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©ludovic MARIN / POOL / AFP

Solutions pour sauver les emplois

Voilà comment le Covid-19 a exacerbé la fracture entre travailleurs qualifiés et non qualifiés malgré les dispositifs de chômage partiel

Les gouvernements occidentaux ont évité jusqu'à présent le chômage de masse qu’aurait pu générer le coronavirus. La fracture entre les emplois qualifiés et non qualifiés s’est néanmoins encore plus aggravée. Les dispositifs, notamment le chômage partiel, sont-ils suffisants ?

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico.fr : Les gouvernements occidentaux semblent avoir évité le chômage de masse qu’aurait pu créer le coronavirus, mais la fracture entre emplois qualifiés et non qualifiés paraît s’être aggravée à cause de la pandémie. En France comme ailleurs, qu’est-ce qui a entraîné cette exacerbation ?

Philippe Crevel : La crise économique enfantée par la crise sanitaire a, dès le départ, touché les personnes en CDD, en intérim et les micro-entrepreneurs. La non-reconduction des CDD est à l’origine de l’augmentation du chômage ainsi que la fin des missions d’intérim. Le nombre d’intérimaires est inférieur de 30 % à son niveau d’avant crise. Le saisonniers, les personnes travaillant dans le secteur des spectacles doivent faire face à l’absence d’activités. Les micro-entrepreneurs dépendant de plateformes, en particulier les VTC, ont vu leur chiffre d’affaires se contracter tout comme les taxis. Enfin, les salariés en temps partiel sont également en situation fragile. Dans les commerces, la grande distribution, de nombreux salariés sont soit en CDD et en temps partiel. L’emploi non qualifié est très exposé face à la crise même si ce critère n’est pas exclusif comme en témoignent les annonces de Danone, d’Airbus et d’autres entreprises qui peuvent compter une forte proportion d’emplois qualifiés. La crise version 2020 accélère les tendances en cours, la mutation digitale et la mutation environnementale. Si les dispositifs de soutien massifs, sans précédent, permettront un temps de mettre sous oxygène certaines entreprises, la lame de fond demeure. Le Gouvernement devrait mieux préparer les reconversions avec de la formation.

Les dispositifs mis en place pour protéger les travailleurs, notamment le chômage partiel, sont-ils suffisants pour protéger les travailleurs peu qualifiés ?

Le chômage partiel a été la réponse privilégiée depuis le mois de mars pour atténuer les effets de la crise centennale que nous connaissons. Des mesures ont été prises pour soutenir certaines activités, aides d’Etat de 1500 et le cas échéant jusqu’à 10 000 euros, prêts garantis par l’Etat. Mais, il y a évidemment des trous dans la raquette. Les CDD sans contrat peuvent être mal couverts par l’assurance chômage. Il en est de même pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail. Sur ce point, le Président de la République a annoncé mardi 24 novembre de nouvelles mesures de solidarité pour tenter de compenser les pertes subies depuis le début de la crise.

Que peut faire le gouvernement français pour éviter que les travailleurs peu qualifiés deviennent des chômeurs de longue durée ?

En Allemagne, le chômage partiel s’accompagne d’un volant important de formation. L’usine Trumpf spécialisée dans les machines-outils à découpe laser a, en 2008, décidé de placer son personnel en formation afin qu’il puisse construire des plateaux chirurgicaux, choix judicieux en 2020. La fermeture d’usines, les faillites font partie de la vie économique. En lieu et place de vouloir les maintenir coûte que coûte, il serait judicieux d’imposer aux entreprises une obligation de formation, de replacement. Il faut également travailler à renouveler l’offre, redynamiser les bassins d’emploi, attirer des capitaux, des entrepreneurs.

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