En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
© PHILIPPE LOPEZ / AFP
La gauche n’arrête pas de brocarder un programme ultralibéral en économie et réactionnaire sur le plan sociétal.
Atlantico Business
François Fillon n’a aucun intérêt à "adoucir son programme" et voilà les dix raisons pour lesquelles il devra même le durcir
Publié le 29 novembre 2016
François Fillon est assailli par tous ceux qui, à droite comme à gauche, lui conseillent d’adoucir ses projets. C’est mal le connaître, lui et son programme, que de penser qu’il reculera dans sa volonté de réforme.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Fillon est assailli par tous ceux qui, à droite comme à gauche, lui conseillent d’adoucir ses projets. C’est mal le connaître, lui et son programme, que de penser qu’il reculera dans sa volonté de réforme.

La droite considère que si François Fillon veut être président de la République, il lui faudra rassembler au centre, et pour drainer des voix, il devra adoucir son programme. Bref, revenir sur la ligne que suivait Alain Juppé, et qui est reprise aujourd'hui par le Modem de François Bayrou.

La gauche n'arrête pas de brocarder un programme ultralibéral en économie et réactionnaire sur le plan sociétal.

L'extrême-gauche retrouve l'extrême-droite pour dépecer le programme de François Fillon et le prévenir que rien de ce qu'il envisage de faire ne pourra s'appliquer car le peuple s'y opposera.

Quant aux syndicats (et notamment la CGT), ils préviennent que le programme Fillon est un programme anti-pauvres, anti-modernité, anti-social... Il seront donc dans la rue pour s'y opposer.  

Un tel front des élites politiques contre François Fillon, relayé avec une certaine complaisance par une grande partie des médias, est hallucinant. Il se nourrit des études des politologues qui nous disent que la France n'acceptera jamais d'entrer dans des logiques libérales. Il se nourrit de la culture classique de la majorité des intellectuels français qui ont été moulés depuis 1968 aux idées gauchisantes, à la morale bobo et aux conservatismes étatiques.

Tout le monde y va de son couplet pour annoncer l'échec de François Fillon à la présidentielle, ou pire, son incapacité à appliquer son programme. Ils lui adjurent donc de changer er d'adoucir son projet, comme si ce projet était mortifère.

C'est mal connaître François Fillon que de penser qu'il va céder aux petits calculs politiques. C'est surtout mal connaître son vrai projet pour penser qu'il ne pourra pas s'appliquer.

Il existe au moins dix bonnes raisons pour lesquelles François Fillon et ses équipes ne reculeront pas devant cette fronde.

1) Il veut frapper vite et fort. François Fillon et tous ceux qui depuis trois ans travaillent avec lui sont convaincus de leur diagnostic : la France est en quasi-faillite. Plus grave, si on ne change pas son logiciel de fonctionnement, le pays n'a aucun moyen de se redresser. Il va s'enfoncer dans le déclin et le déclassement. Ce qu'il faut donc, c'est un changement radical. Et François Fillon a d'ores et déjà annoncé un choc de réformes, dur et rapide, pour renverser la tendance, sinon la réforme ne se fera jamais et on continuera par lâcheté et par faiblesse à conserver les petits privilèges des uns et des autres. Pas question de refaire du Chirac ou du Hollande.

2) Pas de petites concessions politiques, sinon c'est la paralysie de l'action. Pas question pour lui de faire des promesses qu'il ne pourra pas tenir ou qui paralyseront son action. Pas question d'acheter des voix à tous les courants de la majorité pour fabriquer une large majorité qui sera inefficace. Par conséquent, François Fillon part du principe que s'il se présente, il se présente avec son package de projets. Pas moins, et peut-être plus si l'efficacité le commande.

Sur ce point, il sait que François Hollande a négocié tellement d'accords avec les écolos et l'extrême-gauche qu'il s'est retrouvé pieds et poings liés, incapable de faire quoi que ce soit.


3) L'élection présidentielle vaut acceptation du programme. C'est un principe sacré, pas question d'organiser un référendum tous les deux jours, pas question de gouverner le nez sur les sondages ou sur l'audience du 20h. La primaire et la présidentielle, suivies des législatives, donnent légitimité au président pour exécuter un programme qui aura été présenté, expliqué et même épluché pendant plus de six mois.

4) Le succès de François Fillon lors de la primaire de la droite prouve qu'il y a une demande forte pour une politique de réformes pragmatiques, parce qu'il y a une demande de résultats. Pour la première fois, la droite française assume son adhésion à une politique de droite. Sans honte ou culpabilité par rapport à l'idéologie dominante dans le pays depuis un demi-siècle. Parce que depuis 50 ans, aucun dirigeant politique n'a osé s'afficher à droite. Ils étaient tous centre-droit, centristes, républicains indépendants ou centre-paysans, centre-gauche... mais jamais personne n'a été de droite.

C'est la première fois, parce qu'une partie du peuple - celui qui a voté à la primaire - l'a voulu ainsi. 

5) Le succès d'Emmanuel Macron et les ambitions de Manuel Valls montrent bien qu'à gauche aussi, il y a une demande d'efficacité économique et de sérieux dans la gestion. A gauche aussi, on souhaite que l'administration coûte moins chère et soit plus efficace. A gauche aussi, on souhaiterait que l'économie crée plus d'emplois. A gauche aussi, on raisonne souvent comme à droite.

6) Les mesures de François Fillon considérées comme les plus dures ne seront pas amendées mais expliquées. C'est d‘autant plus facile qu‘elles sont toutes destinées à donner au systeme plus de vigueur et de dynamisme.

7) Les mesures de protection sociale ne seront pas rognées mais, là encore, réorganisées pour plus d'efficacité. Les systèmes actuels sont généreux mais fragiles. Toute la réforme a pour but de les sécuriser.

8) L'Europe n'est plus un bouc-émissaire, mais un moyen d'exister dans le monde tel qu'il est. Alors que tous les pays du monde se protègent et se replient sur eux-mêmes, l'Europe se fissure et hypothèque la sécurité de ses Etats-membres. La sécurité sera renforcée, non pas par "moins d'Europe", mais par "plus d'Europe politique".

9) La mondialisation offre des opportunités à deux conditions. D'abord à condition que les accords intergouvernementaux pacifient et équilibrent les relations entre les pays signataires. Ensuite, à condition que le système économique français soit capable de monter en gamme l'essentiel de ses productions. Pour ce faire, il faut beaucoup de liberté aux chefs d'entreprise, beaucoup d'innovations.

10) Elever la révolution digitale au rang de priorité stratégique. La France n'est pas en retard dans l'émergence d'un tissu de nouvelles entreprises digitales, elle est beaucoup plus maladroite dans la digitalisation du reste de l'économie.

La vérité dans ce procès qui est fait à François Fillon, c'est que l'acte d'accusation porte sur des faits, des écrits et des promesses qu'il n'a pas commis. Son comportement, son projet, son programme ne sont pas d'ordre ultralibéral. Il est à peine libéral. Pour beaucoup, il pourrait l'être beaucoup plus. Il faudra peut-être qu'il le soit.  

François Fillon a pris le système français tel qu'il est. Il a pris les contraintes auxquelles nous ne pourrons pas échapper, et il a construit des processus d'adaption. Ce chantier de réformes n‘a qu'un seul but : réinventer un système de créations de richesses.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
03.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
04.
Reconstruction de Notre Dame : Emmanuel Macron prend-il le risque du « too much » ?
05.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
06.
Notre Dame brûla et obligea la France à se souvenir qu'elle fut catholique…
07.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
04.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (33)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
michoulacolere
- 03/12/2016 - 07:45
Un chiffre par trop oublié ! !
De 2000 à 2015 , le nombre d'emplois publics n' a pas bougé d' un iota ! Et le P.I.B. par habitant a la valeur de 2007 . Tant qu'on importera des Bacs - 8 et exportera des Bacs +8 (avec beaucoup d'exceptions il faut quand même le souligner) , rien ne changera ...

N'oublions pas aussi que dans le P.I.B. , il y a le P.I.B. marchand qui STAGNE et le P.I.B. non marchand qui est calculé en additionnant les payes des emplois publics , une administration ne "vendant" rien.
kiki08
- 30/11/2016 - 12:45
a vangog
comme vous dites "les patriotes ne sont pas dupes" s'il n'y as pas de changement , on vas continuer a glandouiller tranquilles en faisant attention de limiter le chiffre d'affaire, et surtout ne pas embaucher .on pourrait faire plus , mais a quoi bon , vu le résultat après le dépouillement fiscal . la patrie c'est bien beau , mais il faut qu'elle arrête de nous prendre pour des vaches a lait .
Totor Furibard
- 30/11/2016 - 06:21
@Nap4: Les non-éclairés vous répondent
Avec un argument comme celui-là: