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Bonnes feuilles

Août 2003 : les premiers morts, les coups de gueule des urgentistes, les alertes des pompiers, les Pompes funèbres surchargées et enfin la prise de conscience de la solitude de nombreuses personnes âgées...

Publié le 17 août 2016
Ce livre revient sur les plus importants accidents climatiques survenus en France, et sur les conséquences de la chaleur et du froid en matière de morbidité et mortalité. Il offre des pistes de réflexion, passe en revue les modalités de défense dont nous disposons pour y faire face. Qu'il s'agisse de moyens artificiels ou naturels. Ce livre a une double ambition : ne plus tolérer un seul décès dû à une chaleur estivale inhabituelle, ne plus admettre notre passivité collective devant la paisible surmortalité hivernale. Extrait de "Canicule et froid hivernal - Comment se protéger ?", du Professeur Jean-Louis San Marco, aux éditions du Rocher 1/2
Jean-Louis San Marco est professeur de Médecine à l’université d’Aix-Marseille, ancien président de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé.
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Ce livre revient sur les plus importants accidents climatiques survenus en France, et sur les conséquences de la chaleur et du froid en matière de morbidité et mortalité. Il offre des pistes de réflexion, passe en revue les modalités de défense dont nous disposons pour y faire face. Qu'il s'agisse de moyens artificiels ou naturels. Ce livre a une double ambition : ne plus tolérer un seul décès dû à une chaleur estivale inhabituelle, ne plus admettre notre passivité collective devant la paisible surmortalité hivernale. Extrait de "Canicule et froid hivernal - Comment se protéger ?", du Professeur Jean-Louis San Marco, aux éditions du Rocher 1/2

Les conséquences de la canicule 2003

Lors de la catastrophe d’août 2003, nous avons enregistré, sur Marseille comme sur le reste du département, un nombre important de décès en excès, même s’il a été significativement moins élevé que dans les autres villes du grand Sud-Est soumises aux mêmes températures. Notre défaite était moins grave, mais c’était quand même une défaite. Il faut cependant rappeler que l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille n’a eu à déplorer que 6 morts dues à la chaleur au cours de ce drame national. Chiffre si peu élevé que certaines bonnes âmes officielles ont interrogé le directeur général de notre établissement pour savoir comment il avait pu dissimuler les autres… Cela, pendant qu’un des responsables des finances de notre CHU nous reprochait – avec le sourire, est-il besoin de le préciser – "le manque à gagner pour notre hôpital, découlant du très faible nombre d’hospitalisations pendant la canicule, alors que dans le même temps, les autres CHU de France se "gavaient" de points ISA…"

La prévention que nous avions mise en train nous avait permis d’être moins inefficaces que nous ne l’avions été en 1983, même si elle avait encore des progrès à faire. Pour autant, ce n’était toujours pas une notion vraiment reconnue, et elle n’était même pas souhaitée par certains de nos responsables…

L’annonce par la Direction générale de la santé (DGS) d’une menace de vague de chaleur, qui était certes formellement correcte, n’avait rien d’une alerte mobilisatrice. Rappelons que la quasi-totalité des médecins de notre pays ignoraient alors tout des effets d’une vague de chaleur, de son danger et des moyens de s’en protéger. Sans revenir dans les détails sur la chronologie de l’été 2003, voici le déroulement des événements : la première semaine d’août avec ses premiers morts. Les coups de gueule du président des urgentistes. Les premières alertes des pompiers de Paris signalant une forte augmentation des appels reçus. Les Pompes funèbres surchargées… Puis, à la fin de la première semaine, l’annonce officielle, non confirmée par les faits, que le danger était passé. Et la débâcle des jours suivants. Notre pays sidéré par ce drame. La prise de conscience de la solitude vécue par un certain nombre de personnes âgées, qui sont mortes en partie à cause de la chaleur, mais aussi parce qu’elles étaient seules, dans des conditions affreuses. 


Après quelques semaines de polémique : l’émergence de l’explication de la catastrophe, le bilan et la lente organisation administrative pour tirer les conséquences de cette crise et se préparer à faire face aux épisodes à venir. Un pays développé avait été frappé de plein fouet par un phénomène qu’il ne connaissait pas et s’est organisé en conséquence. Je garde de cette période l’amertume de n’avoir pas su faire efficacement passer le message adéquat. Sans croire vraiment que cela aurait changé grand-chose à la situation : l’expérience des uns n’est guère utile aux autres. Ce que j’allais apprendre plus tard des canicules précédentes et méconnues a fortement atténué mes remords : cette canicule, au moins, n’a pas été étouffée comme l’avaient été les précédentes…

Extrait de "Canicule et froid hivernal - Comment se protéger ?", du Professeur Jean-Louis San Marco, publié aux éditions du Rocher. Pour acheter ce livre, cliquez ici

 

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