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BlackRock, le plus grand fond d‘investissement du monde, qui exige une éthique sans faille dans les entreprises où il intervient, se retrouve sommé de s’expliquer ses propres dépenses de lobbying politique
Publié le 27 mai 2017
BlackRock, qui exige des entreprises où il investit toujours plus de transparence, est sommé par ses actionnaires de s‘expliquer sur des dépenses jusqu'à maintenant discrètes. C’est l’arroseur arrosé.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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BlackRock, qui exige des entreprises où il investit toujours plus de transparence, est sommé par ses actionnaires de s‘expliquer sur des dépenses jusqu'à maintenant discrètes. C’est l’arroseur arrosé.

BlackRock est sans doute le plus gros fonds d’investissement au monde. Le montant des capitaux gérés dépasse les 5000 milliards de dollars. Situé à New York, fondé en 1988, il est devenu le plus important gestionnaire d'actifs au monde, notamment à la sortie de la crise financière. Faut dire qu‘il a racheté massivement en 2009 des actifs qui étaient bradés à cause de la crise, reprenant notamment la gestion d’actifs de Merill Lynch. Sa prospérité fait que le fonds est présent aujourd’hui dans une société américaine sur 5. Mais il est également présent en France dans la moitié des entreprises du CAC 40. Cette diversification lui vaut d’attirer beaucoup de capitaux et d’épargne venant du monde entier. 

Le succès de BlackRock s’explique par la confiance totale que lui font les institutions d’épargne dans la gestion des actifs, mais aussi et surtout dans ses exigences pour moraliser les entreprises où elle investit. 

BlackRock exige très souvent des garanties quant au respect des normes sociales et environnementales, mais exige aussi une transparence parfaite des dépenses qui n’ont pas une ligne directe avec l’exploitation. C’est à dire tout ce qui concerne les dépenses de communication institutionnelle et de lobbying. BlackRock est très connu pour faire respecter ces exigences, un peu comme Warren Buffet qui se mêle de la gestion des entreprises dans lesquelles il intervient. Mais Warren Buffet sur ce plan est totalement cash et transparent. Il consacre d’ailleurs une journée par an pour expliquer à ses actionnaires l’état économique du monde, la situation des entreprises où ses fonds ont investi, le tout enrichi de leçons de morale et de règles éthiques à l’adresse des dirigeants. Warren Buffet a le talent d‘illustrer ses conseils avec sa propre pratique. Il est parfaitement crédible . D’ou sa notoriété et son image de vieux sage , oracle et gourou de l économie moderne. Sa préoccupations porte sur les questions d’environnement et de morale politique . 

BlackRock s’est mis au diapason depuis la crise en demandant à ses entreprises des engagements de transparence. Mais fait nouveau, les propres actionnaires de BlacRock  les gérants de fonds de pensions par exemple qui apportent leurs actifs a gérer , ont demande aux dirigeants de Black Roque de se soumettre aux mêmes obligations. Alors a priori, les actionnaires n ‘ont rien à dire sur la gestion, remarquable, ou sur les performances exceptionnelles. En revanche, la rumeur de Wall Street a laissé entendre que les règles d’éthiques n’étaient pas toujours respectées. 

La direction de BlackRock a reconnu qu’elle épaulait bon nombre de gouvernements dans le monde, qu‘elle intervenait en lobbying politique pour obtenir des conditions d’exploitation plus favorables. 

Beaucoup d’experts considèrent que BlackRock n’est pas restée neutre lors de la dernière campagne présidentielle, sachant au passage que Goldman Sachs, par exemple, avait soutenu Hillary Clinton, ce qu’elle a toujours nié. Beaucoup pensent que BlackRock est fortement intervenue auprès de l'administration Obama pour des mesures de correction du système financier après la crise et pas forcement dans le sens d ‘un durcissement des règles.  

Dans le cas de BlackRock, les actionnaires ont donc demandé à la direction de fournir la liste de toutes les dépenses de communication institutionnelle et d’interventions politiques dans le monde entier. La nature des interventions, le montant dépensé et les bénéficiaires. Sachant que BlackRock est présent dans 30 grands pays du monde. 

Les actionnaires demandent d’émettre un rapport annuel qui ferait le bilan de cette politique et de toutes ses actions. 

BlackRock s’est défendu des critiques sous-jacentes en expliquant qu’un tel rapport annuel n’allait pas dans le sens de l’actionnaire. Sous entendu, si BlackRock intervient, c’est aussi au bénéfice de l’actionnaire. Si les procédures et les montants étaient rendus publics, il y a de grandes chances pour que BlackRock en souffre, et que ses actionnaires soient de ce fait lésés. 

La vraie question est de savoir si les résultats financiers justifient tous les moyens possibles ou pas.

Il y a une dizaine d’année, un procès identique avait été instruit contre Waste management, la plus grande entreprise du monde spécialisée dans le traitement des déchets et dans la protection de l environnement . la société était soupçonnée de ne pas traiter aussi bien qu ‘elle l annonçait, et de revendre les produits tries a un prix très élevés . Cette affaire ébruitée par des actionnaires a oblige l entreprise à changer ses process.  

Cette affaire Black Rock,  montre bien que les actionnaires de la nouvelle génération veulent autre chose qu’un rendement maximal. Ils veulent aussi que le modèle d’activité soit exemplaire. 

Et si BlackRock demande des comptes à ses entreprises ou exige un comportement exemplaire et moral, il n’y a aucune raison que BlackRock ne s’applique pas à elle-même les mêmes règles. 

BlackRock est une chose. Les actionnaires réunis en associations de défense vont de plus en plus jouer les contre pouvoirs. 

Les autres grandes institutions financières craignent elle aussi qu’on leur demande de dévoiler leur secret. Le prochain visé serait sûrement Goldman Sachs, dont l’influence auprès des gouvernements ne se caractérise pas par un excès de transparence. D’autant que Goldman travaille dans le monde entier pour les Etats et le privé . 

 
 
 
 
 

 

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vangog
- 27/05/2017 - 10:23
Les Gracques, énarques et anciens membres du PS...
comme Macron! Ils sont à la manœuvre et facilitent les financements du minet: Grâce à eux, Macron aurait levé plus de 12 millions d’euros auprès de donateurs de chez Goldman Sachs, affirmait Europe 1 le 6 mai 2016. Leurs membres? Des banquiers et journaleux: François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne ; Mathieu Pigasse, patron de la banque Lazard ; Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurances ; Alexandre Wickham, directeur de collection chez Albin Michel ; Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de la Présidence de la République, européiste dur et prince de l’idéologiquement correct ; Mathilde Lemoine, économiste et directrice des études économiques et de la stratégie marchés d’HSBC, etc.). Et derrière eux? Des conglomérats surpuissants comme Godmann-Sachs, soutien de la bécasse Clinton?...va savoir, Charles!