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Refus de l’homosexualité, polygamie, charia, interdiction du blasphème… Ce que nous apprend l’enquête choc sur les attentes des musulmans britanniques

Publié le 12 juin 2016
Une récente enquête sur les attentes et les opinions des musulmans installés au Royaume-Uni fait grand bruit outre-Manche. Pénalisation de l'homosexualité, charia appliquée dans certaines zones, radicalisation : certains résultats étonnent, alors que d'après une étude du Pew Research Center de 2015, la tolérance envers l'islam en France, au Royaume-Uni ou encore en Allemagne reste très forte.
Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.Dernier ouvrage : LAÏCITÉ, ÉMANCIPATION ET TRAVAIL SOCIAL L’Harmattan, Sous la...
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Une récente enquête sur les attentes et les opinions des musulmans installés au Royaume-Uni fait grand bruit outre-Manche. Pénalisation de l'homosexualité, charia appliquée dans certaines zones, radicalisation : certains résultats étonnent, alors que d'après une étude du Pew Research Center de 2015, la tolérance envers l'islam en France, au Royaume-Uni ou encore en Allemagne reste très forte.

Atlantico : Une enquête d'opinion menée récemment indique que 52% des musulmans britanniques sont favorables à une pénalisation de l'homosexualité et que près d'un quart (23%) souhaiteraient voir la charia s'appliquer dans certaines zones. Selon vous, faut-il y voir une radicalisation de la communauté musulmane britannique ?

Guylain Chevrier : Comme le voit Trevor Philips, l'ancien chef de la commission pour l'Égalité au Royaume-Uni, c'est un sondage "très préoccupant", qui est le reflet du fait que les musulmans ont beaucoup de mal à s’intégrer en Angleterre, avec le constat d’un repli plus grand que dans les années 1980. Mais parallèlement, M. Philips fait aussi la critique du système du multiculturalisme, qui n’est pas pour rien dans cette situation. De ce point de vue, on découvre un peu "la lune".

Rappelons que l’on a laissé se développer dans ce pays des tribunaux islamiques, qui sont libres d’appliquer ce que l’on appelle doctement "la charia courte". L’application de la charia a été soutenue par l’archevêque de Canterbury, Dr Rowan Williams, et Lord Phillips, le chef de la magistrature qui a démissionné, justifiant, dans un contexte multiculturel, qu’il n’y aurait aucune raison pour que les décisions fondées sur les principes de la charia ne soient pas reconnues par les tribunaux nationaux (sic !).

En Grande Bretagne, des tribunaux islamiques peuvent rendre des décisions sanctionnées par la High Court, l’équivalent de notre Cour d’Appel, coiffés par le Hijaz College Islamic University à Nuneaton (à l’est de Londres), siège du Tribunal arbitral musulman (Muslim Arbitration Tribunal (MAT)), dirigé par Faisal Aqtab Siddiqi, un juriste rigoriste d’origine somalienne. Une évolution qui s’est inscrite dans une réforme du système juridique britannique, permettant que ces tribunaux moyenâgeux puissent traiter des sujets commerciaux, civils et matrimoniaux...

Ces tribunaux ne peuvent émettre de décisions d’ordre pénal, ce qui veut dire que pour l’instant, les flagellations, les amputations et les lapidations ne sont pas autorisées en Grande-Bretagne. Ceci étant, c’est la fin de l’égalité hommes-femmes, la charia permettant la répudiation et le traitement inégal en matière d’héritage : les filles reçoivent la moitié de la part dont héritent les fils. Ceci est présenté par le juriste somalien comme un "enrichissement du droit britannique". Un rapport récent explique que bien d’autres décisions de même nature ont lieu en totale contradiction avec les droits de l’homme, telles que l'approbation des mariages polygames ou le fait que soit entériné le devoir de la femme d’avoir des rapports sexuels avec son mari sur demande. Ce rapport relève que les fatwas (décrets religieux) publiés sur les sites Internet des mosquées britanniques témoignent des principes qui sont mis en application par les tribunaux de la charia. Le Conseil musulman de Grande-Bretagne a condamné l’étude pour "incitation à la haine". On appréciera…

Un porte-parole a réagi en expliquant que "les conseils de la charia sont parfaitement légitimes. Il n’y a pas de preuves qu’ils soient intimidants ou discriminatoires contre les femmes. Le système est purement volontaire et si les gens ne l’aiment pas, ils peuvent aller ailleurs". Il n’y a pas une loi en Angleterre mais chacun sa loi ! Une pratique du droit pourtant contraire aux normes de la Cour européenne des droits de l’Homme. Philip Davies, député conservateur de Shipley, a déclaré : "Tout le monde devrait être profondément préoccupé par le nombre de ces tribunaux. Ils divisent la société et ne favorisent en rien l’intégration ou la cohésion sociale. Ils mènent à une société ségrégationniste".

Sur les thèmes de la famille, de la sexualité, des juifs, de la violence et du terrorisme, les positions des musulmans se révèlent, selon ce sondage, très éloignées de celles du reste de la population. Un musulman sur six affirme vouloir vivre davantage à part (des non-musulmans). Ce que l’on voit monter derrière ces 23% de musulmans qui souhaiteraient voir la charia s'appliquer dans certaines zones, c’est la volonté de vivre à part, de former sur ce fondement "une nation dans la nation", comme cela est pointé par plusieurs observateurs outre-Manche, qui commentent ces chiffres. Cette situation est une véritable bombe à retardement !

Le meurtre à Glasgow du commerçant musulman Ahmadiyya Asad Shah par un autre musulman lors des fêtes de Pâques a ému le Royaume-Uni. Quelle proportion représente cette frange ultra-radicale qui rejette la société européenne au point de s'en prendre aux musulmans qu'elle juge "trop bien" intégrés ? Y a-t-il des marqueurs identitaires qui jouent ici, tels que le pays d'origine ou autres ?

Guylain Chevrier : Le même sondage révèle que 4% des musulmans interrogés disent comprendre les personnes qui prennent part à une action kamikaze. On peut imaginer ce que cet état d’esprit comprend de risques, surtout dans le contexte qui vient d’être exposé.

Pour se faire une idée encore plus précise de ce contexte, il faut aussi prendre en compte le fait qu’il existe, comme un documentaire de la BBC (épisode du magazine d'investigation Panorama) l’affirme, des écoles coraniques qui expliquent à leurs élèves les procédures d'amputations sur les voleurs et les méthodes d'exécution concernant les hommes reconnus coupables d'homosexualité. Il s’agirait selon cette source de "40 écoles coraniques appartenant au réseau Saudi Students Clubs and Schools in the UK and Ireland, enseignent le strict cursus national saoudien en utilisant des manuels qui versent parfois dans l'antisémitisme ou l'homophobie et qui n'hésitent pas à aborder les aspects les plus durs de la charia".

On a ici largement de quoi comprendre les tensions qui peuvent traverser la société britannique mais aussi entre les musulmans, entre ceux qui sont dans la logique des fatwas et ceux qui sont dans celle d’une intégration qui peut être considérée par les premiers comme un sacrilège. Quant à l’origine, on voit toute l’influence du salafisme venu de l’Arabie Saoudite, un phénomène que l’on connait aussi chez nous avec une prépondérance croissante des pays du Golfe qui supplante l’influence des pays du Maghreb. Il en résulte un repli communautaire croissant, à la mesure d’exigences religieuses de plus en plus rigoureuses, reflétant une lecture à la lettre du coran et de la tradition.

Alors que de plus en plus de migrants de culture musulmane cherchent à atteindre le Royaume-Uni, le pays est-il prêt à surmonter ce défi ? Le modèle communautariste anglo-saxon ne risque-t-il pas d'être sévèrement remis en cause ? 

Guylain Chevrier : Les dirigeants anglais croient dans un équilibre qui permettrait de concilier ménagement des pays du Golfe avec lesquels ils entretiennent des relations d’intérêts de longue date, et le fait de laisser filtrer leur influence jusqu’au cœur de la société anglaise à travers l’encadrement des musulmans vivant sur le sol du royaume. Au travers des attendus de ce sondage, on voit bien ici qu'on arrive à un point de bascule, alors que l’immigration qui rejoint l’île vient principalement de pays qui ont l’islam pour religion d’Etat, et de régions où déjà l’influence des pays du Golfe, peu ou prou, est prépondérante, jusqu’au théâtre de conflits armés dans lesquels ils sont engagés.

La remise en cause du multiculturalisme anglais est à la fois flagrante et actée, si on se réfère aux propos de David Cameron qui s’est déjà exprimé sur le sujet pour dire que ce système était un échec. Mais évidemment, ce pays est empêtré aujourd’hui dans de telles contradictions de ce point de vue, que parler d’intégration devient une véritable gageure.

On explique que les chiffres de ce sondage doivent cependant être relativisés par le très large sentiment d'appartenance des musulmans à la nation anglaise (86% des personnes interrogées). 88% affirment ainsi que la Grande-Bretagne est un bon pays pour les musulmans… Mais n’est-ce pas là une lecture inversée, car cet avis positif, ne serait-il pas le fait du multiculturalisme et de cette prédestination communautaire qui est celle des migrants, qui sont appelés à rejoindre une communauté bien plus que le sol anglais, en tant que tel ?

"L'intégration des musulmans britanniques est probablement la tâche la plus difficile à laquelle nous devons faire face", soutient Trevor Phillips, selon des propos relatés par The Independent. "Cela requiert l'abandon du robinet d'eau tiède du multiculturalisme, encore adulé par certains, et l'adoption d'une approche beaucoup plus musclée de l'intégration". C’est un changement de société auquel il faudrait appeler, auquel la société anglaise n’est absolument pas prête, en-dehors d’une tragédie majeure capable d’accélérer les choses qui lui pendent au nez.

La France connaît-elle des problèmes aussi graves avec sa population de culture musulmane ? Notre modèle français est-il plus à même d'éviter un tel décalage entre une partie des musulmans et le reste de la société ? A quelles conditions ?

Guylain Chevrier : Si la France ne connaît pas les mêmes problèmes, c’est en raison de son modèle républicain égalitaire d’intégration qui facilite le mélange et résiste aux mises à part. Les ghettos ethniques, lorsqu’ils existent, ne sont que la résultante d’une situation qui n’est nullement le propre d’une volonté politique, mais le fait d’un phénomène qui est celui de ghettos sociaux qui sont trop souvent aussi des ghettos d’immigrés et donc la conséquence d’une situation économique qui opère par défaut, non un modèle d’organisation de la cité ayant vocation à séparer.

Pour autant, rappelons qu’en octobre 2014, l’institut Sociovision rendait publique une enquête qui révélait que seuls 50% des musulmans disent préférer une société qui respecte la neutralité en matière de religion alors que 82% du total des personnes interrogées le souhaitent, montrant une tendance chez les musulmans pratiquants à considérer comme normal de faire passer leurs valeurs religieuses avant celles de la société. L’enquête révélait encore que 37% des musulmans interrogés considéraient comme acceptable le fait qu’un homme refuse de serrer la main d’une femme ! Sous les auspices de ces éléments éclairants, le défi que connait là l’Angleterre doit nous laisser d’autant moins indifférents, alors qu’il est question de ne pas céder aux voix qui nous incitent en France à rejoindre le modèle anglais, sous prétexte de reconnaissance des différences.

Une partie de la gauche radicale y est foncièrement favorable, elle qui a ses liaisons dangereuses avec le Parti des indigènes de la République avec une dose d’Emmanuel Todd. Mais plus insoupçonné, sur fond de cette grande cause qu’est à leurs yeux celle des Palestiniens, Stéphane Hessel avec Edgar Morin dans leur ouvrage Le chemin de l’espérance (Fayard, 2011) s’exclament, en en appelant à corps et à cris à la reconnaissance des différences pour dire : "Les Américains s’offusquent-ils, à New York, de Harlem, du Bronx, de quartiers entiers noirs, portoricains, juifs, italiens ou chinois". On voit là toute la confusion qui règne, et le lâcher-prise d’une telle position au regard de ce qui fonde l’intégration républicaine, la citoyenneté, qui, si elle n’est pas portée avec une volonté politique sans faille au-dessus des différences, perd tout son sens, avec éclatement de notre société à la clé. On doit avoir à l’esprit le fait qu’en un an, on a vu plus que doubler le nombre de candidats au jihad pour atteindre le chiffre record de 8500 environ. Ceci, sachant que le communautarisme qui prend forme en France joue en faveur de la radicalisation, entre affrontement avec la République, ses valeurs, ses lois, et fermeture dans l’ombre de laquelle les endoctrineurs peuvent faire leur travail de radicalisation.

En lisant l’ouvrage récent (2015) des éditions Bréal, consacré à 100 fiches pour comprendre l’islam, on mesure ce que l’on refuse de voir et la banalisation qui risque bien un jour de nous rattraper, à croire pouvoir faire usage de ce luxe incroyable de se raconter des histoires pour justifier on ne sait quelle non-stigmatisation. A propos de la charia, sur laquelle se conclut l’ouvrage de façon extrêmement sommaire, on explique : "La grande majorité des habitants musulmans de ces sociétés favorables à l’application de la charia pensent que le règne de la charia serait susceptible d’instaurer un Etat de droit garant d’un ordre social plus juste. La charia, en effet, est aussi une doctrine sociale qui, à bien des égards, fait penser à la doctrine sociale de l’Eglise". On renverra les auteurs aux éléments précités pour qu’ils s’éclairent mieux des dangers que cette loi religieuse qui nous vient du VIIe siècle, autrement dit de sociétés violentes et patriarcales à l’articulation de l’antiquité et du Moyen-Âge, contient d’archaïque et de contraire à ce que l’on considère comme les droits élémentaires de l’homme et, surtout, de la femme.

On mesurera ici combien le débat n’est pas clos en France sur le sujet de l’intégration et du multiculturalisme, ainsi que sur celui de l’état des risques qui pèsent sur notre société au regard des enjeux. C’est particulièrement vrai concernant l’arène politique, au regard d’échéances à venir où les musulmans constituent un électorat à conquérir, et pour certains, coûte que coûte.

Au-delà des cas britannique et français, quel état des lieux peut-on faire de l'intégration des musulmans chez nos voisins européens (Pays-Bas, Allemagne, etc.) ?

Virginie Guiraudon : Les Pays-Bas sont un des pays où on a qualifié deux grandes communautés de migrants - turque et marocaine - de "migrants musulmans", mot valise utilisé pour désigner des migrants de travail, puis plus tard leurs familles, et enfin quelques "sans papiers" turcs et marocains. La situation néerlandaise est intéressante car ce pays est fondé sur des "piliers" catholique, protestant et non confessionnel qui structurent la société (écoles, syndicats, universités, associations etc.) alors même que la société s'est sécularisée. L'Islam aura donc pu être un "quatrième pilier" et, dans les années 1970, on a vu les maires essayer d'être accommodants avec les demandes des musulmans, par la création de carrés musulmans dans les cimetières ou l'autorisation des sacrifices rituels. Puis dans les années 1980 la politique envers les minorités (1983) a contribué à l'institutionnalisation de l'Islam, et la lutte anti-discrimination venant des associations comme du gouvernement a rendu en partie visible les discriminations envers ceux considérés comme "musulmans", car marocains ou turcs. Mais en réalité l'opinion publique considère dès cette période que ces personnes vivent entre elles et ne s'intègrent pas (bon on  peut se demander si les "autochtones" ont cherché à les fréquenter...) Même si les néerlandais trouvent en majorité au début 1990 les mosquées jolies et expressions de diversité culturelle...Bon on écoles privées musulmanes (37) ou instruction religieuse dans les écoles (mins fréquentes), 400 lieux de culte...

Le backlash politique contres les musulmans commence très tôt: en 1991 avec la déclaration du chef du parti de droite néo- libéral où il pointait la contradiction entre la civilisations européenne et chrétienne et la culture du Moyen-Orient et de l'Islam. Depuis c'est presque 25 ans de partis anti-musulmans qui émergent ont des succès électoraux disparaissent puis sont remplacés par d'autres toujours plus radicaux. De Pim Fortyun à Gert Wilders en passant par Rita Verdonk. La décennie 2000 avec et l'engagement des intellectuels islamophobes comme Paul Scheffer qui écrit "la tragédie multiculturelle" en 2000, puis le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le succès du LPF de Pim Fortyn gay et dénonçant l'homophobie des musulmans (2002), le meurtre de Theo Van Gogh réalisateur de "Soumission" en 2004 font le une des médias et retourne l'opinion néerlandaise. Les voyants sont au rouge dans une étude du Sociaal and Cultureel Planning Bureau de 2004: 68% de sondés qui pensent que les musulmans sont trop nombreux, 53% craignent des attentats et  75% ont peur qu'un de leurs enfants épousent un(e) musulman(e)...

Et pourtant, il y a aujourd'hui de nombreux signes d'intégration des populations d'origine turque ou marocain leur représentation politique 5% de députés qui se disent musulmans ce qui correspond grosso modo à leur % dans la population (5.7% selon l'Office central des statistiques qui se basent des estimations en fonction des pays d’origine) sans parler de l'élection d'un musulman à la tête d'un des grandes villes des Pays-Bas, Rotterdam. Les musulmans ont des meilleurs résultats à l'école ceteris paribus. C'est la discrimination à l'embauche qui est le problème numéro 1 pour les populations musulmanes aux Pays-Bas.

 

Mais contrairement à la France la loi sur la Burqa a été abandonnée comme inutile (seulement 150 femmes concernées d'après un rapport préliminaire) donc on reste dans une contexte où le pragmatisme (valeur revendiquée par les néerlandais du quidam au premier ministre) peut parfois l'emporter le pas aux politiques symboliques si prisées en France...

En 2015, une étude du Pew Research Center montrait que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne avaient l'avis le plus favorable en Europe envers la population musulmane (76%, 72% et 69%). Que penser d'un tel constat, au regard du nombre (important) de musulmans dans ces pays ? L'Europe du nord est-elle plus tolérante envers l'islam que l'Europe du sud, notamment lorsqu'on regarde la situation en Espagne et en Italie (52% et 31% d'opinion favorable) ?

Virginie Guiraudon : L'Europe du Nord ce serait plutôt la Scandinavie et elle est diverse: la Suède ouverte pour les réfugiés dont des chiites et sunnites d'Irak, d'Iran de Somalie etc.), le Danemark plus strict.

Pour la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, il y a plus de connaissances de l'Islam plus ancienne et une fréquentation de populations musulmanes (même s'il y a ségrégation spaciale) qu'en Espagne et en Italie parmi la population récente qui a accueilli plus tard des migrants (années 1990-2000), plus on connait les gens moins on fantasme...Mais à noter dans beaucoup de pays il y a eu des attentats revendiqués par des musulmans radicaux (Atocha 2004, Londres 2005, France 2012, 2015...) et cela n'a pas des effets clairs: on reste selon Pewglobal plus tolérant en France et au R-U qu'en Espagne. je dis çà car le sondage annuel PEW a commencé après le 11/09 et donc pour mesurer quelque part l'effet des attentats.

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KOUTOUBIA56
- 20/04/2016 - 21:47
en lisant les opinions des
en lisant les opinions des uns et des autres cela est criant que 80% des francais considèrent que ces gens là n'ont rien a foutre chez nous. l'illusion que ces gens là sont intégrable est un mensonge immense.
a ce train là il n'y en a pas pour 10 ans qu'ils nous mèneront par le bout du nez
foxlynn
- 20/04/2016 - 21:27
désolée ...
mais pour connaitre des personnes qui habitent dans des cités ... on n'est franchement pas étonné .... une enquête choc ? .... et pourtant , ça fait combien de temps que des musulmans disent tout haut que ça va mal finir !!!
Gré
- 20/04/2016 - 18:40
La barbe !!!
Je lis : "Mais en réalité l'opinion publique considère dès cette période que ces personnes vivent entre elles et ne s'intègrent pas (bon on peut se demander si les "autochtones" ont cherché à les fréquenter...)" Ne vous demandez pas, la réponse est oui. Je le sais bien pour avoir fait l'expérience du rejet des parents turcs récemment immigrés qui refusaient que leurs enfants jouent avec nous. C'était dans les années 70. L'actualité prouve que cela n' a changé depuis. Mais, de manière géniale, ces personnes ont réussi à retourner l'accusation de rejet. Evidemment, quand on n'a pas vécu le problème de près, on est prêt à tout croire.