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Economie collaborative

BlaBlaCar, le succès qui faisait grincer des dents...

Publié le 11 mars 2015
La grande place de marché de covoiturage marche de mieux en mieux. Pourquoi est-ce que ça ennuie les grognons ?
Hugues Serraf est journaliste et directeur de la communication de Drivy, la plateforme Internet de location de voitures entre particuliers.
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La grande place de marché de covoiturage marche de mieux en mieux. Pourquoi est-ce que ça ennuie les grognons ?

BlaBlaCar, vous connaissez ? Sûrement. C’est LA grande réussite française du Web collaboratif -- celle qui s’exporte déjà aux quatre coins de l’Europe et transporte des gens par dizaines de milliers en attendant qu’Emmanuel Macron libère enfin les autocars intercités qui piaffent d’impatience dans leurs garages…

Ca marche tellement bien que tout le monde devrait se féliciter de son succès et, de fait, les étudiants délocalisés qui peuvent désormais faire des allers-retours Rouen-Paris et ramener leur linge sale à maman pour moins cher qu’un passage au lavomatic sont les premiers à se réjouir.

On affirme même, dans certains milieux, qu’ils sont nombreux, en cité U, à avoir un poster de Frédéric Mazella, le fondateur de la boîte, au-dessus de leur lit mais je ne suis pas allé vérifier.

Pour autant, ils sont aussi quelques uns à grommeler dans leur coin au motif qu’en se professionnalisant, le pionnier du covoiturage s’est vendu au capitalisme marchand. « Dans le temps, expliquent ces grincheux, le covoiturage était un truc de gentils progressistes. On allait sur un site à balises HTML apparentes, on trouvait un type avec une queue de cheval qui se rendait à une manif contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le barrage de Sivens en 4L, on lui donnait de quoi mettre de l’alcool de betteraves bios dans son réservoir et vogue la galère… ».

Désormais, BlaBlaCar est passé à l’échelle industrielle, demande une commission que l’on paie en ligne avec une carte de crédit et le type à queue de cheval a de bonnes chances d’être un commercial Unilever en costume, en partance pour un business meeting au Novotel de la ZI de Poitiers-Sud dans son Opel Astra. La poésie en prend un coup.

La poésie. Mais pas l’efficacité. En devenant une vraie place de marché, BlaBlaCar a fait du tort aux mini-site locaux, c’est incontestable, mais à multiplié les opportunités de tomber sur le trajet que vous cherchez, même le plus farfelu. Et seule cette massification permet de dénicher une voiture qui, comme vous, veut faire un Romorantin/Saint-Saturnin-lès-Avignon mardi prochain à 4h du matin.

En demandant aux gens de payer en ligne, BlaBlaCar aide à accroitre les profits des banques et du GIE Carte Bleue, personne n’en doute, mais il a quasiment éliliné les petits rigolos qui oubliaient de se pointer le jour du départ et, surtout, les conducteurs qui faisaient du surbooking pour s’en prémunir.

En développant un système de réservation rapide en trois clics, BlaBlaCar n’a sans doute pas permis un grand bond en avant dans les rapports humains, mais il a supprimé les 75 conversations téléphoniques autrefois indispensables au remplissage d’une auto -- même toute petite et bardée d'autocollants antinucléaires.

Du coup, BlaBlaCar est un peu le symbole de cette économie collaborative parvenue à maturité, au sens où il permet toujours de faire ce qu’il est né pour faire mais en mieux, tout en se développant comme un vrai business qui recrute des gens, paye des impôts et -- mais oui, c’est comme ça --, rémunére les investisseurs ayant un beau jour pris le risque d’y placer leurs économies. 

Est-ce que c’est mal ? Je vous laisse en débattre avec le commercial d’Unilever en Opel Astra et le zadiste en 4L. Ca vous occupera pendant le trajet.

 

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le Gône
- 12/03/2015 - 08:51
ah bon...
ca surtout été racheté par la SNCF!!
Texas
- 11/03/2015 - 21:26
Et toutes ...
....ces taxes sur le transport , qui ne rentrent plus .