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Pour l'exemple

Un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce ? Zut alors !

Sauver la Grèce, c'est sûrement une bonne chose, mais quelle terrible déception pour nos "rouges-bruns"...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Lorsque je laisse triompher mes mauvais instincts car, tout comme vous, j'ai parfois de mauvais instincts mais je me débrouille pour ne pas les laisser triompher trop longtemps, ou du moins en public, je regrette presque qu'un accord ait pu être trouvé entre l'Europe et la Grèce.

 

Mon bon côté se réjouit évidemment qu'une nouvelle cargaison de quelques dizaines de milliards d'euros ait pu être imprimée en catastrophe pour payer les retraites et les traitement des fonctionnaires hellènes (c'est le rôle d'un bon côté de faire le distinguo entre des individus comme vous et moi et un pays gouverné de travers) mais, pour le reste, on loupe une magnifique occasion de démonstration in vivo de l'altermonde rêvé par nos deux Fronts, celui d'extrême droite et l'autre.

 

Sans ce compromis de la onzième heure, la Grèce aurait auto-effacé sa dette (qui est simultanément inique et fictive, n'est-ce pas ?), se serait privée de la possibilité d'emprunter à nouveau (mais qui veut vraiment avoir recours aux marchés financiers, cet enfer capitaliste?), serait revenue à la drachme (qui aurait été dévaluée de moitié mais c'est bon pour le tourisme, non?) et se serait transformée en satellite russe (ce qui serait admirable car les Russes n'aiment pas les Américains).

 

On aurait pu alors contempler, tous les soirs au JT, ce que donne l'application pure et intègre du fameux souverainisme rouge-brun que nous promettent Jean-Luc et Marine et ça aurait sans doute vacciné les adorateurs des deux tribuns pour un moment. Alternativement, la Grèce serait peut-être aussi devenue un pays de cocagne où coulent le lait et le miel antilibéraux et nous aurions pu leur emboîter le pas en demandant fissa l'adhésion à la nouvelle Union économique orthodoxe athéno-moscovite et en déclarant la guerre à l'Allemagne.

 

Mais bon, heureusement pour les individus comme vous et moi de là-bas, mon mauvais fond n'a encore pas triomphé ce coup-ci. Alléluia.

 

Des corsaires contre les terroristes ?

 

Si la nouvelle mode, chez les terroristes, est d'attaquer les militaires qui nous protègent, justement, des terroristes, on a un gros problème. On pressent qu'il va falloir inventer une nouvelle institution capable de protéger les militaires pour qu'ils puissent continuer à nous protéger mais on ne voit pas bien à quoi elle pourrait ressembler.

 

C'est qu'ils sont malins, les terroristes. Ils détectent les failles du système et s'y engouffrent prestement. Dans le passé, on avait inventé les corsaires, qui étaient des sortes de pirates légaux qui s'en prenaient à nos ennemis pendant que la marine militaire officielle était occupée ailleurs. Oh, je ne dis pas qu'il faudrait susciter des vocations chez des terroristes gentils qui attaqueraient les terroristes méchants, parce qu'on finirait par ne plus savoir si les bombes qui explosent dans les raffineries de pétrole ou les kalachnikovs qui défouraillent sont à mettre au compte de la bonne ou de la mauvaise cause, ne vous méprenez pas.

 

Non, je dis juste qu'il nous faut de l'imagination, un peu comme lorsque Ségolène promettait, si elle était élue, de faire raccompagner les policières chez elles après leur service, lesquelles auraient probablement eu pour mission de raccompagner leurs raccompagnateurs après qu'il les aient préalablement raccompagnées, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Le retour du fameux "mannequin chez Olida" ?

 

Je n'avais jamais réfléchi aux similitudes entre le métier de coureur cycliste et celui de mannequin, sans doute parce que les secondes s'habillent mieux que les premiers. On nous explique pourtant qu'ils souffrent désormais de la même maladie professionnelle : le rachitisme.

 

Officiellement, ce serait parce que les coureurs du Tour de France ont une alimentation optimisée, quand les marcheuses de la fashion week n'ont pas d'alimentation du tout, mais des chercheurs suggèrent que c'est plutôt qu'ils abusent du même genre de substances qui aide à garder la forme en période d'effort. C'est marrant parce que ça donne une idée pour éliminer d'un trait de plume la douloureuse question du dopage dans le vélo : le bannissement des pédaleurs dont l'Indice de Masse Corporelle s'écarte trop de la moyenne comme dans la mode.

 

On aurait de gros cyclistes bien gras ; les gens qui les regardent transpirer dans les cols depuis leur canapé en éclusant de la bière pourraient s'identifier plus facilement ; les boîtes de l’agro-alimentaire qui sponsorisent déjà la voile, comme Fleury-Michon et Olida, pourraient financer des équipes de grimpeurs sans ironie. Bien sûr, ça irait moins vite, mais là encore, ça permettrait aux spectateurs torse nu et en bob Ricard qui aiment cavaler derrière eux le long des routes de tenir le rythme et d'être vus plus longtemps par les collègues restés devant leur télé.

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