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Revue de presse des hebdos

Antiterrorisme : "Lourdeurs" + "lenteurs" = "un an de ratages" ! ; "choc de simplification" ? Le code du travail est passé de 2650 pages en 2005 à 3700 pages en 2015 ; alerte : "Il n'existe plus d'antibiotiques de dernier recours" !

L’heure est aussi à l’orientation. C’est la saison qui le veut. Ainsi « L’Obs » et « Challenges » proposent tous deux, en Une, de parler "études". Tous les hebdomadaires reviennent évidemment sur la sortie du livre de Nicolas Sarkozy, La France pour la vie.

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Sandra Freeman est journaliste et productrice.

 

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Alerte : "Il n'existe plus d'antibiotiques de dernier recours" !

« L'obs » lance l’alerte sur les antibiotiques. On a découvert en novembre que "des super bactéries" résistent aux antibiotiques. Au cours d'un contrôle sanitaire dans un élevage industriel de porcs, un professeur chinois a observé des bactéries mutantes pouvant "tenir tête notamment à la colistine" ! "Il n'existe plus d'antibiotiques de dernier recours" ! Le magazine explique que la nouvelle "ébranle le monde de la science". Il montre en illustration de son article, cette image microscopique d'un anticorps qui tente d'étouffer une bactérie multirésistante et n’y parvient pas.

Selon « l’Obs », l'organisation mondiale de la santé dénombrerait déjà 700 000 décès à travers le monde chaque année : "C’est 'un immense danger pour la santé mondiale' martelle sa directrice Margaret Chan".

En cause ? "La 'surprescription', l'élevage industriel et ses dérives". Il faut dire, explique le journal, que "la concentration d'animaux stressés" favorise le fait que "les microbes se répandent à la vitesse de l'éclair". Ce risque est "insupportable aux yeux des éleveurs, qui préfèrent donc donner des antibiotiques".

Une alternative ? Pirater les mécanismes naturels, armer les bactéries contre les virus

Mais le magazine montre qu'il y a des alternatives : "la riposte". Misant sur les ennemis naturels des bactéries, "des chercheurs inventent de nouveaux médicaments". C’est le cas de Xavier Duportet ("chercheur, entrepreneur aux allures de hipster", "Bidouilleur compulsif"). A 28 ans, il est le PDG de Eligo, une start-up, qui a eu le prix "innovateur de l'année" de la revue du MIT en 2015. Son idée : "pirater les mécanismes naturels". Les bactéries sont elles-mêmes victimes de virus. "Il s'agit donc de les améliorer et d'en faire des outils de précisions au service de la médecine".

Face au fléau du chômage : quelles orientations pour nos étudiants ?

L’heure est à l’orientation. C’est la saison qui le veut. Ainsi « L’Obs » et « Challenges » proposent tous deux, en Une, de parler « études ».

"Pour 750 000 lycéens, l’heure du choix a sonné. D’ici au 20 mars prochain, il leur faudra formuler leurs vœux d'orientation pour l'enseignement supérieur". Quels sont "les secteurs les plus porteurs", "les métiers les plus demandés" ? Le souci ici de « l’Obs » est de trouver "les diplômes qui donnent du travail" et lutter en creux contre le chômage menaçant.

Parmi les secteurs mis en exergue dans ce dossier spécial de 25 pages, on trouve : le tourisme ("première destination touristique mondiale, notre pays a besoin de produits services autant que de managers rompus aux nouvelles technologies"), l'environnement et les métiers durables ("l'économie verte crée des opportunités d'emploi. Les compétences recherchées sont très pointues"), l’informatique ("embauche garantie -12 000 créations d'emplois par an"), Internet (pas de problème d’emplois pour les pros "du code et les as de la data")…

L’angle de « Challenges » est intellectuellement totalement différent. C’est de proposer les meilleures écoles, pour être le meilleur. Dans son "classement 2016" des meilleures prépas d’écoles de commerce et d’ingénieur, le magazine propose des fiches détaillées par établissement.

Les prépa une filière en crise ? Que nenni. Force est de constater que "le nombre d’élèves de prépa a progressé de 12,5 % en 10 ans pour atteindre 84 151 l’an dernier". Dans ce minutieux travail du magazine, on remarque, entre autres, que les "17 des 20 premières marches du top-6 reviennent aux classes prépa d’île de France" et que celles à "vocation commerciale trustent les premières places".

"Ces bureaucrates qui dirigent la France" et qui la plombent

Mais créer une élite, est-ce vraiment une richesse pour la France ? C’est une question qui se pose quand on lit « Le Point » cette semaine. La magazine y cible en Une "Ces bureaucrates qui dirigent la France" et qui la plombent.

L’hebdomadaire rappelle : "François Hollande avait promis un 'choc de simplification'. C'était compter sans la bureaucratie. Enquête sur un coup d'état !".

Médusé, « Le Point » démontre qu’au contraire, tout ne cesse de se compliquer. Par exemple : "Après un premier rapport de Jean Denis Combrexelle, puis la proposition du tandem Badinter Lyon-Caen, Matignon a commandé… Une évaluation du rapport Combrexelle… on est jamais trop prudent" ironise le journal avant de notifier : "En somme, l'agitation dans l'immobilisme technocratique continue" et "le chef d'entreprise se voit infliger une nouvelle couche de normes (…) L'économie du pays étouffe".

Le code du travail est passé de 2650 pages en 2005 à 3700 pages en 2015.

« Le Point » prouve cette lourdeur par le poids des livres : le code de l'urbanisme est passé de 2300 pages en 2005 à 3800 pages en 2015. Le code général des impôts est passé de 2700 pages en 2005 à 3900 pages en 2015. Et le code du travail est passé de 2650 pages en 2005 à 3700 pages en 2015.

On peut parler de « Choc ». C’est vrai. Mais pas du tout de « simplification », en effet.

Thierry Mandon, le Secrétaire d'État qui a tenté de simplifié, met en cause la reproduction des élites.

Face à ce "mal français", « Le Point » interroge Thierry Mandon qui est aujourd’hui "Secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, auprès de la ministre de l'Éducation nationale", mais qui, avant cela, avait été nommé "secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification le 3 juin 2014 dans le gouvernement Valls". Il a donc tenté de simplifier ! Il "tire ici les leçons de son expérience" : "La bureaucratie et la technocratie, en France, relève d'un monde de gouvernance qui touche les organisations publiques et privées (…) le phénomène est culturel presque anthropologique". mais, selon lui, "ce système de gouvernance autoritaire et centralisé ne correspond plus à ce qu'une société moderne attend (…) avec la révolution numérique". Il met en cause l’éducation : "On a un système de formation des élites dans lequel les grandes écoles tiennent un rôle démesuré. Elles entretiennent la reproduction sociale, alors qu'il faudrait ouvrir".

Antiterrorisme : "Lourdeurs" + "lenteurs" = "un an de ratages" !

De "lourdeurs", de "lenteurs", il en est aussi question en Une de « L’Express » qui se concentre cette semaine sur l’antiterrorisme et juge qu’il y a eu "un an de ratages" !

"De l'attentat de Charlie à l'attaque du Bataclan, tout a-t-il été fait contre la menace djihadistes ?" Si une commission parlementaire va tenter de répondre à cette question, de son côté, l'enquête de « l'Express » veut comprendre si on "pouvait éviter le Bataclan après avoir vécu Charlie et l’Hyper casher".

De façon détaillée, le magazine retrace, semaine après semaine, les moyens qui ont été mis en avant par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier (Du haro sur la guerre des services de renseignements, au rapport de Bernard Cazeneuve aux policiers, en passant par le fichier européen PNR - Passenger Name Record, les préfets rappelés à l'ordre, l'annonce par Manuel Valls de la création d'une structure de des radicalisations destinée à prendre en charge les jeunes djihadistes de retour en France…).

Beaucoup d’annonces, de mouvements mais, difficile d’avancer vraiment, semble-t-il : "Parce que l'on ne veut pas gêner les enquêtes sur ce qui a lieu, on s'interdit de mieux prévenir ce qui pourrait avoir lieu !" remarque le magazine.

D’ailleurs, en juin : "les recommandations de la commission d'enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes par Eric Ciotti et Patrick Menucci", ont été entendues par Hollande qui y aurait porté "un grand intérêt," mais qui seraient resté "sans suite, déplore Éric Ciotti.

Le trafic d'armes, l'autre guerre !

Les Kalachnikov, "réservées aux braqueurs et aux dealers, sont désormais entre les mains des islamistes radicaux". « L’Express » zoome sur ce phénomène grandissant inquiétant. "Ils s'approvisionnent auprès des même filières, lesquelles n'ont jamais été aussi florissantes".

Pour preuve, en 2009, déjà, l'observatoire national de la délinquance estimait à 15 000, le nombre d'armes de guerre en circulation dans les quartiers ! Mais, la tendance est à l’augmentation : "entre 2010 et 2014, les saisies effectuées par la police ont été multipliées presque par deux, passant de 2700 à 5300 !" Le magazine explique que depuis le 13 novembre, "le sujet est devenu prioritaire".

Une inquiétude supplémentaire taraude les services. La Libye, qui possède un "énorme arsenal entreposé par le défunt régime du colonel Kadhafi est disponible dans ce pays en voie de décomposition". On redoute ainsi l’émergence d’"une filière prometteuse pour les terroristes".

Contre le terrorisme : "dans l'immédiat, le minimum est de sortir du discours de la guerre de religion" pour Jacques Rancière

Au sujet du développement du terrorisme, « L’Obs » donne la parole au philosophe Jacques Rancière. Il recadre la « logique globale du monde actuel qui tend à ce qu'il n'y est plus que des états et des bandes criminelles » et met donc en garde : "Dire que nous sommes en guerre contre l'Islam, revient à mélanger crime et haine, répression policière et action politique, dans une seule et même logique, et donc à entretenir la haine !"

Il poursuit : "Il faut prendre au sérieux cette étape de dissidence virtuelle d'une partie de la population susceptible de se transformer en combattants. Cela implique de remettre en cause les discours et les procédures qui ont engendré la haine, de combattre sérieusement le chômage et les inégalités et discriminations de toutes sortes, de repenser les façons dont peuvent vivre ensemble des gens qui ne vivent pas et ne pensent pas de la même manière. C'est une tache difficile pour tout le monde".

Son remède : "Idéalement, seule la reconstitution de "subjectivations collectives" fortes, au-delà des différences dites "culturelles", pourrait remédier à la situation que nous connaissons. Mais dans l'immédiat, le minimum est de sortir du discours de la guerre de religion".

Primaire : Qui peut faire de la politique autrement chez « Les Républicains » ?

Tous les hebdomadaires reviennent évidemment sur la sortie du livre de Nicolas Sarkozy, La France pour la vie. Ce qu’il dit ? c’est qu’il veut fiare de la politique autrement. "Pas facile, pourtant, De se défaire de ses fantômes." commente « L'express » qui pourquit : "Parfois il fluctue". "Parfois il semble se contredire". "Parfois il ne varie pas d’un iota".

Ça dépend. D’ailleurs, analyse le journal, "avec la primaire, s'ouvre l’ère du relatif et non de l'absolu. Le début du concours du bien et du mâle. Qui a la plus grosse (détermination pour réformer) ?"

Nicolas Sarkozy, « n'oublie pas de rappeler qu’Alain Juppé s’est opposé à la déchéance de la nationalité quand c'était lui qui l'avait proposé ».

François Fillon écrit dans son livre, à propos de Sarkozy, "au moment de passer à l'action, il hésité à prendre des risques". Fillon affirme que "sur la réforme des retraites, j'aurais voulu que nous allions plus loin".

Et de son côté Sarkozy, note que "le Premier ministre attendait ma décision pour se prononcer".

« L’Express » s’interroge sur qui dit la vérité mais surtout conclue sur la primaire : "ce sera l’un des champs de bataille de 2016 : faux dur, vrai mou. Où les électeurs attendront plus que des mots. Même écrits." 

DemocracyOS : "Comment trois copains vont révolutionner la démocratie" ?

"Nous sommes des citoyens du XXIe siècle qui essayons de faire fonctionner des institutions vieille de 200 ans avec une technologies d'information".

« Les Inrockuptibles » se concentrent sur des politiques alternatives totalement différentes et raconte l’histoire du logiciel démocracyOS né en argentine. Le magazine s’est concentré sur le travail de ces activistes "dont l'initiative prend une dimension mondiale". Leurs noms ? Pia Mancini, jeune politologue. Santiago Siri, un jeune développeur qui a créé son premier jeu vidéo à 18 ans. Et Virgile Deville qui a importé ce système en France.

Leur solution est simple : permettre un dialogue ouvert à tous sur Internet. "On fait confiance à des institutions arbitraires, comme la monnaie, le gouvernement, pourquoi pas aux nouvelles technologies ?"

Dans cette nouvelle démocratie on vote au cas par cas et on peut transférer son vote à quelqu'un qu'on estime plus compétent. "Surtout, n'importe quel citoyen pour proposer une consultation". Pour accompagner cette vision, ils ont créé un "logiciel gratuit", "ludique" qui permet de débattre des lois en faisant remonter les meilleurs commentaires.

Leur idée concrète aujourd’hui ? "Créer une plate-forme de consultation plus efficace et plus ouverte que les conseils de quartier".

 

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