En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© ABBAS MOMANI / AFP
Fin des accords d'Oslo ?

Pourquoi l’OLP et Mahmoud Abbas en sont arrivés à renoncer à la reconnaissance de l’Etat d’Israël

Publié le 31 octobre 2018
Les membres du Conseil central palestinien, un organe clé de l'OLP, se sont prononcés lundi en faveur de la suspension de la reconnaissance de l'Etat d'Israël et de l'arrêt de la coopération sécuritaire en Cisjordanie avec l'Etat hébreu.
Alexandre Adler est historien et journaliste, spécialiste des relations internationales.Il est l'auteur de Le monde est un enfant qui joue (Pluriel, 2011).
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alexandre Adler
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alexandre Adler est historien et journaliste, spécialiste des relations internationales.Il est l'auteur de Le monde est un enfant qui joue (Pluriel, 2011).
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les membres du Conseil central palestinien, un organe clé de l'OLP, se sont prononcés lundi en faveur de la suspension de la reconnaissance de l'Etat d'Israël et de l'arrêt de la coopération sécuritaire en Cisjordanie avec l'Etat hébreu.

Atlantico : Qu'est-ce qui explique ce changement de position de la part des Palestiniens ? Est-ce le signe d'un pouvoir qui se sent acculé ?

 
Alexandre Adler : Oui, c'est un peu le signe d'un pouvoir qui se sent acculé. Ce n'est pas facile aujourd'hui pour l'autorité palestinienne de se maintenir dans le combat fondamental qui oppose le régime saoudien, en tout cas le prince MBS et la confrérie des Frères musulmans qui s'est emparée du pouvoir à Ankara avec Erdogan et ses amis égyptiens qui l'ont rejoint. Cette bataille affecte aujourd'hui l'ensemble de la région et crée des difficultés supplémentaires - s'il en était besoin - aux dirigeants palestiniens. 
 
Ceci donne un peu l'impression d'un dormeur qui aurait de la fièvre et essaierait de lutter contre cela en changeant de position : un jour il se tourne dans un sens, un autre jour dans un autre sens... Et cela ne fait que refléter son désarroi. En réalité, les actuels dirigeants palestiniens, et en particulier Mahmoud Abbas, essayent de faire ce qu'ils peuvent : il a, courageusement, pris position pour l'Arabie Saoudite et dénonce les complots du Qatar et des Frères musulmans, ce qui est tout à fait à son honneur. Mais, évidemment, ce n'est pas si simple que cela, car il a aussi contre lui tous les partisans des Frères musulmans, et en particulier le Hamas, qui a été repris en main et envoyé au casse-pipe par les dirigeants du Qatar, comme d'habitude, dans le but de faire une offensive spectaculaire dirigée contre Israël. Et Netanyahou, avec bon sens, s'est efforcé de détourner, sans tomber dans le piège d'un nouvel affrontement. Mais évidemment, ce n'est pas lui seul qui peut décider de la question de savoir s'il y aura affrontement ou pas.
 
Au passage, il faut bien entendu que Mahmoud Abbas fasse apparaître le fait qu'il n'est pas l'allié d'Israël, qu'il n'est pas aux ordres. À cette fin, il a décidé de prendre une décision symbolique (la suspension de la reconnaissance de l'État d'Israël), étant donné que le gouvernement de Netanyahou ne tient aucun compte de son existence et ne lui laisse pas beaucoup de possibilités, bien qu'en réalité, il y ait un certain nombre de concessions qui sont faites tous les jours mais celle-ci ne sont pas visibles. Abbas prend donc une position symbolique, disant que l'OLP revient sur la reconnaissance de l'État d'Israël, qui avait été vaguement propagée au temps d'Arafat. Ça n'a aucune importance. Car bien entendu, les reconnaissances de l'État d'Israël n'empêchent nullement des actes hostiles et terroristes quotidiens. Par ailleurs, la non-reconnaissance n'empêche nullement les Israéliens et les dirigeants palestiniens de continuer à discuter et à essayer de gérer comme ils le peuvent une situation éminemment provisoire et affectée par l'extrême tension qui règne aujourd'hui dans la région, mais pas nécessairement dans l'autorité palestinienne.
 
 

À quelle réponse faut-il s'attendre de la part d'Israël ? 

 
Il ne faut s'attendre à aucune réponse. Les Israéliens n'ont pas l'intention de faire des concessions à l'OLP aujourd'hui et ce serait d'ailleurs une erreur. En même temps, les Israéliens ne veulent pas la mort de l'OLP, loin de là. Et ils s'efforcent, lorsqu'ils le peuvent, d'arranger un peu le coup à Mahmoud Abbas mais dans des limites, malgré tout, précises, et de qui, de toute façon, ne peuvent pas aboutir à une véritable négociation telle que celle qui a existé entre Arafat et les dirigeants travaillistes et qui a amené à l'explosion du parti travailliste.
 
Normalement, il ne devrait pas y avoir d'aggravation parce que tout simplement, Netanyahou, en concertation permanente avec Poutine, s'efforce de ne pas jeter de l'huile sur le feu. Et il n'y aura pas non plus de concessions importantes tant que Mahmoud Abbas sera en proie aux surenchères du Hamas, qui sont pour lui le problème essentiel.
 

La pression économique ou politique de l'ONU, de l'Egypte, et surtout des Etats-Unis, pour que cessent les violences au sein des territoires palestiniens, n'a pas abouti. Certains pointent encore les divisions internes des territoires palestiniens. Faut-il considérer que le pouvoir palestinien est opposé à toute solution pacifique ?

Non, pas du tout. Dans la réalité de tous les jours, ce n'est pas le cas. Et de surcroît, un nouvel acteur est entré dans la danse : il s'agit des Palestiniens qui sont citoyens israéliens. Et qui vont voter aux élections israéliennes, qui vont voter contre la politique de l'État d'Israël. Aujourd'hui, ils sont beaucoup plus proches, pour beaucoup d'entre eux, des dirigeants de l'OLP qu'ils ne l'étaient autrefois. Donc nous sommes dans une dialectique tout à fait nouvelle. Et tout à fait imprévue, dans laquelle chacun joue des cartes différentes. Et dans ces conditions, évidemment, ce n'est pas facile pour les dirigeants palestiniens - qui, eux-mêmes, réprouvent les actes de terrorisme et ne les encouragent pas -, de donner le sentiment qu'ils ne sont pas à la botte des Israéliens ou de qui que ce soit. Et comme, en plus, Mahmoud Abbas a pris la décision courageuse de soutenir l'Arabie Saoudite contre les Frères musulmans et contre Erdogan, on peut considérer qu'il a déjà fait beaucoup. Et que dans ces conditions, il a besoin d'un geste symbolique qu'il n'est pas un valet de l'empire israélien. C'est tout à fait naturel et il faudrait le laisser faire sans le gêner davantage, étant donné la situation qui, pour lui, est particulièrement difficile depuis que le Hamas a été repris en main par les Frères musulmans. Ce n'est pas nécessairement, d'ailleurs, pour toujours. C'est là que la diplomatie égyptienne, qui ne manque ni de subtilité ni d'intelligence depuis que le maréchal al-Sissi s'en occupe tous les jours, peut peut-être nous surprendre. Parce que dans cette région, on a parfois de bonnes surprises, et pas seulement de mauvaises.
 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Anorexie : une nouvelle étude montre que les causes ne sont pas seulement psychologiques

02.

Finale de la CAN : 48% des Français pensent qu'il est normal pour des personnes d'origine algérienne de manifester leur joie et leur attachement à leur pays lors des victoires de l'Algérie en football

03.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

04.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

05.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

06.

Le pape François a transmis un message "très touchant" à Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert

07.

Contamination au tritium des rivières françaises : anatomie d’une opération destinée à générer une peur infondée sur le nucléaire

01.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

02.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

03.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

06.

La dangereuse complaisance du planning familial avec l’islam radical

01.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

02.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

06.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires