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Les entrepreneurs parlent aux Français
Pourquoi un observatoire de l'ubérisation
Publié le 20 juin 2016
En France tout commence par l’interdiction. La violence aussi. La loi. La fiscalité toujours. Une recette gagnante pour de beaux vainqueurs : les Français.
Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 
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En France tout commence par l’interdiction. La violence aussi. La loi. La fiscalité toujours. Une recette gagnante pour de beaux vainqueurs : les Français.

L’interdiction est l’enfant de la peur, de l’incompréhension, parfois. De la lâcheté souvent. Les politiques l’affectionnent particulièrement. Ils ne comprennent pas le numérique, le digital, l’ubérisation et il est plus simple de bloquer, le temps nécessaire à tenter d’y voir clair. Ou d’enterrer le problème.

La violence est liée à l’incompréhension. L’incompréhension d’acteurs économiques protégés par le législateur depuis des décennies,  transformés au fil du temps en rentiers passifs, oubliant le client qui était acquis quand l’économie numérique vient lui dire « A qui ? ». Ils se sentent logiquement spoliés, car personne n’a tenté d’amortir la chute, rapidement intervenir pour adapter le cadre et tenter d’harmoniser le terrain de jeu pour ne pas en faire un terrain de lutte.

Les taxis en ont été les parties d’iceberg les plus visibles. Ils travaillent dur, même si leur service est souvent mauvais. Ils sont criblés de charges et de dettes, même s'ils font du travail au noir. Ils méritaient que le politique, qui a voulu ce féodalisme, de réagir à temps pour adapter le cadre. Mais c’était trop espérer. La violence, les occupations, les grèves l’ont emporté sur la réflexion et la réforme. Et à ce jour, les solutions trouvées restent temporaires.

La loi. L'arme suprême du politique en mal de compréhension. Le mur. De la honte, car enfant de l’incompétence. Partout dans le monde, certains construisent des murs. Pour repousser, restreindre, réduire, refuser. Pour traiter la conséquence plutôt que la cause. Un mur est un constat d’échec. Le mur du lamentable devant lequel nous devrions tous nous lamenter. La Loi dans le marbre pour une économie numérique et virtuelle. Le marbre à l’heure de l’internet! On imagine la caricature d’un législateur armé de son burin pour graver le protocole IP ! A l’heure du numérique, la Loi devrait être la vitrine des valeurs, la vitrine d’une vision et non l’empilement de réglementations inutiles car dépassées à l’heure même de leur vote, et pesant sur le développement du numérique en France. La Loi n’est ni à sa place, ni une solution. Elle est un mur, qui ne fonctionne que sur sa longueur et laisse tout passer sur ses extrémités.

La fiscalité. Un mot que la France chérit. Le ciment dont est fait le mur. Ce qui unit les briques. La fiscalité serait le bâton qui effraie le mauvais élève, dans une cour, où une fiscalité délirante, l’une des plus élevées d’Europe, chaque acteur est un mauvais élève. Pas un acteur, sauf les salariés, qui ne peuvent y échapper, et qui ne paie ce qu’il devrait payer. Trichant un peu pour desserrer l’étau fiscal, qui punit et interdit la réussite. La fiscalité est aussi agitée comme une preuve de l’indiscipline de l’élève numérique. Oubliant au passage que la plupart des grands groupes trichent et que le numérique n’est que leur héritier, utilisant leurs méthodes !

En clair, le numérique, le digital, trouve en France un terrain peu usuel. Nous souffrons de ne pas avoir de champions du numériques, de taille mondiale. Nous souffrons de start-up, qui ne passent que rarement la taille de guèpe, qui sied aux mannequins, mais peu aux entreprises. Nous souffrons d’un manque de croissance, dans un pays qui n’est pas réformé, non pas à cause des français, mais à cause de leurs dirigeants, qui pensent qu’ils nous ne voulons pas du changement. Quelle blague ! En clair, le numérique n’est pas pensé, réfléchit, ne fait l’objet d’aucune vision, d’aucune ambition. Or il est porteur de croissance si nous lui donnons une ambition, en définissons le contenu, réfléchissons à nos valeurs essentielles, à ce que nous voulons accepter, et ce sur quoi nous ne voulons pas transiger. Il faut un projet et des valeurs. Pour cela, il faut observer, réfléchir, penser et bâtir. Proposer.

Cela aurait pu être le rôle des politiques. Cela n’arrivera pas et ce n’était pas souhaitable de toutes façons Le résultat aurait été triste et dénué d’imagination. La vision ce n’est plus là qu’on la trouve. C’était donc à la société de la proposer. De réunir un panel d’une véritable diversité. Car ce que nous appelons l’ubérisation, par facilité, concerne chaque français et chaque citoyen du monde d’ailleurs. Le dirigeant de groupe du CAC40, attaqué de toute part, et en grand danger potentiel. Le jeune de basse qualification, qui voit les technologies d’automatisation, lui barrer potentiellement la route du retour à l’emploi. Les professions réglementées, que les ubérisateurs attaquent de toute part. Le senior qui voit s’éloigner la perspective du retour à l’emploi, déjà faible. Nos PME, trop petites pour lutter.  Bref, tout le monde !

Il fallait donc réunir tous ceux qui représentent la diversité d’un pays comme la France. Intellectuels, faiseurs. Entrepreneurs et salariés. Gauche et droite.  Hommes et femmes. Régionaux et Parisiens. Jeunes et plus âgés. Et ils sont tous là. Rassemblés pour la première fois dans un groupe dont les positions ne sont pas le reflet de la pensée unique, parisienne et étouffante. Et l’Observatoire est né. Aucun parti pris. Pas d’idées préconçues. Une ouverture totale et des positions souvent contrastées, voire contraires, à aligner et discuter. Et aucune volonté de donner un blanc seing au numérique contre l’économie « ancienne » sous prétexte d’un « béniouiouisme » et d’un devoir d’obéissance à tout ce qui porte culotte numérique. L’observatoire ne lui donnera raison que si il amène un progrès. Or le progrès ce n’est pas le changement, le progrès c’est l’amélioration au bénéfice de l’humanité. Le numérique n’a pas raison sur tout, et notre rôle sera de se poser la question que personne ne pose. Pourquoi ? A chaque pas, nous ne dirons oui au numérique, que lorsqu’il apportera un bienfait à l’humanité.

Cet Observatoire est fait par les français pour la France. Il rassemble autant d’ubérisateurs que d’ubérisés, à qui il offre un have pacifique pour qu’ils surpassent leur différence, et en fasse une source d’énergie. C’est ainsi, en réunissant  les acteurs de cette révolution, que nous pourrons proposer à la France, les mesures qui feront de nous, le champion du digital, avec des champions de taille mondial. Enfin. Les Assises, début novembre, seront la scène qui s’offrira aux mesures proposés pour faire de la France, à nouveau, le plus beau et dynamique pays du monde.

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jacques brachat
- 20/06/2016 - 14:14
empêchons,empêchons il en restera toujours quelque chose
Mais bien sûr il faut interdire c'est le meilleur moyen que rien ne bouge jamais.Par exemple la municipalité parisienne va empecher amazon de livrer de la nourriture dans l'heure.On avait déja empéché les taxis Uber et avec moins de succès essayé d'empecher amazon en core lui d'expédier des livres gratuitement.Pauvre,pauvre pays oû les gouvernants en sont réduits à courir aprés toutes le évolutions pour les combattre comme si un fleuve pouvait remonter à sa source