En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© CHRISTOPHE SIMON / AFP
Lutte pour la vie

L’abandonnite : les médecins le confirment, on peut vraiment mourir de désespoir

Publié le 01 octobre 2018
Une étude de la Porstmouth University apporte un nouvel éclairage sur un phénomène psychologique déjà connu et constaté notamment chez les prisonniers de guerre : le « give-up-itis » - littéralement la « capitulationnite » ou « syndrome de glissement ». Face à une situation traumatique exceptionnelle, certaines personnes se laissent simplement mourir, parfois en moins de trois jours.
Médecin Psychiatre Libéral. Il exerce également à l'hôpital Sainte Anne. 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Chauchot
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Médecin Psychiatre Libéral. Il exerce également à l'hôpital Sainte Anne. 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Une étude de la Porstmouth University apporte un nouvel éclairage sur un phénomène psychologique déjà connu et constaté notamment chez les prisonniers de guerre : le « give-up-itis » - littéralement la « capitulationnite » ou « syndrome de glissement ». Face à une situation traumatique exceptionnelle, certaines personnes se laissent simplement mourir, parfois en moins de trois jours.

Atlantico : Comment se manifeste ce phénomène ?

 
François Chauchot : Les deux aspects principaux semblent être une brutale et massive perte de sens – en lien avec l’événement traumatique - et un ralentissement global et progressif de l’ensemble des grandes fonctions de l’individu que sont sa capacité à prendre soin de lui, l’appétit, la vie en relation. On constate aussi la perte d’initiative et l’absence totale d’anticipation qui plongent l’individu dans un repli total, coupé du monde et de soi. Ayant perdu tout sens et tout intérêt à l'existence et à la vie, le sujet perd littéralement toute énergie vitale, un peu comme s’il se vidait de lui même, pour devenir « une coquille vide ». Dans un tel état, l’individu dénué de tout intérêt et de tout plaisir à « être au monde » se dévitalise et s’éteint progressivement.
 
Sur un plan comportemental, l’observateur extérieur constate un arrêt de toutes les fonctions vitales ou presque. Au premier plan l’appétit, le sommeil, le mouvement, le soin de soi, la vie de relation la capacité à interagir par le regard, le discours, le dialogue émotionnel..
 
La recherche d’un événements traumatique majeur vient étayer cette perte de sens qu’a pu connaître l’individu par exemple lors d’un conflit, d’un attentat ou de la perte d’un être cher - ces circonstances pouvant s’entremêler et accroître la portée traumatique de ces événements.
 

Le fait de "se laisser mourir" est un phénomène connu. L'étude donne-t-elle un éclairage nouveau ou un cadre plus scientifique à cet état ?

 
Ce phénomène n’est pas effectivement nouveau et l’article lui donne un éclairage d’apparence plus scientifique à travers des hypothèses neuro-biologiques et neuro-anatomiques . L’Histoire et les romanciers nous en ont fait déjà part par le passé; cette étude apporte un angle d’attaque plus scientifique à une réalité humaine. Ce « syndrome de glissement » pourrait renvoyer à une réaction d’adaptation à un contexte « horrible », c'est-à-dire non représentable pour l’individu, dépassant les possibilités de réactions psychiques humaines. Face à l’horreur, faut-il mieux s’arrêter de vivre en ne reconnaissant plus le caractère humain de l’expérience existentielle du moment ? C’est probablement dans ce rapport humain/deshumain que se loge cette réaction dépressive extrême.
 
 

Comment surmonter un événement traumatique susceptible de provoquer cet état ?

Réintroduire de l’humain semble alors être une urgence, à travers un geste ou une parole. C'est le premier temps du soin apporté à l’autre; en d’autres termes lui demander ce qu'il se passe pour lui et ce dont il aurait besoin.
 
Il s’agit donc de s’occuper de cette personne, même si elle ne demande rien. Ensuite viennent les soins de « réanimation » physiques et psychiques, alimentation, traitements médicamenteux adaptés. Redonner du sens et un sentiment de sécurité physique et psychique est le but du traitement de ce grand état de détresse psychique.
 

Les cinq étapes du syndrome de glissement

 
1) Le repli social : les gens se coupent de leurs proches et refusent le contact
 
2) L'apathie: la personne ne prend plus soin d'elle-même, ne se soigne plus et ne se lave plus
 
3) L'apragmatisme: l'impossibilité de prendre des décisions ou de faire preuve d'initiative
 
4) Akinésie psychique : la personne perd toute motivation et peut même devenir incontinent ou incapable de se mouvoir pour sauver sa propre vie
 
5) Mort psychogène: la personne perd totalement sa volonté de vivre
 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

02.

Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan

03.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

04.

Fleurs et vacheries au G7 : les avis surprenants des dirigeants étrangers sur Emmanuel Macron ; Notre-Dame, victime collatérale de négligence politique ; Julien Dray, mentor repenti d’Emmanuel Macron ; Panne sèche pour la voiture autonome

05.

Tempête dans les bénitiers : qui de Salvini ou du pape est le plus catholique ?

06.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

07.

Le général iranien Qassem Souleimani, maître de guerre sur le front syro-irakien

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

04.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

05.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

06.

Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

03.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

04.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

05.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

06.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires