En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© AFP
Plan B
Les milieux d’affaires et les dirigeants européens commencent a rêver secrètement d’un président qui ressemblerait à Macron mais avec le programme de François Fillon
Publié le 11 février 2017
La semaine qui vient va être déterminante pour l’avenir de François Fillon, qui reste soutenu par la majorité de ceux qui l‘avaient choisi lors de la primaire de la droite et du centre. Du coup, c’est la mobilisation générale sur le terrain, même si le dossier reste compliqué à défendre. Compliqué, difficile, et risqué.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La semaine qui vient va être déterminante pour l’avenir de François Fillon, qui reste soutenu par la majorité de ceux qui l‘avaient choisi lors de la primaire de la droite et du centre. Du coup, c’est la mobilisation générale sur le terrain, même si le dossier reste compliqué à défendre. Compliqué, difficile, et risqué.

Le soutien des dirigeants européens est aussi discret qu’il est embarrassé mais ce soutien est néanmoins réel.

Le problème est très simple. Les marchés et les dirigeants étrangers s’inquiètent du risque qu’il y aurait à voir la France tomber dans la démagogie et le populisme. Parce que trois des candidats les mieux placés - Marine Le Pen, Jean Luc Mélenchon et Benoit Hamon - sont antisystème. Ils sont tous, peu ou prou contre l’économie de marché. Contre l’Europe. Contre l’euro. Ils ne croient pas que le système capitaliste soit créateur de richesses et de progrès. Ils ne croient même plus à la valeur travail. A eux trois, ils représentent près de 60% des électeurs du premier tour. Ce qui veut dire que plus de la moitié des français qui votent sont près à voter pour un candidat antisystème. Cette perspective de voir l’altermondialisme arriver au pouvoir ne passe pas.

Les soutiens à François Fillon sont donc plus contraints et forcés qu'enthousiastes. Chacun se rend bien compte que la part de passion, d’estime ou même d’affection souvent nécessaire dans le choix d’un candidat a, pour beaucoup, complètement disparu, reste la part du rationnel du raisonnable.  Pour beaucoup, il n’y a pas d’autre choix possible face au débordement de démagogie, de la part des candidats de l’extrême gauche et de l’extrême droite.

La seule alternative à laquelle ils pensent se situe chez Emmanuel Macron bien sûr. L’ancien ministre de l'Economie bénéficie d’une cote d’amour exceptionnelle mais n’a pas encore convaincu quant à la pertinence de son programme.  Les milieux économiques ne lui signeront pas un chèque en blanc, ils veulent un diagnostic qui correspond à leur analyse, et un plan d’action gouvernemental cohérent qui réponde au problème. Alors quelques uns ont déjà pris contact avec l'entourage de l'ancien ministre de l’Economie. Mais la majorité d’entre eux attendent de savoir comment vont évoluer les positions respectives de Macron et de Fillon.

A partir du moment où François Fillon n’a rien fait d’illégal et que son programme correspond au problème, ils n’ont pour l instant aucune raison de le lâcher d’autant qu‘à droite, il n’y pas de plan B, et que l’offre politique concurrente est complètement décalée par rapport à la réalité.

De l’avis de tous les experts économiques, le programme de Jean Luc Mélenchon, celui de Benoit Hamon ou de Marine le Pen répond certes à une demande politique mais aucun n'est applicable, ou réalisable dans la conjoncture actuelle. Plus grave, ils iraient à l’encontre des intérêts de ceux qui le supportent, c’est à dire les classes moyennes ou défavorisées.

Proposer une nouvelle diminution de la durée du travail, distribuer un revenu universel, demander aux Allemands de payer nos dettes, accroitre encore la protection sociale sans savoir la financer, sortir de l’euro ou bloquer les frontières, ces projets sont pour certains très généreux, intéressant mais n ont aucun sens.

Qu‘ils aient une légitimité politique ou pas, ils n‘ont pas la moindre chance de pouvoir être réalisés sauf à mettre le pays cul par dessus tête, ce que personne ne souhaite. Ils s’inscrivent plus dans une logique révolutionnaire que d’une gouvernance responsable. Ce qui est extraordinaire, c’est que les maladresses de François Fillon ont rendu les propositions extrémistes (mais morales) politiquement correctes.

François Fillon se sait donc incontournable pour les milieux d’affaires et pour les acteurs étrangers, allemands ou américains, qui ne tarissent pas de critiques à l‘encontre de son comportement mais qui considèrent qu’il est porteur du seul projet compatible avec l’équilibre du système dans lequel nous vivons.

C’est bien là où le bat blesse. S’il n ‘y a pas de fautes sur le terrain juridique ou judiciaire, il a forcement commis une faute morale et politique.

La société française n'accepte plus une certaine confusion des genres entre la sphère privée et la sphère politique. Qu’un parlementaire fasse travailler sa femme ou ses enfants, ce qui a été et qui est toujours une pratique banale dans le système, n’est plus accepté ou toléré.

La plupart des grandes démocraties ont d’ailleurs interdit ce genre de confusion et fortement règlementé les activités des parlementaires pour éviter les procès en conflit d’intérêt. Il faudra forcement que la pratique française se réforme.

En attendant, il faut que François Fillon se sorte de ce procès moral que l’opinion et la presse continuent de lui faire.

François Fillion peut sortir du piège à trois conditions :

1 : que l'actualité offre d’autres sujets d’intérêt à la presse et à l'opinion. Si la presse cesse de tourner en boucle sur les faits et gestes du couple Fillon, la pression va tomber. Ça dépend aussi du couple Fillon.

2 : qu'Emmanuel Macron baisse dans les sondages et n'apparaissent pas durablement comme le challenger désigné de Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, parce que dans ce cas beaucoup de ceux qui avaient choisi François Fillon se tourneront vers Macron, le seul vote utile pour échapper à des politiques démagogiques. Emmanuel Macron peut baisser dans les sondages s’il ne gère pas bien la phase programmatique de sa campagne. Pour l’heure, Macron a obtenu du succès pour ce qu‘il est, pour ce qu’il dit de l’état de la France, et pour la façon très moderne avec laquelle il s’exprime. Il sait très bien qu’à partir du moment où il va commencer à entrer dans le détail de la politique qu’il veut mettre en œuvre,il va être l’objet d’une analyse critique. Il va devenir clivant. Et s’il devient clivant, il va perdre des points dans les sondages.

3 : que la campagne revienne sur les programmes. Le programme d’action est la clef du logiciel Fillon. Qu’il réussisse à redevenir audible sur ses projets, et on quittera le terrain miné de la morale pour aborder celui de l’efficacité. C’est évidemment le seul créneau sur lequel il peut se différencier d’Emmanuel Macron qui a, en gros le même diagnostic et les mêmes objectifs mais qui n’a évidemment pas les moyens politiques nécessaires.

Si l’opération reconquête de François Fillon ne réussissait pas, si le plan de sauvetage du soldat Fillon ne fonctionnait pas, beaucoup d’acteurs du monde économiques et de dirigeants européens rêvent secrètement d’un président qui ressemblerait à Macron mais qui porterait le  programme que défendait François Fillon.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
La vraie raison qui pousse Apple à multiplier le nombre d’Iphones qu’ils veulent lancer chaque année
02.
1er Mai : les Gilets jaunes se préparent pour l'"acte ultime"
03.
Ce rapport du Conseil national de productivité rédigé par des proches d’Emmanuel Macron préfigure-t-il le vrai tournant du quinquennat ?
04.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
05.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
07.
Ces risques malheureusement ultra prévisibles liés au retour de l’encadrement des loyers à Paris
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
03.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
04.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
Commentaires (28)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Gondebeau
- 13/02/2017 - 10:31
Macron candidat des Médias une plaisanterie....!
Macron a le taux de passage le plus faible à la television je dirais plutôt qu'il est ostracisé par les médias axés sur de vieux schémas.Sa méthode de com, sa philosophie du rassemblement des progressistes réalistes de gauche, du centre et de droite est en soi déjà un vrai programme. Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir dans ses orientations claires qui se précisent au fur et à mesure son programme humaniste, social et économique intégrant l'écologie et tous les grands défis. de notre époque
totor101
- 12/02/2017 - 11:28
Le bombardement
Le bombardement médiatique ne vise qu'une chose : faire élire Macron !
QUELLE MÉTHODE ?
Les programmes? : Pas le problème, on s'en tape ....
Ce qui est important ? : J'aime ou je n'aime pas ....
Moralité : il ne faut pas aimer Fillon ! ! ! !
imaginez ce que cela donnerait si l'on faisait un buzz de la même intensité autour de Marine ? ? ?
wanda60
- 12/02/2017 - 09:12
Par Brennus
Pour le moment tout repose sur des sondages bidonnés et décidés par ceux qui les paient, en l'occurrence la clique de ceux qui ont acheté Macron. Ces sondages ne concernent que la présidentielle et tout le monde oublie que l'Assemblée Nationale sera élue en Juin et décidera des lois; comme d'habitude. Donc incertitude totale avec en plus un PNF, missionné pour éliminer Fillon et qui devrait, d'après le JDD, annoncer les suites judiciaires.et pas un non-lieu.