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Blanquefort : pourquoi le patriotisme économique n’est pas ce qu’en imagine le gouvernement

Publié le 22 décembre 2018
Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux s’abritent derrière le « patriotisme économique » dans le dossier de l’usine Ford de Blanquefort ; mais le patriotisme économique, ce n’est pas donner des coups de menton devant les caméras, prendre en otage une société et s’improviser repreneur d’entreprises en difficulté. C’est même tout l’inverse. La bataille de l’emploi se joue sur le long terme et n’a qu’une solution : redonner de l’attractivité au territoire français.
Economiste et conseiller municipal à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne)
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Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux s’abritent derrière le « patriotisme économique » dans le dossier de l’usine Ford de Blanquefort ; mais le patriotisme économique, ce n’est pas donner des coups de menton devant les caméras, prendre en otage une société et s’improviser repreneur d’entreprises en difficulté. C’est même tout l’inverse. La bataille de l’emploi se joue sur le long terme et n’a qu’une solution : redonner de l’attractivité au territoire français.

Le 13 décembre, Bruno Le Maire déclarait à l’Assemblée qu’il était  « révolté, écœuré » par la décision de Ford de fermer le site de Blanquefort« qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de bourse » et de refuser l’offre de reprise de Punch, et appelait Ford « à réviser sa décision ». Jeudi dernier, c’est Benjamin Griveaux qui menaçait Ford de « ne plus être retenu » dans les marchés publics et en appelait au « patriotisme ».

Mais le patriotisme économique, ce n’est pas s’indigner qu’une entreprise ait la volonté d’être bien gérée, de rester viable et profitable, et donc (notamment) de préserver son cours de bourse. D’ailleurs, le cours de bourse de Ford, tant honni par M. Le maire, a baissé de 35% depuis le début de l’année. L’industrie automobiletraditionnelle, européenne et américaine, traverse une crise majeure en raison de l’arrivée des véhicules électriques et des concurrents chinois, qui menace son existence même. Une entreprise en faillite mettrait sur le tapis encore davantage de salariés. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas changer les règles du jeu  ou appeler au boycott quand une société étrangère ferme un site. Car sinon, ce sont toutes les autres entreprises étrangères qui ont un projet d’investir en France qui hésiteront à le faire, de peur de se voir pris en otage par l’Etat en cas de difficultés. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas donner des coups de menton médiatiques, c’est créer un écosystème économique favorable à l’activité économique en France.

Le patriotisme économique, c’est baisser les impôts qui pèsent sur l’investissement ;  les baisser clairement et irrévocablement. Le gouvernement français aurait ainsi bien fait de s’inspirer de la réforme fiscale de Donald Trump. Il aurait fallu baisser dès le début du mandat l’IS à 25%, et non pas étaler cette baisse sur l’ensemble du mandat. 

Le patriotisme économique, c’est annoncer clairement que vous ne reviendrez pas sur la suppression de l’ISF sur l’investissement en capital. Et non pas entretenir le jeu de l’extrême gauche en agitant une évaluation à venir alors que tout le monde sait que le rétablissement de l’ISF serait une catastrophe.

Le patriotisme économique, c’est baisser la dépense publique tout de suite, pour rétablir les comptes du pays, et ainsi avoir les marges de manœuvre pour baisser la fiscalité sur l’investissement… mais aussi pour pouvoir redonner du pouvoir d’achat aux français comme les gilets jaunes le réclament à juste titre. 

Le patriotisme économique, c’est avoir un budget à l’équilibre par beau temps, pour pouvoir emprunter pour résister aux crises économiques, et non pas avoir un budget de l’Etat en déficit de 24% en 2017, de 28% en 2018 et de 34% en 2019, soit 100 milliards de déficit rien que pour 2019 qui seront payés par nos enfants.

Le patriotisme économique, ce n’est pas faire le beau devant les médias pour faire semblant que l’on agit pour sauver un site de l’industrie d’hier, mais faire en sorte que la France accueille les industries de demain. Par exemple en se battant vraiment pour que Paris puisse devenir la nouvelle « City » continentale après le Brexit. En se battant pour rénover la formation et l’enseignement supérieur pour qu’ils forment davantage les français aux industries d’avenir. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas faire  croire aux salariés qu’on sauvera leur emploi dans une industrie condamnée, c’est les aider à retrouver un travail, y compris en ayant une politique d’accompagnement à la mobilité géographique. En supprimmant les droits de mutation qui sont un obstacle au déménagement pour les français. En réformant les attributions de logements sociaux pour que les français bénéficiaires de logement dans une ville puissent plus rapidement y prétendre quand ils déménagent dans une autre ville.

Le patriotisme économique, ce n’est pas continuer d’appliquer les méthodes qui ont mis la France dans l’impasse économique, mais s’inspirer de ce qu’on fait nos voisins allemands, hollandais, suisses, autrichiens, hongrois pour redresser leur économie

Le patriotisme économique, c’est arrêter de faire de la com’ et commencer à semer sur le long terme. 

Le patriotisme économique, c’est le courage.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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zen-gzr-28
- 22/12/2018 - 16:53
nous avons un gouvernement et une majorité
investis d'une mission : Faire les réformes annoncées dans le programme de l'ex Jupiter. ( Au fait, le passage aux 80 Km / h, c'est un cadeau de dernière heure ?) Les REM y croient durs comme fer évidemment, défendent la réalisation de ces objectifs à en être pathétiques ,'ils feront "avec" nous et non seulement pour nous. Ils sont tous trop intelligents, trop subtils, très technocrates , sans expérience politique, sans connaissances du terrain. Jupiter voulait toute sa majorité à sa botte, sans intermédiaire. C'est fait.
Jupiter est dans la mouise, les entraînera avec lui faute de vision à moyen et long terme. Mais bien sûr, il est sauvé avec son premier ministre , clair, net , précis, très respectueux des sans-rien. Ne peut-on pas attendre du chef de prendre en compte le mal être des citoyens face aux problèmes de l'immigration ? Castaner est impitoyable avec les gilets jaunes, invisible et non interventionniste avec la racaille, les casseurs. Rien ne pourra fonctionner raisonnablement si ce problème n'est pas pris en compte
ajm
- 22/12/2018 - 16:46
Patriotisme mal placé.
Petit article , simple et percutant, malheureusement fort loin du magma idéologique qui règne dans ce pays. En France, on met le patriotisme là où il n'a pas vraiment sa place et on le retire des domaines éminemment régaliens, là où il devrait être au tout premier rang.
J'accuse
- 22/12/2018 - 12:58
La nullité gouverne
Il y a (officiellement) près de 3 millions de chômeurs en France, et le gouvernement se mobilise (mal) pour tenter de sauver quelques centaines d'emplois, au lieu de libérer la consommation et le marché du travail en réduisant les taxes.
Le patriotisme n'est qu'un mot pour justifier l'impuissance à agir efficacement: ce n'est pas que le gouvernement ne veut pas, c'est qu'il ne sait même pas quoi et encore moins comment faire.
Ce gouvernement et cette majorité sont nuisibles pour la France. Ils doivent être éliminés. Mieux vaut personne que ces gens-là.