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Journée de grève : le mouvement des cheminots est-il illicite ? Les raisons de le penser ne manquent pas
Publié le 22 mars 2018
Outre l’irritation que l’on peut ressentir à ce que toute réforme soit l’objet d’arrêts de travail, cette fois-ci, le déroulement annoncé de ces "empêchements" semble poser un véritable problème.
Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)
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Outre l’irritation que l’on peut ressentir à ce que toute réforme soit l’objet d’arrêts de travail, cette fois-ci, le déroulement annoncé de ces "empêchements" semble poser un véritable problème.

Les agents de la SNCF ont décidé de faire preuve de créativité pour une nuisance maximale en répartissant dans le temps la grève prévue. Outre l’irritation que l’on peut ressentir à ce que toute réforme soit l’objet d’arrêts de travail, cette fois-ci, le déroulement annoncé de ces « empêchements » semble poser un véritable problème. La grève, en effet, est une « cessation collective totale et concertée du travail en vue d'appuyer des revendications professionnelles ».

L’arrêt de 1989 interdit la « grève perlée » qui consiste à ralentir volontairement la production ou le rythme de travail, sans toutefois arrêter de travailler. D’après ce que l’on peut comprendre, bien que l’appellation « grève perlée » soit utilisée dans les médias, les salariés de la SNCF vont cesser complètement la prestation de travail. Il ne s’agit donc pas, juridiquement, d’une grève perlée. Il s’agit plutôt d’arrêts de travail courts et répétés appelés « débrayages ».

Or, effectuer des débrayages est en principe autorisé même si cela est dommageable pour la production. Toutefois, il semble que l’intention de certains syndicalistes soit que cette grève dégénère en abus, c’est ce qu’on a cru comprendre lors de l’interview sur RTL de Guillaume Pépy face à Elisabeth Martichoux. Celui-ci semblait dire que tout n’était pas si simple dans la grève à temps partiel annoncée… Dans ce cas, « l’abus » serait caractérisé si l’entreprise était « désorganisée de manière manifeste et anormale », ce qui est d’ores déjà le cas puisque le principe même de choisir deux jours par semaine va troubler le trafic les autres jours, en effet les voyageurs vont changer leurs dates et les trains seront saturés, les usagers ne seront jamais certains de pouvoir effectuer leurs déplacements à l’heure et dans des conditions satisfaisantes.

Cette grève serait également illicite si le personnel gréviste portait atteinte à la liberté du travail des non-grévistes ; ce qui restera à prouver. Dans ce cas, c’est au président de l’entreprise, Guillaume Pépy, de porter plainte au nom de ses clients contre des exactions syndicales. Toutefois, les juges en général, sont peu enclins à retenir la désorganisation de l’entreprise puisque par nature, le but de la grève est de « nuire » à l’employeur le cas échéant par une désorganisation de l’entreprise afin que les revendications professionnelles des salariés puissent éventuellement aboutir.

Dans le cas présent, ce n’est pas à l’entreprise SNCF que l’on nuit, puisque celle-ci est déjà considérablement endettée dans l’indifférence quasi-générale, c’est bien les clients-usagers que l’on prend en otage! On peut également soutenir, selon les juristes du mouvement ETHIC, que la grève est disproportionnée et donc illicite en raison sa durée (3 mois) et du rythme du mouvement (cessation du travail pendant 2 jours par semaine) ce qui entraîne cette désorganisation manifeste et anormale avec des répercussions disproportionnées sur l’organisation et l’activité. Le reste de la semaine impossible de tenir un planning de circulation normale car les trains ne seront pas au bon endroit, etc. Mais les grévistes n’ont-ils pas systématiquement tous les droits ? Au nom d’un « droit de grève » que personne n’aura le courage de contester légalement. Courage ! Grèvons…

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Commentaires (9)
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Papy Geon
- 23/03/2018 - 20:19
Des syndicalistes qui vivent dans le passé...
J’ai le désagréable sentiment que ces gens réfléchissent encore comme des staliniens. Ce sont les descendants de Maurice THOREZ, lequel, après avoir passé 3 ans auprès de Staline pendant la guerre en 42-45, est revenu chez nous pour peaufiner la mise en place de régimes dits « spéciaux », qui tenaient toutes les infrastructures dans notre pays. Des pratiques identiques conduisant à des résultats similaires, ces staliniens finiront par nous mener à la catastrophe. J’avais deux cheminots dans ma famille, dont l’un était resté prisonnier pendant 4 ans en Allemagne. Il était vraiment écœuré par l’état d’esprit de certains leaders syndicaux, il y a déjà 20 ans. Et cela continue à la SNCF, semble-t-il.
L'un de leurs leaders interviewé récemment m'a bien fait rire lorsqu'il a prétendu que son statut, c'était par exemple pour compenser le fait que 2 jours par semaine, le personnel roulant ne dormait pas à la maison. Je lui aurais bien demandé quel inconvénient justifiait le fait que tous ses soins médicaux soient gratuits ou quasi gratuits (et d'ailleurs peut-être même bien pour les retraités, à vérifier). Cherchez l'erreur...ou plutôt les erreurs, car nous sommes en 2018.
Papy Geon
- 23/03/2018 - 20:02
Des syndicalistes qui vivent en autarcie...
Les syndicalistes de la SNCF, en s'associant aux manifestations du 22 mars, n'étaient pas là pour "soutenir" les fonctionnaires. Ceux qui colportent cette idée sont des menteurs ou des gens qui n'ont rien compris. Les syndicalistes de la SNCF sont des personnages qui ne pensent qu'à leur paroisse. En parasitant les défilés de fonctionnaires, ils ont essayé de se mettre en valeur.
Il ne faudrait pas mettre dans le même panier, les employés des hôpitaux, des EHPAD, les soignants en général, qui subissent une véritable souffrance au travail, d’autres fonctions publiques (territoriale et enseignants) qui ont des revendications plus "habituelles" (et légitimes), et les cheminots qui étaient là pour démontrer leur possibilité de nuisance. Peut-être aussi pour s'excuser (là, je plaisante) devant tous ces gens, qui ont déjà des problèmes, et qui vont subir pendant 3 mois le bazar des transports?
Samuel5517
- 23/03/2018 - 19:02
10%
La SNCF c'est pas plus de 10% du transport de personnes et de marchandises. Plus grand-chose en fait. Laissons ce machin pourrir et crever et confions le gestion du rail au privé. La France fera un paquet d'économie!