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Des grévistes bloquent l'entrée de la raffinerie de Fos-sur-Mer.
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Grèves : tout bloquer et manifester tous les jours c'est bien beau, mais ça coûte quoi à l’économie française ?

Publié le 25 mai 2016
Alors que plusieurs syndicats appellent à la grève dans leur opposition à la loi Travail de Myriam El Khomri, le coût des grèves reste non négligeable en France, directement mais aussi indirectement.
Gilles Saint- Paul est un économiste spécialiste du marché du travail.
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Alors que plusieurs syndicats appellent à la grève dans leur opposition à la loi Travail de Myriam El Khomri, le coût des grèves reste non négligeable en France, directement mais aussi indirectement.

Atlantico : Raffineries bloquées, grèves à la SNCF et à la RATP... Les mouvements de grèves se multiplient dans un contexte de forte mobilisation contre la loi Travail. Si ces grèves ont un impact sur l'économie, est-il possible de mesurer leurs coûts ? Si oui, comment ?

Gilles Saint-Paul : Il y a d’abord le coût direct dû à la perte de production des établissements empêchés de produire. Cela peut s’imputer en utilisant le chiffre d’affaires des industries considérées. Si par exemple une usine ferme une semaine, on peut évaluer la perte à 1/52ème du chiffre d’affaires annuel de cette usine. Il y a ensuite les pertes induites sur les clients qui ne peuvent s’approvisionner et les fournisseurs qui voient leurs ventes fléchir. Il y a enfin le coût des blocages pour les usagers des transports, qui peuvent s’évaluer en prenant en compte le temps perdu par ces usagers.

Au-delà d'une baisse du chiffre d'affaire des raffineries et stations-service, quelles sont les conséquences indirectes du blocage des raffineries et des dépôts de carburant sur l'économie française ? Comment évaluer la perte d'heures travaillées dans le pays ?

Le secteur du transport est un secteur névralgique puisque l’ensemble de l’économie repose sur lui. Cependant, pour cette raison, le gouvernement sera contraint d’intervenir plus vite que s’il faisait face à une simple grève des transports en commun. Faute de quoi, la situation pourrait devenir politiquement explosive (qu’on se rappelle le blocage du Chili en 1973 qui avait débouché sur le coup d’Etat d'Augusto Pinochet). Si ce n’est pas le cas, les journées de réel blocage resteront limitées, peut-être une petite semaine, et le coût pour l’économie ne sera pas excessif.

Dans un contexte de reprise faible de l'économie française, ces mouvements de protestation, s'ils venaient à se prolonger, sont-ils à même de peser sur les prévisions de croissance de l'année ? Peut-on imaginer un "scénario noir" en ce sens ?

L’impact macroéconomique restera relativement faible, ce qui est en grande partie dû aux effets de report de l’activité d’une période sur l’autre. Ainsi, pour les grandes grèves de 1995, sous le gouvernement Juppé, pendant lesquelles la France avait été paralysée pendant 22 jours, l’INSEE estimait la perte de production à 0,2 ou 0,3 points de PIB. Bien sûr, dans un contexte de croissance anémique, ce n’est pas totalement négligeable. Cela signifie par exemple une croissance de 1,2% au lieu de 1,5%. Mais le vrai coût des grèves est indirect : les grèves ont un impact sur les politiques futures que suivront les gouvernements successifs et sur la faisabilité des réformes structurelles. Ainsi, les grèves de 1995 ont engendré un tel traumatisme que les réformes des régimes spéciaux de retraites sont devenues très difficiles politiquement, avec pour résultat le maintien d’un système inique et un coût financier considérable pour la collectivité. De même, les réformes qui visaient à flexibiliser le marché du travail pour les jeunes, telles que le CIP de Balladur et le CPE de Villepin, ont été accueillies par des protestations ultra-violentes, qui ont eu pour résultat de créer un tabou sur les salaires et les conditions de rupture d’emploi des entrants dans le marché du travail, avec pour conséquence un chômage record pour les jeunes durant de décennies. Avec la loi El Khomri, les syndicats tentent de sacraliser les 35 heures, à cause desquelles la France est le pays développé où l’on travaille le moins au monde. La paralysie psychologique et institutionnelle que produisent ces grèves représente donc un coût considérable.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Bouquemich
- 30/05/2016 - 22:57
D'la cgt un non syndicat
Il défend des fonctionnaires qui n'ont pas besoin d'eux étant déjà plus que protégés
Il vivent grâce aux largesses des comités d'entreprise Edf SNCF ...c'est à dire à l'état qu'ils combattent
Il ont par leur action dans le passé mis en grande difficulté des entreprises ce qui n'a pas aidé leurs employés
Ils défendent leurs intérêts sans se préoccuper des effets négatifs de leurs actions.
Il serait temps de creer des syndicats responsables et de supprimer les inutiles nuisibles
jacques brachat
- 25/05/2016 - 15:23
Le plus aberrant dans cette
Le plus aberrant dans cette histoire de blocage c'est que se sont à la fois ceux qui ne sont pas concernés par la fameuse loi ; employés des services publics les ,plus abusivement favorisés par l'Etat mais qui sont le bras armé de la CGT.En face il est navrant de voir tout ces automobilistes faire la queue en silence comme nécéssiteux attendant le bon vouloir de la CGT et du gouvernement réunis l'une comme organisation crypto terroriste l'autre confit dans ses lâchetés.Puisque l'éléctricité va manquer va-t-on voir les dits automobilistes se précipiter sur les piles rechargeables pour stocker l'électricité?Ce syndicat n'est fort que de la lâcheté de moutons bêlants qu'il trouve en face
vangog
- 25/05/2016 - 12:18
Les fascistes gauhistes bloquent et violent la démocratie!
Cela durait depuis trop longtemps, avec la complaisance des partis archaïques. Nous sommes arrivés au bout de l'impasse gauchiste, et les crétins qui nous gouvernent sont trop bouffis de graisse pour escalader le mur, trop bouffis d'orgueil pour reculer...Malgré les cadeaux de flamby, fin prématurée de cette année de merde et dissolution de l'AN...on y arrive!