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Vaccination et réformes : Emmanuel Macron veut tout faire pour protéger la reprise de l’économie
©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP / POOL

Reprise en V

Vaccination et réformes : Emmanuel Macron veut tout faire pour protéger la reprise de l’économie

L’objectif premier du président de la République est de tout faire pour éliminer les risques sanitaires, mais surtout ne rien faire pour casser la reprise de l’économie. Non.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Le chef de l’Etat s’est donc adressé aux Français, hier soir, dans une forme qu’il n’avait sans doute pas prévu. Solennel et grave, il a expliqué la reprise des mesures de freinage de l’épidémie auxquelles il faudra se résoudre, comme la vaccination rendue obligatoire à quelques professions et l’extension du pass sanitaire, ce qui reviendra à organiser le 100 % vaccinal. Alors qu’il était attendu sur la réforme des retraites et que beaucoup pensaient qu’il ressortirait le projet de changer le mode de fonctionnement, il a visiblement changé de braquet pour ne pas engager de conflit social avant la présidentielle de 2022. 

En fait, tout ce qu’il prépare vise un seul objectif : préserver la reprise de l‘économie, tout faire pour protéger l’activité et ne rien faire qui pourrait casser la dynamique. 

1e point, le président de la République connait tous les chiffres de l’économie. Il sait très bien que la France en phase de reprise forte. Croissance, investissement, emplois, consommation, pouvoir d’achat. Tous les indicateurs sont au vert

Par ailleurs l’environnement international est lui aussi très favorable. Tous les instituts de recherche et d’analyse, à commencer par la Banque de France, la Commission européenne et l’OCDE, estiment qu'à la fin de cette année, la France aura retrouvé son niveau d’activité d’avant la crise. La croissance est attendue à 6% cette année. Avec, en plus, le bénéfice d’avoir profité de la crise pour s’adapter aux mutations digitales, à la transformation énergétique et à la nécessité de rééquilibrer l'industrialisation du pays. La croissance est forte et elle a toutes les chances d’être plus propre, plus décarbonée, plus protectrice des humains avec des progrès importants réalisés dans le domaine de la santé et de sa protection. 

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La majorité des dirigeants économiques connaissent ces faits et ces chiffres, ainsi que les perspectives. La majorité des élites politiques les connaissent aussi, ce qui explique leur embarras à trouver des solutions alternatives à ce qui a été mis en œuvre. Les critiques sont nombreuses, parfois violentes, mais ne débouchent pas sur des actions concrètes différentes. Un raisonnement idéologique oui. Mais une action politique non, du moins sur le terrain économique. 

Bref, il y avait sans doute d’autres solutions pour lutter contre la pandémie, mais la majorité de l’opinion reconnaitra que les mécanismes de protection mis en œuvre ont fonctionné en France plutôt mieux qu’ailleurs. 

Or, cette amélioration de la situation économique et ces perspectives sont imputables au retour de la confiance. Donc pour Emmanuel Macron, pas question de prendre le moindre risque de casser cette confiance en laissant une 4e vague de l’épidémie envahir le pays et nous obliger à confiner à nouveau. 

Pas question d’hypothéquer l’avenir en se privant de la croissance pour payer les dettes contractées pendant la crise. 

Donc le seul moyen est de renforcer les mécanismes de protection sans toucher à la capacité de travail. D’où le 2e point de son raisonnement : la vaccination. 

2e point : Si le seul moyen est de ne pas confiner, (c’est à dire d’enfermer tout le monde), le plus efficace est de permettre à chacun de se mettre à l’abri du danger sanitaire en faisant en sorte que tout le monde soit vacciné. La vaccination permettrait de laisser chacun en liberté pour vivre, circuler et travailler normalement. Alors certaines professions seront soumises à obligation, à commencer par les personnels soignants ce qui paraît complètement légitime, mais pas que les soignants. Tout va se passer comme si, chacun dans sa vie professionnelle et personnelle, devra apporter la preuve qu’il ne pourra pas être contaminé, ou contaminer lui-même d’autres personnes.  Même si le virus continue de circuler. Cette généralisation de la protection passera par le passeport vaccinal ou le pass sanitaire. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse... on n’échappera pas à cette obligation si on veut travailler, voyager et vivre normalement. Tout comme aujourd’hui, on ne peut ni conduire sans permis, ni circuler sans ceinture de sécurité, ni fumer dans un espace public. C’est une affaire d’éthique, de morale et de responsabilité individuelle.

Mais c’est aussi la condition pour protéger la reprise de l’économie avec ou sans 4e vague de l’épidémie. 

3e point, toujours pour sauvegarder la situation économique, dans ce contexte sanitaire et politique, le président de la République a semble-t-il choisi d’amender sa stratégie de réforme. Si les réformes de la société sont de plus en plus nécessaires, une réforme systémique et hautement inflammable comme celle des retraites ne sera sans doute pas utile. Sur le fond, il faut sans doute rééquilibrer le système, mais sur le fond, la situation ne permettra sans doute pas de tout chambouler. Au moins, tant qu’on n’aura pas acquis la situation qu’il n’y aura pas de perdants. Ce qui est étonnant aujourd’hui, c’est que sur la retraite ; la majorité des Français a conscience que le système par répartition tel qu’il est géré ne tiendra pas la route, mais paradoxalement, la majorité la prépare aussi de façon individuelle. 

L’accession à la propriété du logement (plus de 60 % des Français,) y participe grandement. Le succès de l’assurance vie aussi ... Mais plus encore, les PER qui ont récolté 30 milliards d’euros en 2020 et sans doute 50 milliards en 2021... Qui montrent que des retraites complémentaires par capitalisation, initiée par le ministre de l’économie en 2019, offrent une solution responsable. 

Il y a là une piste de réformes en douceur du système des retraites.  

Le problème n’est pas l’équilibre global, avec la masse d’épargne accumulée par les Français, on trouvera forcément des solutions. Le problème, c’est la situation alarmante des régimes spéciaux, des petites retraites et de la date légale de départ à la retraite.

On n’est pas là en zone systémique. On est là dans l’ajustement technique. 

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