En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
© LUDOVIC MARIN / AFP
Atlantico Business
Gouvernance de l’entreprise et réforme de l’Etat : deux chantiers sur lesquels Macron a décidé d’assumer un risque d’explosion
Publié le 09 décembre 2017
Le président de la République veut profiter de la bonne conjoncture pour lancer très vite deux réformes structurelles qui sont potentiellement explosives.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le président de la République veut profiter de la bonne conjoncture pour lancer très vite deux réformes structurelles qui sont potentiellement explosives.

Pour Emmanuel Macron, tout va bien. Tout va même beaucoup mieux qu’on ne pouvait le penser dans les premières semaines du quinquennat.

La situation économique s’est nettement améliorée (principalement grâce à l’environnement international) avec des perspectives désormais très lisibles pour les agents économiques (et ça, principalement grâce au discours et à la méthode de gouvernement du président).

La situation politique est très claire, Emmanuel Macron n’a plus d’opposition, la classe politique essaie de se reconstruire autour du mouvement En marche. Il a calmé pour l’instant les élus locaux qui criaient à l’asphyxie financière et ils avaient raison.

Quant aux premières réformes qui s’annonçaient très compliquées, elles sont passées sans provoquer de tremblement de terre ou de fièvre sociale systémique : la réforme du droit du travail a fait l’objet des ordonnances et la réforme fiscale sur le capital a été adoptée sans provoquer la jacquerie que la France insoumise promettait d’organiser contre le chef de l’Etat . L’accusation de gouverner pour les riches a été balayée.

Ajoutons à cela que la situation européenne lui rend service. Le Brexit lui permet d’afficher beaucoup de fermeté dans le rappel de ses positions européennes. D’autant que les fragilités d’Angela Merkel lui donnent une chance de prendre le leadership pour une transformation de l’Union européenne

Ajoutons aussi la situation internationale où la France a retrouvé l’écoute qu’elle avait perdue.

Au total, tout va pour le mieux, et jamais sous la Vème République, hormis le général de Gaulle en 1958, un président de la République n’aura connu un climat aussi favorable dans une situation traversée par de telles mutations.

C’est pour profiter de cette situation qu’Emmanuel Macron entend bien ouvrir et pousser très vite deux chantiers de réformes où tous ses prédécesseurs se sont cassés les reins, parce que ces réformes dérangent trop d’intérêts, trop de lobbies, trop d’habitudes.

Le premier de ces chantiers porte sur la gouvernance de lentreprise et son fonctionnement interne. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, en est le maitre d’œuvre. Après la réforme du droit du travail qui a simplifié le code du travail, après la réforme fiscale qui a allégé l’impôt sur le capital pour attirer les investisseurs, il faut donner à l'entreprise plus de moyens propres pour financer son développement et plus de protections contre les agents prédateurs.

En bref, ça devrait passer par :

1 - Une modernisation et un élargissement de l’intéressement, au profit des salariés

2 - Un renforcement de la gouvernance pour protéger les managements des fonds dinvestissement prédateurs

3 - Un changement du financement du modèle social. Un cout du travail allégé pour améliorer la compétitivité cout et sans doute la mise en place dun revenu complémentaire au profit des bas salaires pour protéger le pouvoir d’achat.

Le pari est d’améliorer la compétitivité sans abimer le modèle social.

C’est une réforme compliquée parce que le monde de la finance n’est pas favorable à des règles qui verrouilleraient le capital des entreprises. Quant aux syndicats, hormis la CFDT qui s’inscrit dans une culture de compromis, les autres se méfient de toutes les procédures d’intéressement et de collaboration. Quant au modèle social, en changer son financement revient à s’attaquer aux fondements même du paritarisme. Et le paritarisme, c’est aussi une raison de vivre pour les syndicats.

Le deuxième de ces chantiers a pour objet de lancer la réforme de l’Etat. Pourquoi? Parce que le pays ne peut pas continuer à vivre avec des dépenses publiques et sociales qui dépassent les 57% du PIB, alors que le total des prélèvements obligatoires dépasse les 47%, la différence étant financée par la dette. Ça n’est évidemment pas tenable.

Jusqu'à maintenant, les gouvernements ont essayé de limiter les dégâts en jouant sur les hausses d’impôt et sur les baisses de dépenses. Tous les gouvernements ont échoué. Tous ont réussi sans mal à augmenter les impôts et les cotisations sociales, mais aujourd’hui, on ne peut pas aller plus loin sauf à tuer la bête.

Tous ont dit et répété qu’il fallait réduire les dépenses publiques et tous ont raboté les budgets, supprimer des éléments de train de vie, crier haut et fort contre les hôpitaux, l'école publique, l’armée... tous ont essayé de changer les procédures et modifier les priorités ... tous ont essayé tout ce qui pouvait l’être.

Le résultat est que rien n’a changé. La seule solution, pour diminuer la dépense publique et sociale sans supprimer des services sociaux, serait de réduire le périmètre de l’Etat. Concrètement, il s’agit de faire la liste des missions de l’Etat, des services publics et de vérifier si certains services et fonctions assurés par l’Etat ne pourraient pas être mieux traités par le privé en situation de concurrence.

Et finalement, beaucoup de services publics pourraient être prescrits par le privé. L’Etat produit trop à des conditions qui ne sont pas économiques. Les exemples pullulent, y compris dans les secteurs les plus sensibles : l’école, l’éducation, les transports, la gestion des équipements collectifs... à la limite, les services de l’Etat pourraient se limiter aux fonctions régaliennes.

C’est le seul moyen de réduire la dépense publique, de rendre au privé la charge d’assurer des activités qui seront plus compétitives dans un contexte de marché. Et si on réduit le montant des dépenses publiques, on pourra commencer à réduire la pression fiscale.

Dans cette logique là, on a parfois réussi à lancer des privatisations, mais on n’a jamais tenté l’expérience de dégager des services publics pour les confier au privé, qui peut les assurer dans le respect de l’intérêt général, à partir du moment où les cahiers des charges sont établis.  

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
02.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
03.
Quand la SNCF se laisse déborder par ses contrôleurs
04.
Renault-Nissan-Fiat Chrysler : le mariage à trois est possible à condition d’éviter trois enterrements
05.
Vent de sécularisation sur le monde arabe ? Ces pays qui commencent à se détourner de la religion
06.
Il y a une grande différence entre l’hygiène et la propreté lorsque vous faites le ménage chez vous et voilà laquelle
07.
Kim Kardashian provoque la colère des Japonais avec le lancement d'une ligne de sous-vêtements, Kimono Intimates
01.
PJ Harvey : le goût amer de l'Angleterre
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
03.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
04.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
05.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
PMA et filiation : ces difficultés humaines prévisibles que le gouvernement écarte bien rapidement
02.
Mieux que Jeanne d'Arc : Greta Thunberg voit le CO² à l'œil nu !
03.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
04.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
05.
Canicule : y’a-t-il encore un adulte dans l’avion ?
06.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
vauban
- 10/12/2017 - 09:08
Taxer le chiffre d'affaires de La fonction publique
Et l'énergie produite par les fonctionnaires :quadrature du cercle
Je ne vois pas comment taxer le vent.....
DANIEL74000
- 10/12/2017 - 08:38
FAIRE SIMPLE !
Le sage Antoine PINAY lors du premier choc pétrolier et la prise du pouvoir en France par l'oligarchie avait suggéré la solution, lui qui avait senti le changement de société : "Remplacer toutes les charges sur salaires par une taxe sur tout chiffre d'affaires (et non une TVA récupérable par certains) et une taxe sur les énergies produites et consommées" Simple sans CSG, commissions diverses, comédie de l'environnement, distribution aveugle aux faux nez. Simplement éliminer la pensée unique et responsabiliser élus et fonctionnaires
hermet
- 09/12/2017 - 23:38
enfin
C est la 2 ème partie qui est intéressante où on aborde enfin un des gros pb de ce pays.
Si Macron s y attaque alors je veux bien devenir Macroniste, mais pour l'instant je ne vois rien.