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Pognon de dingue

Revenu universel : Hamon faisait semblant d’en rêver, Macron l’a (presque) fait

Macron est en train de mettre en œuvre la seule idée originale du programme de Hamon. On comprend que ce dernier soit vénère...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Pour pas mal de gens, dont moi, la candidature catastrophique de Benoît Hamon à la présidentielle avait au moins eu le mérite d’extraire le concept de « revenu universel » du rayon des bricolages budgétaires farfelus pour en faire un vrai sujet de débat.

 

OK, il ne le maîtrisait pas complètement lui-même, le concept en question, ayant graduellement fait évoluer sa proposition d’une allocation versée à tous et sans conditions de ressources vers celle d’une espèce de RSA-jeunes au cours de sa campagne, mais le « progrès » est plus souvent fait de petits pas dans la bonne direction que de grands bonds en avant.

 

Pour autant, et de toutes les réactions négatives à la mesure-phare du Plan pauvreté de Macron, c’est la sienne qui semble la plus virulente. A l’en croire, le « Revenu Universel d’Activité » jupitérien tiendrait simultanément du plagiat (« zut, il me pique mon idée ! ») et de la contrefaçon (« merde alors, ce n’est pas du tout mon idée ! »). Bah, on mettra ça sur le compte de l’amertume...

 

Car pour le reste, le dispositif devant être mis en place dans deux ans est effectivement ce qu’on pouvait imaginer de plus ambitieux en la matière dans le contexte français : la fusion d’un maquis graduellement devenu illisible de minima sociaux et autres allocations en une prestation unique servie par le même guichet ; l’élimination de procédures noyant délibérément les ayant-droits sous la paperasse histoire de les décourager d’en faire la demande (30 % des bénéficiaires potentiels du RSA actuel n'effectueraient pas les démarches pour l’obtenir).

 

C’est sûr, l’en-même-temps-tisme prudent ne permet pas encore d’exposer la finalité ultime du projet, soit l’adaptation de notre système de redistribution aux transformations du marché du travail et à la fin du déroulement linéaire des carrières professionnelles, mais il s’agit bel et bien du premier étage de la fusée.

 

Et lorsque, d’ici dix ou quinze ans, le président Machin ou la présidente Truc annoncera enfin la transformation de ce « RUA » en une prestation globale authentiquement déconnectée des revenus évitant l’engloutissement d’un « pognon de dingue » dans la technostructure théoriquement chargée de lutter contre la pauvreté, un Hamon aux cheveux blancs s’étranglera encore davantage de rage et de frustration depuis son EHPAD. Mais bon, pour se consoler, il pourra toujours mettre des likes ironiques sur les tweets d’un Macron pré-retraité assurant lui aussi qu’on lui a piqué son idée...

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