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Passer 6 jours sur les lignes de front de 1914-18 est il vraiment le meilleur moyen de renouer avec les Français sur celles de la France de 2018 ?

Publié le 04 novembre 2018
Gadget médiatique pour commémorer un centenaire ou vrai potentiel de reconquête politique pour un président en panne ?
Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Luc Rouban est directeur de recherches au CNRS et travaille au Cevipof depuis 1996 et à Sciences Po depuis 1987. ...
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Christophe Boutin
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Gadget médiatique pour commémorer un centenaire ou vrai potentiel de reconquête politique pour un président en panne ?

Atlantico : Pour commémorer le centenaire de l'Armistice, Emmanuel Macron va effectuer une « itinérance commémorative » sur la ligne de front de la guerre 14-18. S'agit-il, selon vous, d'un gadget médiatique ou existe-t-il, pour le président, un vrai potentiel de reconquête politique pour un président en panne ? Envisager d'aller visiter l'aciérie d'Ascoval ne serait-il pas un mélange des genres et une erreur également ?

Christophe Boutin : La caravane de ce que l’on appellera, en anglais comme il l’aime, « The  Macron’s 1918 Celebration Tour » partira en effet de Strasbourg le 4 novembre, pour terminer à Paris le 11 du même mois, après avoir fait escale dans au moins 14 autres lieux. Pour célébrer l’amitié indéfectible entre nos deux pays, bêtement mise à mal par trois petites invasions en 1870, 1914 et 1940, on commence à Strasbourg, en la cathédrale, non par une messe de Te Deum, ce qui pourrait sembler bien déplacé, mais par un concert avec le président allemand. La chancelière, zombie en état de mort politique, viendra elle à la fin du parcours, dans la clairière de Rethondes, à Compiègne, là même où a été signée l’armistice, manifestant une nouvelle fois ce curieux tropisme des chanceliers allemands pour le malheureux wagon. Apothéose enfin, une cérémonie sous l’Arc de triomphe devrait faire venir, entre autres, Donald Trump et Vladimir Poutine.

On aura saisi l’idée des communicants de l’Élysée : ouvrir une séquence commémoration qui dure une semaine, ce qui occupera les journalistes, couvrant différents aspects du conflit mais ce dans une approche exclusivement doloriste, évoquant tour à tour les villes rasées (Pont-à-Mousson), les malheureuses victimes civiles (idem), les malheureux soldats (Morhange, Verdun), tous unis dans la mort finalement (l’Anneau de la mémoire), et, surtout, tous victimes de l’horreur du nationalisme. Heureusement, l’histoire sera reconstruite (Péronne) et la réconciliation voulue par de grands hommes – et femmes (Compiègne), qui ont su écarter ce spectre hideux du nationalisme et bâtir l’Europe de demain, une Europe fièrement présente en tant que telle face au monde (Paris).

Voilà pour le story-telling de la semaine à venir, bâclé sur un coin de table par des communicants qui, comme le Président, sont obnubilés par les élections européennes de 2019 et la montée des populismes ou nationalismes, bref par cette « ambiance des années trente ». Il faut donc éviter de vanter cette France nationaliste glorieuse, celle qui a lutté pied-à-pied dans ces « orages d’acier » que décrira Jünger. Cette France s’est sacrifiée pour défendre son territoire contre des envahisseurs. Cette France dont les noms qui se suivent sur les monuments présents dans chaque village révèlent l’identité profonde. Une France qu’il importe plus que jamais d’oublier.

Au moment où les citoyens de nombreux pays, et notamment européens, semblent avoir besoin à la fois de cohésion et de racines, on propose donc aux Français la négation des idéaux pour lesquels sont morts leurs ancêtres et leur dilution dans une entité hors-sol. On peut se demander s’il y a bien là adéquation entre discours et attentes, et si ce battage trop prévisible renouera en quoi que ce soit le lien défait entre la présidence et les Français…

Quant à la visite ou non d’Ascoval, elle ne perturbera pas le déroulé de la séquence, sa longueur, son étalement lui permettant de supporter de tels à-cotés. Pour autant, ce passage nécessairement rapide, et ce alors que Bruno Le Maire est censé traiter le sujet, pourrait être plus perturbateur qu’autre chose.

Luc Rouban : Emmanuel Macron va effectivement mener un long parcours commémoratif pour célébrer la fin de la Première guerre mondiale. Il s’investit clairement dans une opération qui, au-delà de son objectif en termes de communication, a pour but de renouer le lien avec les Français, qui s’est sensiblement distendu depuis quelque temps. Cette situation est évidemment difficile pour un Président qui avait axé sa campagne en 2017 sur la volonté de rassembler et de travailler de manière horizontale avec toutes les bonnes volontés. Emmanuel Macron se retrouve piégé par la concentration des pouvoirs à l’Élysée et la mise en place d’un style présidentiel très vertical. Il s’agit donc de réduire la distance qui s’est créée entre le pouvoir, désormais qualifié, à tort, de technocratique, car cette verticalité est bien politique, et la vie quotidienne des citoyens. Célébrer la fin de la guerre de 1914-1918 c’est évidemment agir sur un registre très sensible pour de nombreuses familles qui, même si le temps a passé, ont encore la mémoire de leurs grands-parents ou de leurs arrières-grand-parents blessés, tués ou disparus et de toute la misère sociale qu’a pu générer cette guerre. La commémoration de l’armistice permet de s’inviter dans la mémoire et l’intimité des familles, de faire passer un message consistant à dire : je vous comprends, je partage votre mémoire, je suis des vôtres. C’est aussi une façon de célébrer l’union nationale en tournant le dos aux nationalismes d’aujourd’hui qui se développent un peu partout, de l’Italie au Brésil, contre lesquels Emmanuel Macron va s’investir dans la future campagne des élections européennes, et dont on peut penser qu’ils sont les enfants des nationalismes qui ont précisément généré la guerre à plusieurs reprises. C’est donc une façon d’attirer l’attention sur les risques que font courir ces nationalismes et ces populismes pour la paix. On peut interpréter ce parcours commémoratif comme une première mobilisation politique en vue des élections européennes.

 

Existe-il un risque de paraître déconnecté des préoccupations des Français qui, par exemple, ne font plus confiance au gouvernement pour augmenter le pouvoir d'achat, assurer leur sécurité, etc. Les Français pourraient-ils lui reprocher de ne pas davantage axer son action sur leurs vraies préoccupations ?

Christophe Boutin : Oui et non, si vous ne permettez cette réponse de Normand. Oui, c’est vrai, nombre de Français peuvent sembler aujourd’hui largement plus préoccupés de leur pouvoir d’achat, qui fond comme neige au soleil, de leur avenir, qui leur semble morose, et, bien sûr, d’une sécurité dont le ministre de l’Intérieur sortant ne cesse de nous rappeler combien elle pourrait être menacée dans les temps qui viennent que d’autre chose. À tout cela, pas plus qu’aux innombrables tracasseries générées par une administration qui n’a plus le sens commun, les commémorations de la Grande Guerre n’apportent effectivement rien.

Mais un peuple ne vit pas que de pain, il a aussi soif de grandeur. Une histoire glorieuse permet de relever la tête, d’être fier de ce que l’on est, elle donne à tous, et même à ceux qui n’ont rien, le sentiment de participer à une aventure commune, elle crée entre ceux qui peuvent s’y inscrire une fraternité. Commémorer 1918, ce peut être – tout dépendant du sens donné aux cérémonies, et l’on aura bien compris que ce ne sera pas le cas en 21018, pour cette cérémonie pourtant si symbolique du centenaire -  se retrouver en famille pour évoquer un haut fait de notre nation. Et je ne crois pas que les Français auraient reproché à leur Chef d’État de consacrer du temps à une telle commémoration…

Luc Rouban : Je ne pense pas car la commémoration de l’armistice s’inscrit dans la perspective d’un retour de l’autorité de l’État qui est fortement demandée par les Français. C’est d’ailleurs souvent sur ce terrain que nombre de commentateurs se trompent à propos des populismes. Ces derniers constituent la version excessive et donc autoritariste d’une véritable demande d’autorité qui émane surtout des classes populaires et des classes moyennes qui sont les premières à souffrir de ce que l’on nomme pudiquement des « incivilités », si ce n’est des délits et des crimes, et qui sont excédées de ne pas être entendues dans leur demande de protection. C’est vrai en France mais aussi aux États-Unis ou au Brésil comme on l’a vu récemment. Certes, on peut discuter sur la marge entre insécurité réelle et sentiment d’insécurité. Ce dernier est parfois plus fort que la réalité mais c’est lui qui commande les comportements politiques. Par ailleurs, et de manière générale, nous vivons une époque où la violence est revenue au premier plan, comme le spectre de la guerre, non seulement au travers des attaques terroristes, qui ont physiquement fait voir dans les médias ce qu’était la vraie violence, mais aussi des tensions internationales. Le message des commémorations peut donc être perçu de manière ambiguë : d’un côté il rappelle l’union nationale comme les progrès pacifiques apportés par l’Union européenne et l’amitié franco-allemande. D’un autre côté, il rappelle que la guerre ne fait désormais plus partie de l’impensable et que l’histoire peut s’accélérer brutalement, notamment sur des terrains d’opérations extérieures car la perspective de conflits européens semble heureusement totalement improbable aujourd’hui. La tentation politique de jouer sur cette dimension anxiogène, mais qui n’est pas sans fondement, peut donc être grande.

Alors que la présidence se refuse à une célébration "trop militaire de l'armistice", effectuer cette "itinérance commémorative" est-il aussi un moyen de ménager la chèvre et le chou ? De respecter le partenaire allemand sans donner l'impression aux Français qu'on refuse d'honorer la victoire de 1918 ?

 

Christophe Boutin : Ce rapport à l’Allemagne, qui conduit par exemple à une cérémonie propre aux Armées aux Invalides et à une autre, politique et internationale, à l’Arc de Triomphe, est en effet la cerise sur la Forêt Noire si l’on ose dire. Mais citons la réponse donnée par l’Élysée et publiée par Libération pour éviter tout malencontreux procès d’intention. « Le 14 juillet 1919 – dit donc l’Élysée -, il y a eu sur les Champs Elysées le défilé de la Victoire, une humiliation pour les Allemands. Les Allemands nous ont demandé de ne pas refaire ce genre de défilé, qui aurait ressemblé à une répétition de 1919 et cela nous a semblé de bon sens. »

C’est là que le bât blesse. En 1919, la France n’humilie pas les Allemands en faisant défiler ses armées dans Paris, elle célèbre ceux qui ont vaincu l’ennemi. L’humiliation, c’était de défiler dans Berlin… Depuis, et malgré l’intermède disons-le malvenu de 1940-1944, la réconciliation franco-allemande, y compris entre armées, existe bel en bien, et c’est une excellente chose. Elle se manifeste, par exemple, par une force commune, la Brigade franco-allemande, ou par la participation de troupes allemandes à des cérémonies commémoratives sur le territoire français. Reste que les Allemands n’ont pas le moindre droit, et pas plus en 2018 qu’en 1919, de nous demander d’éviter de faire un défilé militaire dans notre capitale pour célébrer notre victoire…

Que faudra-t-il ensuite ? Effacer de l’Arc de Triomphe les noms des victoires napoléoniennes en Allemagne ? Rendre les drapeaux pris par Turenne lorsqu’il fit sa visite de courtoisie dans le Palatinat ? Si, ce que l’on peut comprendre, les chefs d’État et de gouvernement allemands se sentent gênés de participer à de telles cérémonies, rien ne les y oblige. Mais voilà, l’Allemagne impose, et la France cède. Une preuve parmi d’autres de la réalité de ce que l’on continue d’appeler le « couple franco-allemand », sur les limites duquel on serait bien avisé de lire l’ouvrage que vient de publier Coralie Delaume : « Le couple franco-allemand n’existe pas ».

Là encore, c’est une erreur stratégique d’Emmanuel Macron, envers les Armées comme envers les Français. On se rappellera que Jupiter a eu plaisir à s’affirmer comme chef des Armées de manière fort tranchée, sacrifiant pour cela le Chef d’État-Major des Armées, le général Pierre de Villiers. Dans le même temps, il courait derrière la reconnaissance d’une Chancelière coupée de son peuple qui entraînait l’Europe dans la crise migratoire. Et un an et demie après, alors que cette dernière est politiquement morte, il quémande encore cette reconnaissance, écartant pour cela les Armées des cérémonies.

Mais ce signal est donné au moment où des bruits courent sur de bien plus graves abandons de souveraineté que l’organisation ou non d’un défilé. Info ou intox, « infox » comme le dit l’Académie, on ne sait encore de manière précise, mais on parle de négociations avec l’Allemagne pour la question de l’utilisation l’arme nucléaire française. Comme on parle aussi, et cette fois avec à l’appui des sources qui semblent plus sérieuses, de l’hypothèse d’un partage avec cette même Allemagne de notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU – dont on rappellera la date de création, 1945, pour faire comprendre pourquoi la nation de Goethe n’y siège pas…

Baisser à ce point pavillon devant nos voisins d’outre-Rhin, au moment ou de tels bruits circulent, n’arrangera donc certainement ni les rapports du Président avec la partie de l’Armée qui ne s’est pas encore résolue à n’être qu’une troupe supplétive intégrée à l’OTAN, ni ses rapports avec des Français qui voudraient conserver liberté et indépendance… c’est-à-dire rester souverains.

Luc Rouban : On est effectivement ici encore dans l’ambiguïté. Car en politique, l’amitié n’existe pas, il n’y a que des alliances, comme viennent le démontrer régulièrement les décisions d’autres pays européens, comme celle, récente, de la Belgique d’acheter des avions militaires aux États-Unis. Emmanuel Macron est donc pris entre deux exigences. La première est d’honorer la victoire et les combattants de la Première guerre mondiale, de témoigner de la capacité française de se défendre face aux agressions, et de montrer qu’il est patriote sans être nationaliste. La seconde est de relativement « démilitariser » cette commémoration sans doute pour ménager le partenaire allemand mais aussi pour ne pas aller sur le terrain de la droite dont il réfute le conservatisme social et le côté « ancien combattant gaulliste » un peu trop autoritaire à son goût mais aussi à toute l’importante partie de son électorat qui vient de la gauche et qui est en train de l’abandonner. On peut également voir dans cette « itinérance » l’occasion de faire la « tournée des popotes », c’est-à-dire d’aller à la rencontre des élus locaux et des communes dans l’espoir d’améliorer les relations entre l’État et les collectivités locales qui se sont récemment fortement dégradées par la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes comme la baisse sélective des dotations de fonctionnement, la suppression de la taxe d’habitation et la perspective d’une révision constitutionnelle qui va conduire à séparer la vie politique nationale de la vie politique locale.

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