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Présidentielle : pour un candidat un plus ceci (et un autre un plus cela)
©Reuters

Candidose

Présidentielle : pour un candidat un plus ceci (et un autre un plus cela)

Vous envisagez de voter blanc à la présidentielle, ou même de ne pas voter du tout parce que vous ne vous sentez pas suffisamment représenté ? Vous êtes peut-être une partie du problème.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je trouve marrant, même si je glisse aussi dans ce travers à l'occasion, d'entendre tant de gens se plaindre simultanément du trop plein de candidats à la présidentielle et de l'impossibilité d'en sélectionner un avec lequel ils soient vraiment en phase...

 

L'argument contre le trop plein : tous ces types sont des ambitieux cyniques qui ne cherchent qu'une sinécure avec véhicule de fonction et ne connaissent rien à la dure existence des vrais gens qui prennent le métro pour aller à Pôle Emploi ou s'endettent pour acheter un pain au chocolat.

 

L'argument contre le manque de choix : aucun de ces types n'est suffisamment d'accord avec mes propres préjugés et micro-priorités pour que je daigne lui accorder mon suffrage.

 

Il existe pourtant assez peu de pays dont l'offre politique est aussi finement segmentée que la nôtre et où les électeurs se voient proposer plus d'options que sur un stand du salon de l'auto. Ainsi, si vous êtes très très à gauche et que vous pensez que Cuba et le Venezuela sont des modèles qui valent la peine d'être étudiés, vous pouvez arbitrer entre Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon en fonction de critères toujours plus subtils (le NPA est plutôt internationaliste et hidjab-friendly, le Front de gauche est plutôt souverainiste et attaché à la laïcité ; pour Lutte ouvrière, on ne sait plus très bien depuis qu'Arlette Laguiller sucre les fraises mais vous pouvez toujours investiguer si vous avez du temps).

 

Vous êtes très très à droite, en revanche, et vous avez de la sympathie pour le tout-propre-en-ordre, les marches militaires, la messe en latin et les vaches bien gardées, vous pouvez alors vous laisser séduire par Marine Le Pen, Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan, voire par Renaud Camus et François Asselineau s'ils décrochent leurs signatures et que votre marotte à vous c'est le "grand remplacement".

 

Mais ça, c'est juste la partie radicale de l'offre et il y a tout un tas de propositions pour les plus tièdes. Vous êtes libéral-conservateur et neurasthénique ? Fillon a l'air d'être le bon cheval sur lequel miser. Vous êtes libéral-social et débordant d'enthousiasme ? Macron est le gars qu'il vous faut. Vous êtes du genre à hésiter 15 minutes entre baguette aux céréales et pain complet à la boulangerie ? Il y a Bayrou. Vous décidez d'acheter les deux pour ne pas faire de jaloux ? Il y a le candidat du Parti synthétique.

 

Pour ne rien dire des verts de toutes les couleurs, des voyageurs de l'espace, des porteurs de bonnet rouge allergiques aux impôts... Je suis d'ailleurs tombé sur un site attrape-clics qui les recense tous et on dirait la version Web d'un album Panini de vignettes de foot.

 

Et s'il reste encore de la place pour un candidat qui, exactement comme vous, souhaite supprimer l'Isf, doubler le Smic, faire fonctionner les centrales nucléaires à l'énergie solaire, déclarer la guerre à la Chine, autoriser le stationnement en double-file des véhicules diesel et imposer le végétarisme dans les cantines scolaires de villes de plus de 10 000 habitants, le mieux est peut-être de vous engager carrément pour remettre ce pays en conformité avec votre propre vision du bon sens.

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