précédent doublée d'une véritable insulte à l'éthique et à la raison.
spiritucorsu
- 11/04/2019 - 19:25
Le travail en béquilles et en fauteuil roulant.
Pour" être au boulot à 67 ans"faut-il encore être en bonne santé.On confond trop souvent espérance de vie et espérance de vie en bonne santé.En France pouvoir et patronat occultent le fait que que l 'espérance de vie en bonne santé n'est que de :64,1 ans chez les femmes et 62,7 ans chez les hommes(source le Monde)),ce qui est tout de même sensiblement inférieur à l'âge de 67 ans pour l'âge de la retraite qu'on nous présente comme un nouvel eldorado social.Au nom de la pensée unique,les jeunes générations sont donc invitées au sacrifice ultime de mourir à la tâche même en béquilles ou en fauteuil roulant pour mieux renflouer des caisses de retraite qui se rempliront de facto faute de bénéficiaires.Au 19 ème siécle le chancelier Allemand Bismarck à qui ses ministres proposaient d'instaurer une retraite pour les travailleurs pour calmer l'agitation sociale,avait eu cette réponse terriblement cynique:d'accord,mais à condition que cela ne coûte rien.Bien que nous soyons en 2019,l'histoire bégaye à nouveau,alors que l'Occident vit une période de richesses et d'abondance rythmée par les abus et les caprices de ses milliardaires toujours plus nombreux.