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Gardiens de la paix ?

Manifs policières : les forces du désordre ?

S'ils ont bien des raisons d'en avoir gros sur la patate, les flics pourraient éviter de jouer les séditieux masqués et armés qui marchent vers la place Beauvau en conspuant leur ministre. Ça rassure moyen.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Comme Renaud, qui va jusqu'à chanter qu'il les embrasse dans les rues, j'ai pas mal de respect pour les flics. Et encore comme Renaud, ça n'a pas toujours été le cas : dans mon jeune temps, les flics, c'était plutôt les affreux qui nous empêchaient de protester contre telle ou telle réforme scolaire dont les profs nous avaient assuré qu'elle préfigurait l'arrivée du fascisme.

 

Autant dire qu'on ne les aimait pas beaucoup, ces matraqueurs en bleu, ces CRS-SS, ces nervis du pouvoir armés jusqu'aux dents. En prenant de la bouteille, j'ai un peu changé mon fusil à bouchon d'épaule : oui, il y a certainement de gros relous dans cette corporation dont on nous dit qu'elle vote FN à plus 50%, il y a sûrement des racistes, des homophobes ou des cow-boys qui jouent les outlaws, mais, pour l'essentiel, ce sont bien eux que l'on retrouve en première ligne lorsque ça tourne vraiment mal - le dernier rempart d'une société confortable, pacifiée et prospère qui ne le resterait sans doute pas longtemps sans leur présence plus ou moins discrète.

 

Ces derniers mois, plus que d'habitude, entre ces manifs anti-loi El Khomri qui finissaient systématiquement en pugilat, ces terroristes qu'il fallait stopper avant de nouveaux carnages, ces supporters de foot qu'il fallait empêcher de mettre nos villes à sac, ils ont enquillé les heures sup' sans broncher, pris des coups, reçu des cocktails-Molotov, éteint leurs collègues qui prenaient feu, essuyé les insultes des comiques qui les confondaient avec leurs confrères américains, arpenté les cités dans leurs épaves cabossées, tapé des rapports inutiles sur des PC hors d'âge dans des commissariats miteux, survécu avec des salaires à faire ricaner un dealer...

 

On conçoit qu'ils en aient gros sur la patate, les poulets.

 

On le conçoit, mais ça n'empêche pas d'avoir un petit souci avec la manière qu'ils ont désormais de demander à leur hiérarchie qu'elle les respecte davantage et leur donne les moyens de nous protéger efficacement. Parce que voir, une semaine durant, chaque nuit, des types armés, masqués, marchant vers la place Beauvau ou faisant des rodéos toutes sirènes hurlantes sur le Vieux-Port de Marseille en conspuant leur ministre, n'est pas exactement un spectacle qui rassure. Et on n'a pas besoin d'y voir la main du FN pour trouver flippant que les "forces de l'ordre", les "gardiens de la paix" se mettent à foutre le souk au prétexte d'y mettre un terme.

 

Et si ça dégénère, on leur enverra qui pour ramener le calme ?

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