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Donald Trump a formulé pendant sa campagne 7 projets précis qui ne résistent pas au premier examen et qui seront absolument irréalisables sur le plan technique, ou financier et même politique tant les dégâts collatéraux seraient importants.
Atlantico Business
Les 7 projets complètement irréalisables de Donald Trump...
Publié le 16 novembre 2016
Les équipes de Donald Trump s’arrachent les cheveux pour convaincre le nouveau Président que beaucoup de ses promesses sont irréalisables.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Les équipes de Donald Trump s’arrachent les cheveux pour convaincre le nouveau Président que beaucoup de ses promesses sont irréalisables.

Donald Trump n’a sans doute pas réalisé qu’il parviendrait à se faire élire. Des rumeurs très fondées expliquent qu’au départ, il voulait simplement profiter de sa notoriété acquise à la télévision pour orchestrer et se faire payer par des généreux donateurs une campagne de publicité mondiale afin de booster ses affaires sur la planète toute entière. Drôle d’idée ! Mais idée efficace.

Donald Trump a certes bien réussi sa vie d’homme d’affaires, mais essentiellement sur le marché américain. Un de ses rêves était de prendre pied sur les marchés asiatiques, africains et en Europe de l'Est de façon à devenir le roi incontesté de la construction de bâtiments et grands travaux sur toute la planète. C’était, d’après beaucoup de ses amis, son ambition ultime.

La campagne présidentielle devait lui apporter une notoriété internationale qu'il n’avait pas, sans que ça lui coûte très cher - puisque cette campagne est financée par des donateurs. On estime que la communication qu‘il a pu diffuser sur tous les médias du monde représente un budget supérieur à un milliard de dollars.

Une fois élu, à la surprise générale y compris la sienne sans doute, le voilà embarqué dans une galère avec un programme de croisière tellement ambitieux et souvent démagogique qu'il aura beaucoup de mal à le réaliser. Bref le risque de naufrage est grand.

Ce programme n'enlève rien à la réalité américaine qui l'a porté à la Maison Blanche, mais cette majorité qu’il a entendue et comprise mieux que d’autres, va difficilement lui pardonner de faillir à ses engagements. Les hommes politiques ne réalisent pas toutes leurs promesses, mais en général ils expliquent pourquoi avec des résultats économiques qui permettent de compenser le déficit au niveau des grands principes.

Donald Trump a formulé pendant sa campagne 7 projets précis qui ne résistent pas au premier examen et qui seront absolument irréalisables sur le plan technique, ou financier et même politique tant les dégâts collatéraux seraient importants. Il faudra donc que Donald Trump y renonce, ou alors il sera obligé de les abandonner sous la pression comminatoire du Congrès.

Les projets a priori irréalisables et listés par les spécialistes américains seraient les suivants :

1- Le mur à la frontière américano-mexicaine. C’est un projet pharaonique que Trump a comparé à la muraille de Chine et qu'il a imaginé pour barrer la route aux immigrés clandestins. Un mur de 12 mètres de hauteur, de 3 mètres de profondeur (pour empêcher la construction de tunnels) et une longueur de 3200 km. Un tel projet a été chiffré pendant la campagne présidentielle à un montant situé entre 4 et 12 milliards de dollars. Un chantier qui durera plus de 5 ans. Le New York Times a estimé les travaux à 26 milliards de dollars compte tenu des indemnisations d’expropriation de toutes les propriétés qui sont à cheval sur la frontière. Trump voulait faire payer le mur aux Mexicains. Tout cela est complètement invraisemblable.

2- La chasse aux immigrés. Il a parlé de renvoyer ou d’arrêter jusqu'à 10 millions d’émigrés clandestins. Les études récentes font état de 2 millions de clandestins. En dehors de la dimension humaine qui serait insupportable aux yeux du monde entier et donnerait des Etats Unis une image déplorable, l'économie américaine aurait du mal à supporter un départ massif de ses immigrés. Non seulement beaucoup d’activités seraient en panne, mais ce départ provoquerait une pression sur les salaires, insupportable pour beaucoup de petite industries. 

3- La suppression de l’Obama care. L’œuvre de Barack Obama est dans la cible des milieux républicains qui considèrent que c’est contraire à l'esprit de responsabilité individuelle qui appartient à la culture historique de l'Amérique. Pas d’assistance, pas de prise en charge car le mécanisme d’assurance est fait pour couvrir les risques de la vie en toute responsabilité. Or, "Obama care", une prise en charge minimum au bénéfice de tous, a été depuis les années de crise, le seul moyen de subsistance pour beaucoup d’Américains qui n’avaient plus rien. Ni travail, ni maison, ni voiture, ni avenir.

Donald Trump ne pourra pas démonter le système qui est devenu incontournable pour des millions d’Américains. En revanche, il peut très bien en diminuer le coût de fonctionnement. Obama care est mal géré : les organismes de couverture ne sont pas soumis à la concurrence et ils pratiquent des tarifs beaucoup trop élevés. Donald Trump ne rayera pas le système de la carte sociale, mais il pourrait en améliorer le fonctionnement.

4- L’instauration de barrières douanières pour les produits importés. Ce projet est sans doute le plus dangereux pour l’équilibre du monde. Les barrières douanières représenteraient un cout d’arrêt au commerce mondial et c’est à coup sûr ce qu’il faut pour préparer la prochaine crise internationale. Mais l’essentiel des produits manufacturés achetés par les Américains sont fabriqués en Asie (Inde, Chine et différents pays asiatiques dont la Corée du Sud) et beaucoup en Amérique du Sud et au Mexique (l’automobile). Le système américain est incapable de reconstruire un système de production alternatif (il faudrait 20 ans), c'est pourquoi le textile, l’automobile, toute la plasturgie et une grande partie de l’électronique et des accessoires digitaux continueront d’être importés. L’industrie américaine restera plutôt spécialisée dans la recherche, les process, le haut de gamme et le digital.

Alors Donald Trump peut toujours mettre des droits de douanes, qui majorent les prix à la consommation. Comme ces produits n’ont pas de concurrence interne, c’est évidemment le consommateur qui paiera. Trump ne pourra pas se mettre à dos le consommateur américain.

5- Bloquer la relation avec les Chinois sera également impossible et même suicidaire. En contrepartie des importations chinoises, les excédents chinois financent les déficits en Occident. L’Amérique pour sa part accueille des milliers d’étudiants dans ses universités, lesquels rentrent chez eux, diffusent la culture américaine et préparent les marchés. L’Occident importe des produits, mais a besoin des financements et des marchés. 

6- Refuser la lutte contre le réchauffement climatique. Le nouveau président américain peut toujours renoncer à appliquer les dispositions adoptées lors de la COP 21. Ça ne va pas redorer le blason de l’Amérique mais ça sera sans conséquences immédiates. En revanche, s’il relance les productions pétrolières, et surtout de charbon, il indiquera à l'Amérique toute entière que la lutte contre les émissions de Co2 n’est pas sa priorité. Il risque alors d’aller à l’encontre d’une tendance de fond dans l’opinion des nouvelles générations, qui considèrent à juste titre que la protection de l'environnement est non seulement vitale, mais qu'elle peut être créatrice de richesse et d’emplois. L'écologie peut très bien accoucher d’une croissance économique compatible avec l'économie de marché.

Les groupes de consommateurs et d’actionnaires sont très vigilants et font déjà énormément pression sur les producteurs et les industriels pour qu'ils modifient leurs procédés de fabrication. L’action privée est plus importante que l’action publique.

7- Faire croire qu’il abandonnera son salaire de président. C’est ridicule. Donald Trump ne sera pas le seul président à abandonner son salaire de 450 000 dollars par an, mais cet abandon n’aura évidemment aucun effet sur le budget de l'Etat et politiquement il sera très vite contreproductif.

Donald Trump veut montrer ainsi qu'il a de quoi vivre par ailleurs. Il met donc l’accent sur sa fortune (plus de 1, 5 milliard de dollars) et du même coup il met l’accent sur les avantages fiscaux qu’il a négociés tout au long de sa vie. Mais ça n'est pas tout : beaucoup d’Américains pensent que ce geste démagogique peut aussi lui servir à masquer des pratiques peu recommandables que le pouvoir lui faciliterait. Donald Trump aura intérêt à rapidement oublier cette promesse.

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Semper Fi
- 17/11/2016 - 04:44
Changement de paradigme...
... certes le mot est horrible et sonne tout droit sorti d'une copie de concours de l'ENA.... mais c'est bien cela que nous sommes en train de vivre. M. Sylvestre ne veut (peut) simplement pas imaginer qu'un autre monde soit possible. Le pompon de cet article : l'argument sur les "migrants" (comprendre les immigrés clandestins en langage des années 1990)... désormais M. Sylvestre, mais aussi sympathique que puissent être leurs voisins, les américains moyens (comme tous les occidentaux moyens) en ont simplement marre que ceux-ci viennent s'installer dans leur jardin sans y avoir été invités ou autorisés, et c'est certainement là-dessus qu'il sera le plus attendu. Les américains ne sont pas inhumains : ils veulent juste que la loi soit appliquée... simple : immigré légal OK, clandestin : dehors (ouh les méchants !!!!)
gwirioné
- 17/11/2016 - 00:22
Et son élection, était-elle impossible?
M. Sylvestre, dont j'apprécie par ailleurs,les articles, avait-il dit que l'élection de M. Trump était, elle aussi, impossible?
vangog
- 17/11/2016 - 00:02
Sylvestre reprend les mensonges des démocrates
en tentant de leur donner du corps, mais il a bien du mal...eh oh, Sylvestre, l'élection est terminée, alors ce n'est pas la peine de refaire la campagne démocrate, car ils ont perdu! Si Trump a gagné, c'est que ses arguments étaient meilleurs pour une majorité d'Americains. Quand à savoir s'il réussira à faire tout son programme, ou seulement une partie, c'est une question qu'il faudra se poser à mi-mandat ou à la fin. Alors que le mandat n'a pas encore débuté, c'est très, très prématuré!