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©BERTRAND LANGLOIS / AFP

Un poisson gros comme ça

Mélenchon à Marseille : "l’imminence de la révolution est très exagérée"

Le leader de la France insoumise le dit lui-même, il ne faut surtout pas prendre ses propos enflammés trop au sérieux. Dont acte.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Une paire de lunettes roses sur le nez, on s’en féliciterait presque : dans une démocratie moderne et apaisée, un chef d’État en promenade vespérale sur le Vieux-Port tombe sur l’un de ses principaux opposants également en vadrouille digestive et, au lieu de lui faire coller un bourre-pif par un Benalla, prend cinq minutes pour galéjer courtoisement sous l’oeil des caméras. On peut difficilement faire plus civilisé.

En deuxième analyse, et lorsqu’on sait que l’opposant en question, quelques heures plus tôt, traitait son interlocuteur de « plus grand xénophobe du monde » et passe le plus clair de son temps à appeler à l’insurrection citoyenne contre cet « usurpateur ultra-libéral trumpiste hors-sol » (en substance), on se dit que « le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas » tiennent davantage des effets spéciaux d’estrades que de l’expression d’une conviction.

 

A fortiori lorsqu’on apprend que la rencontre, loin d’être fortuite, avait été soigneusement organisée par les services de com des deux parties, convaincues, l’une comme l’autre, que ce petit échange leur ferait gagner des points de popularité dans le prochain baromètre Ifop-JDD…

 

En termes de retombées marketing, pour autant, on est loin d’être dans le gagnant-gagnant. Macron, qui sortait tout juste d’une rencontre avec Merkel et passe désormais pour le dernier rempart contre l’extrême droite en Europe, conforte son statut de boss « pour de vrai » aussi ouvert au débat que peu rancunier ; Mélenchon consolide au contraire son image de trublion d’opérette réduisant lui-même ses indignations tonitruantes à de banales « exagérations marseillaises ».

 

Même les Insoumis qui lui font sa fête sur les réseaux sociaux depuis hier semblent s’en être rendu compte, eux qui construisent plus souvent des gibets que du dialogue… C’est tout juste s’il ne vient pas d’intégrer le gouvernement comme ministre de la Parole, le Méluche…

 

Bon, en vérité, on fait simplement semblant d’être surpris. Mitterrandiste historique, Mélenchon tient plus du caméléon ambitieux que du révolutionnaire authentique. Et s’il est désormais installé à Marseille, ça n’est évidemment pas pour y former un bataillon qui filerait aussitôt sur Paris en chantant du Rouget de Lisle. Mais à son prochain coup de gueule un peu violent, tout néo-Marseillais qu’il soit, on l’appellera plus facilement Tartarin que César.

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