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Le grand renoncement : comment le pouvoir politique s’est livré au monde de la finance

Publié le 25 février 2012
La crise sociale des années 1980 et la montée en puissance des écoles libérales ont facilité l’émergence de banques puissantes et de marchés financiers efficients. Jusqu'à prendre le pouvoir le politique.
Franck Margain est vice-Président du Parti Chrétien Démocrate et conseiller régional UMP en Ile-de-France.Après des études en finances, il est devenu cadre dans une grande banque internationale. 
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Franck Margain
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Franck Margain est vice-Président du Parti Chrétien Démocrate et conseiller régional UMP en Ile-de-France.Après des études en finances, il est devenu cadre dans une grande banque internationale. 
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La crise sociale des années 1980 et la montée en puissance des écoles libérales ont facilité l’émergence de banques puissantes et de marchés financiers efficients. Jusqu'à prendre le pouvoir le politique.

La crise des années 1980 (choc pétrolier), la montée en puissance des écoles libérales (élection de Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret  Thatcher en Grande-Bretagne) ont amené le pouvoir politique à faciliter l’émergence de banques puissantes et de marchés financiers efficients. 

En France, il est bon de rappeler que le pouvoir socialiste créait dès 1983 toute une gamme d’épargne non taxée (Assurance-vie, livrets, puis Plan Epargne en Actions), afin de faire face au financement de sa politique d’endettement explosif depuis l'accession au pouvoir de François Mitterrand. Avec l’incapacité des gouvernements suivants à contenir les déficits s'est ainsi scellée l’alliance entre politiques et financiers, les derniers bons serviteurs des premiers, toujours plus dépensiers puisqu'en France, les strates successives de dépenses publiques ne font que se superposer.

Mais l’inflation élevée de cette époque entraîna ensuite une réforme importante du financement des États : l’autonomie des Banques centrales, intervenue en France en 1993. La technocratie européenne, largement influencée par l’Allemagne qui, on doit le reconnaître aujourd’hui, est un gestionnaire financier très moyen (dévaluation massive d’avant-guerre, mise sous tutelle des trois quarts des banques privées durant la crise de 2008), décida d’abandonner tout pouvoir politique à la BCE (Banque centrale européenne). L’autonomie rigoureuse de la banque centrale lui accordait ainsi la gestion financière de tout un peuple européen, sans que celui-ci puisse exercer un quelconque regard. Le peuple souverain et ses représentants étaient détrônés.

Un rapide coup d’œil sur les différentes organisations dans le monde met immédiatement en évidence l’importance du contrôle transféré au profit des banquiers centraux. Nos voisins américains, anglais ou japonais, bien plus pragmatiques, n’ont accordé qu’une délégation de leur pouvoir à ce transfert. Et il ne s'agit pas que d'une différence sémantique, mais bien d'une décision fondamentale.

Concernant tout d’abord l'indépendance des banquiers centraux :

- Le plus haut degré revient à l’Eurosystème, notamment en matière de restrictions au financement des Trésors, assises par le Traité qui les proscrit. Seule obligation pour la BCE, rendre un rapport annuel au Parlement européen.
 
- La Fed (réserve fédérale américaine) est moyennement contrainte par le politique, du fait notamment d’un mandat non unique de stabilité des prix. Le Gouvernement Fédéral peut lui assigner temporairement des missions supplémentaires.

- La Banque d’Angleterre l’est encore moins, dans la mesure où ses statuts confèrent à l’échiquier politique un droit de réserve qui l’autorise à reprendre le contrôle de la politique monétaire en cas de « circonstances économiques exceptionnelles » et dans l’intérêt public.

- Enfin, si la Banque du Japon est légalement responsable de la valeur du yen, et conduit les interventions de change, la frappe de monnaie est toujours sous la responsabilité du Ministère des finances, qui décide par ailleurs des interventions de change.
 

Concernant maintenant l’organisation du système bancaire relativement à la création monétaire : les Trésors européens ne peuvent se financer qu’auprès des banques privées, et en aucun cas la banque centrale ne peut leur prêter, contrairement à la banque centrale d’Angleterre ou la Fed, qui elles prêtent à leur Trésor respectif, c'est à dire au gouvernement.

Parallèlement, la politique des dirigeants occidentaux depuis 30 ans a été centrée sur la consommation, et son corollaire de l’endettement. Ils n’ont eu de cesse de recommander la croissance comme solution à tous nos maux... mais la croissance peut-elle l'être vraiment quand elle ne se finance structurellement que par la dette... Ils ont encouragé les ménages à financer 100%  de leurs achats (immobiliers, biens de consommation courante) par l’emprunt. Ils ont donc conduit des politiques publiques dispendieuses, financées également par l’endettement. En contre partie, ils accordaient aux banques la possibilité d'exercer un levier maximum sur le capital détenu.

La baudruche a explosé, et les banques ont pris le pouvoir sur les débiteurs (les ménages et les États surendettés), avec comme épée de Damoclès nos économies, sans oublier leur fragilité face à des créanciers insolvables. Le monde bancaire a donc été propulsé au cours de ces 30 dernières années du rôle de serviteur fidèle à celui de maître sans cœur.

L'exemple italien est venu donner un coup de grâce aux politiques face à ce déséquilibre. L’absence d'éthique, une moralité mise à l'écart des processus de décision, la perte de sens d’une société achetée par la téléréalité, un pouvoir sans vision ni conscience ont renversé l’ordre ancestral : les banquiers ont chassé les politiques pour prendre les rênes. Anciens directeurs des meilleures banques mondiales, ils se sont installés au pouvoir, et décident, gèrent, imposent, sans avoir été élus par le peuple. Ce n’est pas le "printemps arabe", mais "l’hiver financier".

Il est urgent que le politique réinvestisse la sphère financière. Quelques exemples concrets viennent d’outre-Atlantique. En 2011, la Fed a interdit le paiement en numéraire de bonus aux dirigeants des établissements financiers, ceux-ci recevront désormais des actions conditionnées à un engagement sur le long terme. La réflexion doit en effet porter sur le sens de l'activité de l’industrie financière, et pas seulement son rôle.

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brennec
- 26/02/2012 - 11:33
cercle vicieux.
Mauvais titre, il aurait fallu dire: comment les états ont domestiqué les banques. On tourne maintenant en rond: la BCE prète de l'argent aux banques, les banques achètent de la dette souveraine et mettent en pension les oat achetées ce qui leur pemet d'emprunter plus et d'acheter plus d'oat.
gmilady
- 26/02/2012 - 08:22
Merci Sarko...
pour avoir privilégié les plus favorisés, pour avoir appuyé ses amis financiers et patronaux, mis la France dans la m....
Un tel article sur atlantico montre que la droite a perdu la boussole, elle utilise les arguments de la gauche (car les milieux financiers n'ont jamais été combattus par la droite)
Si la france en est arrivée là, c'est bien la faute à l'UMP, Chirac et Sarko
Jean-Francois Morf
- 25/02/2012 - 17:13
Capitalisme: le club des plus intelligents amassera tout!
Même les banques se sont fait avoir en 2008: les Rothschild ont pu faire main basse sur de nombreuses banques à prix réduit et ils contrôlent maintenant la FED, et le gouvernement Fédéral Américain, et même l'Europe, par l'intermédiaire de Goldman Sachs!
Ensuite, en 2011, c'est des Etats entiers qui se sont fait ruiner: les PIIGS, mais aussi la Tunisie, l'Egypte, la Libye, parce que les Rothschild sont plus intelligents que tous les chefs d'Etat du monde entier réunis!
La fortune des Rothschild se chiffre en million de milliards, mais Forbes nous cache les fortunes Rothschild, Rockefeller, Ben-Ali, Mubarak, Gaddafi, Abdallah, Mohammed VI, Khamenei, Suharto, Bush, Blair, tous protégés par le secret bancaire des banques arabes et le secret bancaire de la "Banque d'Angleterre Nominée" réservée aux chefs d'Etat!
Les USA s'attaquent au secret bancaire Suisse, mais jamais au secret bancaire arabe, ni à celui de la banque d'Angleterre"! Des fortunes des milliers de fois plus grandes que celle de Bill Gates échappent à tout impôt, et croîtront inlassablement, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que 7 milliards de pauvres sur la terre, et un club d'hyper-riches très intelligents!