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La question de la présence de terroristes parmi les migrants est l'une des querelles les plus grotesquement idéologisées du moment.
©Reuters

Amalgames

Migrants = terroristes : le raccourci qui tue (littéralement)

Des terroristes sont effectivement infiltrés parmi les réfugiés. Ça n'enlève rien à la nécessité de les accueillir.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Avec le « débat » sur la pertinence d'afficher un drapeau français sur son profil Facebook (fasciste et eurocentriste pour les uns, empathique et solidaire pour les autres), la question de la présence de terroristes parmi les migrants est l'une des querelles les plus grotesquement idéologisées du moment.

 

Pour les supporters de l'équipe A, ne formuler ne serait-ce que le début de l'hypothèse selon laquelle des guérilleros daeshiens se seraient glissés dans les colonnes de malheureux cherchant refuge en Europe est une insulte à la notion même d'humanité ; la preuve ultime d'un égoïsme de bourgeois repus mâtiné de xénophobie islamophobe. Pour les ultras de l'équipe B, en revanche, ouvrir la porte au moindre basané en haillons débarqué de l'Orient compliqué est la garantie de voir des kamikazes se faire exploser boulevard Voltaire tous les vendredis à l'heure de l'apéro.

 

La reconstitution du parcours de l'un des assaillants du Stade de France semble d'ailleurs conforter les seconds dans leur délire, forçant même les premiers à revisiter discrètement leurs certitudes (France Inter aurait ainsi modifié un article sur son site, remplaçant les « fantasmes » et autres « chiffons rouges de l'extrême droite » par un point d'interrogation plus précautionneux). Au risque de passer pour un enfonceur de portes ouvertes convaincu de léviter au-dessus de la mêlée, je me dis pourtant qu'il est parfaitement cohérent d'envisager la présence de barbus fanatisés sur les rafiots traversant la Méditerranée ET de rester ouvert à l'accueil de désespérés fuyant les massacres.

 

Ça ne rend pas les choses plus faciles, bien au contraire, mais je n'aurais pas aimé que le hipster à casquette de base-ball de la rue Yves-Toudic ayant ouvert la porte de son immeuble dimanche dernier pour que je puisse m'y planquer pendant la panique place de la République (OK, c'était une fausse alerte pour le coup), me suggère plutôt d'aller me faire mitrailler ailleurs. Dans la petite troupe d'affolés qui m'accompagnait, il y avait aussi quelques bronzés (et je n'ai pas spécialement l'allure d'un Scandinave non plus, si on va par là). Le hipster n'a pas fait le tri. Merci à lui.

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