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Retour sur 20 ans de mauvais choix d’investissement dans l'Education nationale (alors même qu’augmenter les profs par exemple était possible)
Publié le 11 mars 2015
Le 24 juin 1997, le ministre de l’éducation Claude Allègre manifestait sa volonté de réduire le budget de l’enseignement en France. Près de 20 ans après, ses vœux ont été, en partie, exaucés. Mais pas forcément selon les circonstances prévues.
Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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Le 24 juin 1997, le ministre de l’éducation Claude Allègre manifestait sa volonté de réduire le budget de l’enseignement en France. Près de 20 ans après, ses vœux ont été, en partie, exaucés. Mais pas forcément selon les circonstances prévues.

La première méthode de mesure revient à comparer le niveau de dépenses publiques consacrées à l’enseignement et l’évolution du PIB du pays. De ce point de vue, la France dépensait 5.72% de son PIB en 1995 au titre de l’éducation contre 5.51% à la fin 2013. Si l’écart semble faible, il équivaut quand même à une somme 4.5 milliards d’euros. 

Graphique : Dépenses d’enseignement en % de PIB (Source : INSEE)

 

Une réduction des dépenses qui se manifeste, plus précisément, en détaillant entre d’une part l’enseignement secondaire, et d’autre part l’enseignement pré-élémentaire et primaire. 

Graphique : Dépenses d’enseignement détaillées en % de PIB (Source : INSEE)

Les deux catégories considérées évoluent ensemble : à la baisse. A l’inverse, la partie résiduelle consacrée à l’enseignement supérieur, soit 12% du total, progresse un peu plus rapidement que le PIB, mais ne suffit pas à compenser la tendance générale. De la même façon, le montant des rémunérations des personnels de l’enseignement ont diminué, en pourcentage de PIB. Passant de 4.24% du PIB à 3.75% en 2013.

Graphique : Dépenses d’enseignement consacrées à la rémunération des salariés en % de PIB (Source : INSEE)

Le plus souvent, cette lente érosion se trouve justifiée par la baisse du nombre d’élèves et d’étudiants en France. Mais, contrairement à cette idée reçue, les effectifs n’ont cessé de progresser au cours des 35 dernières années si l’on tient compte de l’ensemble des personnes concernées; c’est-à-dire des élèves et des étudiants :

Graphique : Total des effectifs d’élèves et d’étudiants France (Source : INSEE)

En ne tenant compte que des effectifs du primaire et du secondaire, les effectifs sont, par contre, stables, à 6.7 millions de personnes. Dans le même temps, le nombre d’enseignants de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur est passé de 1.005.138 en 2004 à 911.741 en 2012, c’est-à-dire une baisse de 9.3% des effectifs. Entre 1994 et 2012, la baisse est moins prononcée, mais reste réelle à -3%. Une baisse des effectifs qui aurait pu justifier la mise en place de meilleures rémunérations, car comme l’indique la Cour de Comptes :

"Les enseignants français gagnent entre 15 et 20 % de moins que leurs homologues des États membres de l’Union européenne et des pays membres de l’OCDE, à leur début de carrière comme après 15 ans d’ancienneté. Même corrigées du temps de travail, ces données restent sensiblement défavorables aux enseignants français, surtout dans le primaire."

L’intensité de la dépense publique relative à l’enseignement a donc faibli dans le pays au cours des 20 dernières années. Entre 2000 et 2013, le niveau de dépense par élève ou étudiant s’est affaissé relativement à la progression du PIB. Quand le premier progresse de 37%, la seconde avance de 42%, à prix courants.

Et justement, c’est bien là qu’intervient l’effet le plus destructeur des dernières années sur les moyens consacrés à l’éducation. Car si la majorité des chiffres évoqués jusque-là étaient principalement exprimés en pourcentage de PIB, il est important de souligner que la crise a provoqué un déraillement complet de la tendance de croissance qui prévalait en France dans la période antérieure. Le chemin que le PIB se traçait entre 1995 et 2008 a été profondément bouleversé.

En effet, alors que la France connaissait un niveau de croissance à prix courants correspondant à une progression de 4% par année, la crise a totalement modifié ce rythme. La sortie de l’orbite est visible ci-dessous :

Graphique : PIB courant France contre tendance pré-crise

Pourquoi est-ce important ? Parce qu’il s’agit ici de mesurer les dépenses publiques d’éducation par rapport au potentiel économique du pays. La France avait le potentiel de croître selon la tendance indiquée, et les dépenses d’éducation pouvaient suivre le même rythme. Et ce, pour un niveau de dépense constant en pourcentage. Et lorsque l’on compare les dépenses d’enseignement par rapport à cette tendance, l’écart se creuse alors lourdement :

Graphique : Evolution des dépenses d’éducations contre tendance évolution du PIB sur base 95-2008

La différence atteint alors 25 milliards d’euros par rapport au potentiel du pays, c’est-à-dire près de 20% des dépenses actuelles consacrées à l’enseignement. La crise que connaissent la France et l’Europe depuis 2008 fait payer un lourd tribut à chaque catégorie de la population, et l’éducation n’y fait pas exception.

Parce dans le même temps, d’autres pays connaissent la croissance et sont ainsi en mesure d’en faire profiter leurs élèves et leurs étudiants. Ce qui n’est pas le cas de la France, qui voit sa position relative se fragiliser progressivement. Si la part qualitative de l’enseignement reste une priorité pour les publics, l’aspect quantitatif ne peut non plus être ignoré.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Anouman
- 11/03/2015 - 21:35
Ecarts
Quel théorème nous dit que les dépenses d'enseignement devraient suivre l'évolution du PIB? Aucun. Y-a-t-il un intérêt à augmenter des dépenses d'éducation qui forment 15 à 25% d'illettrés? Aucun.
Si les dépenses d'éducations sont concentrées sur ceux qui méritent qu'on s'intéresse à eux parce qu'ils ont la capacité d'apprendre et de progresser alors on peut encore largement les diminuer.