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Revue de presse des hebdos

Sarkozy revient, épisode 12 ; Sapin 1 - Croissance 0 ; Moscovici : "Je suis le meilleur pour le Job" ; Mistral : l'épine dans le pied du président et les services secrets français à l'honneur

Pas de vacances pour les hebdos, le plein d'infos pour les plaisanciers. Cette semaine, le Mistral pose un gros problème à François Hollande, le renseignement français est à l'honneur, et les Juifs de France sont inquiets. Une carte postale de Nicolas Sarkozy, Michel Sapin face au mur, Arnaud Montebourg en a assez, et Pierre Moscovici estime "qu'il est le meilleur". En route pour le mois d'août des hebdos.

Cette semaine, c’est Valeurs Actuelles qui ouvre le bal avec les confidences estivales de Nicolas Sarkozy : "Je n’ai pas pris ma décision, s’agissant de la présidence de l’UMP. Parce que je veux avoir tous les éléments en main". Et l’ancien président poursuit : "Comprenez bien qu'il ne s'agit pas de la décision de mon plaisir. Je n'ai aucune revanche à prendre sur quiconque. Que l'on parle de mon retour dans la vie politique, c'est déjà miraculeux en soi. Cela veut dire que cette idée du retour est inscrite dans les têtes et dans les esprits. A partir de ce moment-là, une très grande partie du chemin est faite."

La décision n’est pas prise, mais une très grande partie du chemin est faite. Un classique du genre "feuilleton du l’été" dont l’issue ne semble guère faire de mystère.

Et selon Le Point, le retour de Nicolas Sarkozy serait une bonne nouvelle pour la Gauche. C’est en tout cas ce que paraît en penser Michel Sapin : "Son retour fait partie de ce qui peut nous faire gagner 2017. Il est le plus grand diviseur à droite et le plus grand catalyseur à gauche. Même le mélenchoniste de base votera PS face à Sarkozy !". Bien sûr de lui, Michel Sapin. Pourtant, ce n’est vraiment pas sa semaine dans les hebdos, ou il faut bien le dire, il est omniprésent.

Pour le Canard Enchainé, c’est la douche froide pour le Ministre des finances. Confronté au mur de la réalité, Michel Sapin aurait profité du dernier séminaire gouvernemental pour glisser "les vrais chiffres" de la croissance: "Si l’on est au-dessus de 0.5% de croissance à la fin de l’année, ce sera déjà bien" (…) "C’est certes mieux que ce que l’on a connu, mais moins bien que ce que l’on pouvait espérer".  Adieu croissance, réduction des déficits et baisse du chômage, adieu les promesses et les prévisions. Et pourtant, le ministre s’exprimait sur un autre sujet, et plus directement, dans une Tribune publiée par le Nouvel Observateur en déclarant que "L’homme politique, lui, a la responsabilité de la parole et le privilège des actes qui construisent le réel". Une parole politique qui a tout de même un poil de retard par rapport à la réalité, et dont le privilège des actes ne semble pas apporter tous les résultats escomptés sur le plan de la croissance.

Pas de croissance et un Arnaud Montebourg qui commence à en avoir assez. Selon le Canard Enchainé, le ministre de l’Economie se lâche (encore !) "Cela ne peut pas continuer comme ça ! Il faut absolument réorienter l’Europe" et accuse une nouvelle fois la BCE de ne pas faire son boulot. Il en vient même à féliciter le Japon : "Et c’est la droite nationaliste Japonaise qui a compris ce qu’il fallait faire !". D’ici à ce qu’Arnaud Montebourg nous propose une gauche radicale en prenant exemple sur le nationalisme japonais, il n’y a que quelques pas que Laurent Fabius ne franchira pas : "il faut arrêter de tenir ce discours  qui met de côté les responsabilités françaises !". Grosse ambiance avant le départ en vacances.

Les Juifs de France inquiets

Et pour l’Express, les vacances ne sont pas à l’ordre du jour pour les Juifs de France : "Ont-ils raison d’avoir peur ?". "Pour beaucoup de juifs, l’antisémitisme agressif a un nouveau visage, celui d’islamistes radicaux et d’enfants perdus de la République en révolte contre ses valeurs". (..) "Partir ? Rester ? La douloureuse alternative fait débat au sein même de la communauté". Mais pour le sociologue Michel Wieviorka, interrogé par l’Express, il faut faire la part des choses. "Dans ce contexte, un discours comme celui du CRIF, dès lors qu’il en appelle à la défense toujours inconditionnelle de la politique israélienne, donne aux juifs de France une clef de lecture qui, paradoxalement, durcit le sentiment d’inquiétude qu’ils peuvent actuellement ressentir. Je pense que l’inquiétude diffuse des juifs de France, aujourd’hui, tient aussi dans la prise de conscience que notre modèle républicain ne fonctionne plus, et qu’il appelle un aggiornamento sérieux". 

L’enquête de L’Express continue sous les mots d’Elie Barnavi, ex ambassadeur d’Israël en France : "Elle (la France) est la seule démocratie occidentale ou l’on assiste régulièrement à de tels affrontements, violents, au mépris de la loi, qui est là comme indicateur, conseil amical, plutôt qu’une barrière à ne pas franchir. Or l’antisémitisme est le problème de tous les Français. Il est toujours le signe d’une pathologie sociale plus profonde, qui recouvre aujourd’hui le problème de l’intégration. Une faille s’est creusée dans la capacité proverbiale de la France à intégrer les étrangers". L’Hebdo poursuit encore sur la tentation du vote Marine Le Pen pour les juifs de France, une tentation qui n’affiche pourtant qu’un niveau de 8%, contre 25% pour l’ensemble de la population.

Mistral

Pour le Nouvel Observateur cette semaine, c’est le Mistral qui pose problème, "le contrat qui dérange". "Commandés par les Russes sous la présidence Sarkozy, les deux navires de guerre, bijoux de la technologie française, embarrassent plus que jamais François Hollande". En effet, les occasions de faire briller les "bijoux de la technologie françaises" ne sont pas si nombreuses, et la pression internationale pour stopper la vente n’a pas l’air de vouloir se calmer. "Nous ne renoncerons pas…vous serez obligés un jour ou l’autre" aurait averti le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, à un Laurent Fabius marchant sur des œufs. Pour le moment, la vente est maintenue car seuls les nouveaux contrats d’armement sont prohibés. Mais la menace plane sur Paris, et cela ne plait pas beaucoup à François Hollande, "parce que je ne veux pas remettre en cause la signature de la France" aurait-il répondu à un Barack Obama inquiet.

Car "Cocorioco !", le Mistral inquiète car "ses caractéristiques en font le bâtiment le plus impressionnant de la flotte française, après le porte-avions Charles de Gaulle. Mesurant 199 mètres de long, il peut transporter, rapidement et à plusieurs centaines de kilomètres quatre cent cinquante hommes de troupe, seize hélicoptères, soixante-dix blindés, deux blocs opératoires et un état-major complet. Le tout en commandant une flotte de plusieurs navires avec des moyens électroniques derniers cris". Et les Russes attendent impatiemment leurs nouveaux jouets  : "nous avons vite compris que le Mistral pouvait donner un grand avantage à l’armée russe dans certaines circonstances".

Le Nouvel Observateur revient alors aux origines de la vente, et pointe notamment la responsabilité du duo Hervé Morin-François Fillon dans cette affaire. A la fin 2009, Lorsque l’Amiral Guillaud s’oppose au contrat, il propose "enfin oui, le chantier STX est en grande difficulté, mais pourquoi ne pas lui passer commande d’un Mistral pour la marine française ?". Sur ce, selon l’hebdo "François Fillon fait un bond : impossible, cela couterait trop cher à l’état". Le chat se mord la queue.

Les services secrets

Dans le même registre cette semaine, Le Point explore "les nouvelles guerres de nos services secrets". Car "Jamais depuis la fin de la guerre froide, le renseignement français n’a été aussi sollicité". La conjoncture est peut être morose, mais cette semaine, la France est à l’honneur. Selon l’hebdo, tout a changé : "durant des décennies, ces affaires étaient un peu sales, considérées par les dirigeants du pays comme un mal certes nécessaire, mais nauséabond. Tout a changé avec l’entrée de Nicolas Sarkozy. Premier chef de la Ve République à ne pas avoir connu la guerre, le nouveau président entretient un rapport décomplexé au renseignement".  Et ce qui change, c’est le fonctionnement "avec la création du coordonnateur national du renseignement, installé à l’Elysée depuis 2008". François Hollande y apportera sa patte, "de quoi veiller à l’équilibre entre les objectifs et le respect des libertés individuelles et de la vie privée" par la mise en place d’un rôle de contrôle du Parlement.

Car celui qui profite du système aujourd’hui, c’est François Hollande, "accro au renseignement". Le président réceptionne sa note quotidienne : "tous les soirs, Alain Zabulon (le coordinateur national du renseignement) adresse une brève note au président, qui ne présente que la crème de la crème de l’information secrète du jour : de ce qu’elle contient François Hollande n’aura, auparavant, rien lu dans la presse". Le point poursuit en vantant les mérites de la nouvelle "intelligence" française, qui est de tous les fronts : Irak, Syrie, Israël, Palestine, Afrique "saharo-sahélienne", Ukraine, Iran, Asie du sud est….Si la France veut avoir le droit à la parole, elle se doit d’être informée.

Le Point continue son enquête, service par service, succès et échecs, et annonce que la "France a décidé de se lancer dans la guerre numérique". En effet, le sujet semble provoquer du mouvement "Le Ministre (Jean Yves le Drian) a annoncé l’embauche de 500 ingénieurs et un budget de 1 milliard d’euros sur 5 ans" effort qu’il justifie ainsi : "(…) Je considère que c’est un enjeu majeur pour demain, qui nécessite dès à présent toute notre mobilisation. C’est un enjeu de souveraineté". Pour rassurer les inquiets échaudés par l’affaire de la NSA, Bernard Bajolet, directeur de la DGSE, tente de rassurer : "Nos concitoyens doivent avoir l’assurance du caractère démocratique de la DGSE et de son cadre d’action parfaitement conforme aux droits français et européen, qui ne peut en aucun cas être assimilé à un Big Brother". Le point termine la phrase en écrivant : "ça va mieux en le disant".

Moscovici et son ego

Dans Le Point, Pierre Moscovici le dit clairement, la commission européenne c’est pour lui : "Je suis le meilleur pour le job". Des propos un peu atténués par la suggestion lancée par François Hollande : "Je t’ai nommé parce que tu es le meilleur pour le job". Ce à quoi "Mosco" répond tu tac en tac, tout en précisant "mais tu aurais pu ne pas me nommer. Si je n’avais pas été ton ami". L’ancien ministre des Finances en fait des tonnes : "L’air de rien, j’ai été l’homme fort du gouvernement précédent. C’est la vérité objective".

L’homme ne s’arrête pas en si bon chemin, il fait plaisir à voir, notamment lorsqu’il évoque François Hollande : "C’est moi qui l’ai fait gagner".  Une véritable leçon d’humilité. Pourtant, l’avenir de l’ex-ministre ne paraît pas si simple. C’est ce que qu’indique Le Point en rapportant les propos de Norbert Barthle, homme fort des questions budgétaires à la CDU-CSU : "Donner à un français le rôle du gardien du Pacte de Stabilité reviendrait à chasser le diable avec Belzébuth". Là aussi, tout est dans la finesse d’analyse et dans la mesure. Les deux hommes ont au moins cela en commun. Avec de tels soutiens en Allemagne, Pierre Moscovici peut encore nourrir quelques doutes sur son poste de rentrée. C’est la macro qu’il veut, "Toute la macroéconomie. C’est le portefeuille que j’aurais préféré". Des mots d’enfant. Le Point le résume si bien : "Ô Orgueil".

En Bref...

Dans le Canard encaîné, Hollande et Hidalgo s’étripent pour une poignée de milliards. La maire de Paris est "furieuse de voir l’Etat tailler dans son budget" et elle a "décidé de passer aux représailles".

Dans l’Express, Mélenchon à la retraite. "Dessous d’un vague à l’âme". "L’homme n’en peut plus de ne jamais être invisible. Le politique est exaspéré par ce public persuadé qu’il lui appartient". Car pour l’hebdo, "Pour mieux revenir en 2017, le leader du parti de gauche met en scène son retrait, derrière lequel pointe néanmoins un abattement réel". Et Jean Vincent Placé en rajoute un peu : "les gens du Parti de gauche vont finir à 70 dans une salle enfumée, dont la moitié sera composée de dirigeants. C’est fini tout ça. A l’ère de l’individualisme, il n’y a plus un mec réellement communiste en France". Mais de son côté, Jean-Luc Mélenchon doit diriger son regard vers l’Espagne et les 17.5% d’intentions de vote du nouveau parti Podemos. Un parti sorti de terre en mars 2014.

Le Nouvel Obs revient également sur l’ascension de Bernard Cazeneuve, cet homme "qui a l’art de taper comme un sourd sans jamais donner l’impression de sortir de ses gonds". "Face à un pays qui se cabre ; il estime par ailleurs que la seule manière de retrouver la confiance est de poser quelques principes simples et de s’y tenir, coûte que coûte, en bon professionnel, jusque dans le moindre détail".

Une semaine riche, pour un mois d’août. Bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

 


 

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