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Publié le 23 décembre 2016
Alors que le débat sur les dépenses publiques et les dépenses de protection sociale est très présent dans nos sociétés occidentales, il n'est pas sûr que ces recettes usagées fonctionnent encore aujourd'hui face aux défis du 21ème siècle.
Branko Milanovic est chercheur de premier plan sur les questions relatives aux inégalités, notamment de revenus. Ancien économiste en chef du département de recherches économiques de la Banque mondiale, il a rejoint en juin 2014 le Graduate Center en...
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Sarah Guillou est économiste à l’OFCE dans le domaine de l’économie internationale et des politiques publiques affectant la compétitivité des entreprises. Son travail mobilise l’exploitation statistique de bases de données d’entreprises et de salariés...
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Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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Alors que le débat sur les dépenses publiques et les dépenses de protection sociale est très présent dans nos sociétés occidentales, il n'est pas sûr que ces recettes usagées fonctionnent encore aujourd'hui face aux défis du 21ème siècle.

Atlantico : Dans votre dernier livre Global Inequality : a new approach for the age of globalization, vous identifiez la double menace pesant sur les classes moyennes des pays occidentaux, entre la mondialisation et la hausse des revenus des 1% les plus riches. Comment expliquer un tel phénomène ? Considérez-vous que la mondialisation se soit réalisée au détriment de ces classes moyennes occidentales ?

Branko Milanovic : Les classes moyennes occidentales ont été écrasées à deux niveaux. D'abord par la concurrence des pays émergents mais aussi par la progression des revenus des plus riches de leur pays. Dans le premier cas, les pays occidentaux ont  essayé de contrer ce phénomène avec des réformes comme les "Réformes Hartz" en Allemagne ou même l'élection de Reagan qui a relancé la dynamique des importations américaines. Ensuite, concernant les 1% des plus riches, ces derniers ont été protégés des effets de la globalisation  car ils travaillent généralement dans des secteurs qui ne pouvaient être touchés par la concurrence internationale. Sans oublier les gains sur les actifs et la hausse du prix des actions qui ont aussi accru ce phénomène.

D'un autre côté, cette baisse des richesses de la classe moyenne s'est faite au profit de l'émergence d'une classe moyenne asiatique. Et d'un point de vue neutre, les baisses du côté occidentales sont bien moins fortes que les hausses du côté asiatique, ce qui évidemment ne peut suffire à réconforter les perdants de la mondialisation.Le résultat est-il pour autant inévitable ? C'est probable. La mondialisation enclenche des forces d'une telle magnitude que les pays pris séparément ne peuvent rien faire. Toutefois, ensemble, c'est possible, en particulier s'ils font plus attention à leur classe moyenne. Pour cela il faudra repenser les politiques de transferts sociaux, de formation et en démocratisant plus l'enseignement privé.

>>>> A lire aussi : Inégalités, mondialisation, populisme : entretien avec Branko Milanovic, l’auteur du livre choc pour tout comprendre à la spirale infernale dans laquelle se débattent les sociétés occidentales

Alors que le phénomène actuel de progression des inégalités déstabilise les démocraties occidentales, les différents gouvernements semblent être désarmés. En quoi les solutions du passé ne sont-elles pas adaptées au contexte actuel d'accroissement des inégalités ?

Sarah Guillou : Les gouvernements sont désarmés parce que les outils traditionnels de la réduction des inégalités sont jugés insatisfaisants par l’électeur médian. L’électeur médian, celui dont les caractéristiques sont médianes par rapport au reste de la population, c’est celui qui fait l’élection en démocratie à vote majoritaire. Or, cet électeur médian vit de plus en plus mal l’évolution de son niveau de vie relativement à celui des revenus supérieurs. S’il a vu son revenu augmenter dans les 20 dernières années, ce revenu a bien moins augmenté que celui des revenus supérieurs. Aujourd’hui, cet électeur perçoit assez correctement l’évolution des revenus de ses congénères et en plus est soumis à une accélération du progrès technique et à des contraintes d’ajustement de ses qualifications qui sont déstabilisantes et auxquelles s’ajoute un contexte d’insécurité géopolitique. Par ailleurs, il est, depuis un quart de siècle en Europe, habitué à la progressivité de l’impôt et aux revenus sociaux ; il bénéficie par ailleurs, en France, d’une couverture santé quasi-universelle et d’un accès à l’éducation. C’est alors que la tension récente sur les budgets publics et ses conséquences sur les revenus sociaux nets des impôts affectent directement ses revenus, voire dans certains pays européens remettent en cause ses acquis sociaux. Enfin, pour finir, la médiatisation des inégalités de revenus et de l’écart grandissant avec une micro-minorité d’individus dont les revenus augmentent fortement alors même que les affaires de détournement fiscal sortent en nombre, accentue la perception d’une injustice et d’un Etat incapable.

Tout est donc réuni pour que l’électorat médian et plus généralement la classe moyenne soient insatisfaits de leur sort et de la classe politique au pouvoir. Les outils traditionnels de la redistribution ne parviennent pas à écraser la distribution des très très hauts revenus, d’une part parce qu’ils s’écartent très fortement de l’avant-dernière tranche et d’autre part parce que ces revenus "votent avec leur pied", c’est-à-dire sont très mobiles et profitent de la concurrence fiscale entre Etats. De plus, force est de reconnaître que le progrès technique et les évolutions de l’intelligence artificielle ne pourront être sans incidences sur cette classe moyenne à qualification moyenne. Dans des économies encore gouvernées par le rôle pivot du travail, ces évolutions hypothèquent fortement la paix sociale.

Nicolas Goetzmann : Le phénomène inégalitaire découle d'une multitude de causes qui ne peuvent être abordées par le prisme habituel d'une opposition entre hausse et baisse des dépenses publiques. Entre la mondialisation, le progrès technologique et la faible croissance, plusieurs phénomènes mordent actuellement les démocraties occidentales dans le sens d'un accroissement des inégalités et dépassent totalement le champ habituel du discours de politique économique. Ce sont des phénomènes nouveaux, qui appellent une réflexion globale. Et si l'apparition de thèmes du type "revenu universel" montre qu'une prise de conscience est bien à l'ordre du jour, les solutions proposées traitent la question sous un angle essentiellement défensif. C'est d'ailleurs le sens du revenu universel qui se veut être une alternative au travail. Le fait que Donald Trump ait remporté l'élection présidentielle montre bien que la population n'attend pas plus d'aides sociales : les gens veulent des emplois, et que ceux-ci soient payés correctement (du moins, en ce qui concerne les promesses de campagne).

De plus, les questions relatives à la mondialisation, au progrès technologique, à l'automatisation et à la robotisation auront également des effets sur la partie haute des revenus dans les années à venir, c'est ce qu'indique aussi Branko Milanovic. L'exemple-type est le secteur médical américain : parmi les métiers les mieux payés aux États-Unis, ce sont les spécialisations médicales qui sont les mieux représentées parce qu'il s'agit d'un secteur protégé. Mais si la mondialisation commençait à toucher à ce secteur, avec des médecins issus des pays émergents autorisés à exercer aux Etats-Unis, ce que l'on peut compléter avec l'arrivée de robots spécialisés, la distribution de revenus favorables à ces professions pourra commencer à subir le même sort qui a été fait au secteur industriel. Car les ouvriers de l'industrie ont subi ce même double effet. La fracture inégalitaire se matérialise également par cette inégalité face à la mondialisation. Les plus fragiles sont frappés de plein fouet, et les plus aisés sont protégés dans des professions elles-mêmes abritées. Et l'ouvrier américain au chômage devra faire face à des coûts de santé déconnectés de ses capacités financières.

Le bouleversement est tel qu'il est peu probable qu'une liste de mesures issues des idées du siècle dernier puisse produire des effets permettant de contrer cette tendance.

Plus précisément, quel est le phénomène décrit par l'économiste Branko Milanovic dans son "graphique éléphant" ?

Sarah Guillou : Le graphique fait parler de lui notamment depuis la sortie du livre de Branko Milanovic, Global Inequality.

Dans ce graphique, qui laisse entrevoir le contour d’un éléphant, l’auteur observe les inégalités par percentiles de revenus : les individus de 120 pays sont rangés selon leurs revenus et on observe par percentile le taux de progression des revenus en 20 ans. On observe ainsi que la classe des revenus entre le 40ème et le 60ème percentile a vu fortement augmenter ses revenus sur la période. Or, ce niveau de revenus se trouve majoritairement en Chine ou en Inde. Le graphique ne distingue pas les pays mais on sait selon le percentile de revenus où se trouvent la majorité de la population concernée. Or, il apparaît clairement qu’une classe de revenu n’a pas vu ses revenus vraiment augmenter de 1988 à 2008 : cette classe de revenus correspond précisément aux classes moyennes des pays développés, c’est-à-dire la classe moyenne des Etats-Unis et de l’Europe. Ce graphique apporte d’autres enseignements, notamment sur la réduction de la pauvreté mondiale. Mais relativement à la question de l’insatisfaction de la classe moyenne des pays riches, le graphique permet de visualiser une évolution relative des revenus probablement au cœur du mécontentement qui s’exprime.

Toutefois, je ne pense pas qu’il faille interpréter le graphique en termes d’impact de la mondialisation et conclure rapidement que seuls les pays émergents et les très très riches ont bénéficié de la globalisation. En fait, il se passe beaucoup de choses de 1988 à 2008 : ouverture commerciale, libéralisation des économies émergentes, progrès technologique, migrations. Pendant cette période, les individus qui ont le plus gagné en termes d’accroissement des revenus sont les classes moyennes des pays émergents.

Or, les classes moyennes des pays riches avaient déjà profité de la mondialisation des années 1970-1980. Les gains marginaux de la libéralisation sont décroissants. De plus, les années 1990-2000 sont aussi celles du développement des TIC et autre progrès technique qui accélèrent la transition industrielle. A l’extrémité supérieure de la courbe sont ceux, non pas qui profitent de la mondialisation, mais qui la font et qui, en outre, ne subissent pas les effets déstabilisants de la technologie car ils façonnent eux-mêmes la frontière technologique. En résumé, les revenus de la classe moyenne des pays riches ont cumulé des chocs négatifs sur la période alors que les très hauts revenus ont su tirer partie des nouvelles dynamiques économiques.

Nicolas Goetzmann : Branko Milanovic a pu mettre en évidence le fait que la mondialisation a été "globalement" positive pour le monde entier. Mais cette amélioration a été distribuée de façon inéquitable. Les pauvres des pays émergents ont vu leur niveau de vie progresser, et les revenus des plus riches des pays occidentaux ont explosé. Au milieu, les classes moyennes occidentales n'y ont rien gagné, en-dehors de perdre leur emploi ou de voir leurs revenus stagner. Mais cet effet inégalitaire était prévisible dès le départ, depuis 1941 en fait, lorsque les deux économistes Paul Samuelson et Wolfgang Stopler ont théorisé le fait qu'une compétition entre une économie développée et une économie à bas salaire provoquera des dégâts sur les populations les moins qualifiées du pays développé. Il n'y a donc aucune surprise. Mais pour la majeure partie du 20ème siècle, la compétition s'est faite principalement entre pays développés, ce qui n'a pas produit ces mêmes effets. La rupture date principalement des années 1990 et du début des années 2000, avec l'arrivée des pays émergents et lorsque la Chine est entrée à l'OMC. Les emplois industriels peu qualifiés ont progressivement disparu, ce qui a entraîné la perte des classes moyennes et populaires occidentales. C'est le même phénomène avec le progrès technologique, qui a surtout touché les populations les moins qualifiées.

Les économies occidentales, les entreprises, suivies des gouvernements, se sont donnés à corps perdu dans la mondialisation avec pour objectif de gagner une bataille, comme si cette mondialisation était une fin avant d'être un moyen pour plus de prospérité. C'est cette question-là qu'il convient d'aborder aujourd'hui. Au lieu de casser tout le travail réalisé, la question est de mettre en place des stratégies permettant de mettre les bénéfices au profit du plus grand nombre.

Quelles sont les pistes à explorer pour faire face ? Que peuvent faire les gouvernements pour retourner la situation ?

Sarah Guillou : Ce qui est déconcertant, c’est que les pistes proposées par les experts de ces inégalités, et Milanovic le premier, sont totalement écartées par les gouvernements récemment élus. Ni hausse des impôts, ni taxe sur les plus riches, ni revenu universel, ni politique d’éducation intensifiée, ni nivellement des patrimoines. Tant est si bien qu’on peut s’interroger si l’électorat médian est bien principalement préoccupé par ces inégalités… Ainsi, si la chancelière britannique tient en effet un discours intégrant les méfaits de la globalisation pour la classe moyenne, d’une part elle n’a pas été élue ni nommée pour ces discours et d’autre part, on l’imagine mal augmenter les impôts au Royaume-Uni et socialiser plus largement les revenus des individus. Aux Etats-Unis, Donald Trump n’a pas non plus proposé des mesures susceptibles de réduire ces inégalités, il a même soutenu un discours clivant entre les communautés et entre les sexes. Et en France, François Fillon, qui a eu la faveur des électeurs à la primaire de la droite, n’annonce pas des mesures anti-inégalités. Seule la piste du protectionnisme et de la fermeture des frontières est assez unanimement proposée comme réponse aux inégalités : cela parle à leur électorat mais guère aux économistes.

Contrairement aux électeurs, les économistes et les experts restent convaincus que la réduction de ces inégalités permettrait de réduire le vote "populiste" qui exprime un mécontentement des classes moyennes. Au-delà de l’enjeu politique, certes primordial, la réduction des inégalités a aussi une valeur économique. Donc que faire ? Ce qui distingue les très très riches des autres, ce sont les revenus du capital. Milanovic se singularise par une proposition qui consisterait à redistribuer du capital, c’est-à-dire à distribuer des moyens de créer de la richesse future, comme des actions dans une entreprise ou d’autres actifs financiers. La taxation/redistribution des profits des grandes entreprises pourrait ainsi se faire à travers la distribution d’actions. Une piste, vraiment nouvelle, à explorer. Dans le même esprit, la participation des salariés au bénéfice de leur entreprise ou encore l’actionnariat salarial sont donc à développer. Ce qui, en France, permettrait de réconcilier les citoyens avec l’entreprise.

Il faut aussi songer à réduire les inégalités entre entreprises. Le pouvoir économique, le capital, est, lui aussi, distribué de façon extrêmement inégalitaire. Il est aux mains d’une oligarchie d’entreprises concentrées dans certains secteurs dont le pétrole et le secteur financier. Ces inégalités engendrent les inégalités salariales puisque ces entreprises sont à l’origine des salaires du haut de la distribution. Une première voie en ce sens est indéniablement l’harmonisation fiscale afin que les grands groupes contribuent à la mesure de leurs revenus au financement des biens publics. Pour cela, la directive ACCIS relancée par la Commission européenne, instituant la définition commune en Europe de la base fiscale et le paiement de l’impôt au prorata de l’activité réalisée localement, doit être adoptée pour amorcer un peu de "démocratie" parmi les entreprises. C’est un outil pour que les Etats cessent de se faire concurrence pour attirer les profits des entreprises les plus riches au détriment du financement des biens publics.

Nicolas Goetzmann : La première priorité est d'en finir avec la façon dont les pays mènent leur lutte commerciale. Dans des pays comme la Chine ou l'Allemagne, la stratégie poursuivie est de freiner au maximum la progression des salaires, ce qui permet d'exporter son chômage dans les autres pays, et c'est également ce qui participe au déséquilibre économique mondial. Pour en finir avec ce "mercantilisme" (qui consiste à profiter de la croissance des autres pour s'enrichir), la solution est de mettre en place des politiques macroéconomiques visant l'exploitation maximale du potentiel économique de chaque pays. Il s'agit là avant tout d'un enjeu de politiques monétaires qui auront pour objectif de viser le plein emploi, et qui auront pour effet d'en finir avec le déséquilibre actuel entre épargne et consommation au niveau mondial. C'est ça la crise. Si chaque pays suit cette même ligne, le rééquilibrage prendra place, ce qui provoquera une forte hausse du nombre d'emplois et une progression des salaires. De plus, l'investissement, l'innovation, la recherche et développement seront fortement soutenus, ce qui permettra de créer des nouveaux emplois, de nouveaux débouchés. Ce sont des décisions qui doivent être prises au niveau global, discutées au sein du G20, du FMI, etc. Mais cette phase devra être accompagnée très soigneusement par les États, et l'enjeu sera de consacrer un maximum d'efforts à l'éducation et à la formation, car c'est le meilleur moyen de se protéger de la mondialisation et de l'automatisation. Des nouveaux métiers vont naître, mais il faut donner les moyens à la population de pouvoir en profiter. Il s'agit d'accompagner les personnes qui perdent un emploi devenu obsolète, pour leur permettre d'évoluer, et non leur promettre un revenu universel.

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C3H5.NO3.3
- 23/12/2016 - 20:43
aveugles
Ils n'ont toujours pas compris que le vote était d'abord identitaire, et ensuite économique.
Citoyen Ordinaire
- 23/12/2016 - 11:43
Ras le bol
Ras le bol de ce mot utilisé à tort et à travers de "Populiste".
Populiste définition: "Qui s'intéresse à la vie des gens"
C'est le sens même normalement de la vie politique !
Sauf qu'aujourd'hui, la médiatisation de la pensée est déversée par des milliardaires qui ont achetés tous les journaux et les télés...
Alors ils passent leur temps à cracher sur les petites et honnêtes gens et tous les gens qui n'arrivent plus à comprendre ce monde...
Vive le populisme contre la dictature de pensée unique mondialiste qui veut nous faire croire au bonheur quand nous atteignons un nombre de chomeurs record, de 10 millions de pauvres, que des travailleurs ne peuvent même pas se loger. qu'un pauvre bout de steak te coute 5€, que l'électricité et le Gaz atteignent des prix délirants....etc.
On peut fermer les yeux sur ce qui se passe et ne pas parler des problèmes et écouter encore et encore des "pseudos experts" autoproclamés disserter sur la joie de vivre quand au 15 du mois tu es à découvert sans rien faire de ta vie...
Et que surtout il faut que rien ne change que tout va bien que c'est le bonheur et que tu dois être heureux que ton usine ferme pour aller exploiter des gosses en Asie...
DESVESSIESPOURDESLANTERNES
- 23/12/2016 - 08:48
mondialisation et décentralisation
mamelles de la décroissance générée par les pertes d'emplois réels au profit d'emplois "hors sol" (payés par la rente sociale) .C'est pas le sud-est asiatique qui paye nos redistributions sociales .En parlant de cela pourquoi ne pas limiter la plus inégalitaire d'entre elles : la retraite .