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Révolution

Utilisez l'IA à la gym pour vous maintenir en forme dès cet été

Les salles de gym sont de plus en plus équipées avec des appareils ou des machines dotés de l'intelligence artificielle. Est-ce un moyen efficace d'améliorer ses entraînements ? Quelle est la technologie utilisée ?

Carl Blasco

Carl Blasco

Carl Blasco est thérapeute-psychopraticien à Saint-Raphaël. Diplômé d’éthologie, de thérapie par le jeu et la créativité et de thérapie psychocorporelle, ancien athlète de haut niveau en triathlon (quatrième mondial en 2000 ; sélectionné olympique en 2000 et 2004), il a également été conseiller technique de la Ligue Côte d’Azur de triathlon de 2011 à 2012.

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Atlantico.fr : L'intelligence artificielle s'insère dans tous les domaines et le sport n'en est pas exempt. Les salles de gym voient arriver de nombreux appareils comprenant l'intelligence artificielle. Dans quels types d'exercices va-t-elle apparaître ? Quelle est la technologie utilisée ? 

Carl Blasco : La technologie au service du sportif…. Quel phantasme ! Cela me rappelle cette séquence mythique du film Rocky IV, que tous les sportifs ont vu au moins une fois dans leur vie, comparant sur deux tableaux alternativement l’entrainement techno assisté d’Yvan Drago, pendant que Rocky court dans la  neige et soulève des charrettes de bois.

Quel a été l’avantage de l’œil d’un entraineur bienveillant comparé aux statistiques froides de la machine et de son intelligence artificielle ?

On ne peut même pas dire que la machine est impersonnelle dès lors qu’elle calibre les détails physiques du sportif : 25 pivots du corps, des capteurs 3D qui repèrent via un processeur surpuissant les digressions physiques dans le positionnement par comparaison à ce qui est théoriquement idéal.

Le procédé est séduisant mais manque cruellement d’empathie à ce point tel, qu’il est impossible pour le sportif de se reconnaître dans l’image reconstituée de son auto-portrait sur l’écran de la machine, quand bien même il s’agirait d’une résolution haute définition.

Il n’y a rien de plus difficile pour un être humain que de réaliser son auto-portrait, que ce soit au travers d’une peinture (Van Gogh ressemblait il réellement à ce qu’il peignait de lui-même), qu’au travers de ses propres écritures, ou encore de sa gestuelle.

Chacun d’entre nous déteste sa propre voix enregistrée.

En réalité on se voit bien qu’au travers du regard de l’Autre : Bienveillant.

Tel est la dynamique du sport qu’il soit confiné ou au milieu du groupe.

Quels exercices peuvent valablement profiter à l’usager d’une machine qui restitue et corrige des théorèmes mécaniques ?

La bio mécanique est un levier vers le traumatisme de telle ou telle partie du corps et le sport n’est, sans âme, que la synonyme de déchirures musculaires, lesquelles en se guérissant, renforcent la fibre.

C’est une pratique sans âme destinée à soigner l’égo sans souci de la progression dynamique de l’athlète.

L’intelligence artificielle n’est rien d’autre qu’une formidable calculatrice, qui compare des données et les traite à une vitesse phénoménale.

Il s’agit d’un processeur, comme je l’ai indiqué, qui est alimenté par ce que l’Homme lui fournit comme données.

Si les données de base sont erronées, la machine va faire des calculs illimités qui seront tous faux ou peu pertinents.

Quel est l’avantage qu’une machine puisse recaler par exemple une position de squat sans diagnostiquer la raison pour laquelle le sportif n’a pas intégré le mouvement de base, aussi simple soit-il, ou l’a déformé dans la pratique ?

La technologie du mimétisme n’a pas de sens si l’on ne connaît pas son maître.

Les salles de gym renouent avec l’ère de l’industrialisation comme Chaplin l’a si bien illustré dans les temps modernes.

La machine est moins couteuse que l’entraineur.

Pas de salaire, pas de prud’hommes, pas d’usure qui conduirait à des arrêts maladie ou la dégradation du corps des animateurs après des semaines folles de cours collectifs.

Pas d’absentéisme, juste un système de garantie et de leasing qui satisfait parfaitement les conditions de rentabilité et d’exploitation des salles de gym.

Ceci explique également le vaste turn over des inscriptions que l’on peut constater pour les sportifs qui s’entrainent sur le plateau.

L’intelligence artificielle s’insère dans tous les domaines économétriquement quantifiables, et le sport en est exempt si l’on considère que ce dernier est un facteur de développement du bien-être et non pas une simple mesure correctrice de l’esthétique corporelle face à l’involution.

Est-ce un moyen efficace d'améliorer ses entraînements ?

Est ce que la proprioception de l’athlète est la même sur une machine que sur le terrain ?

En aucun cas. La réalité est  à l’extérieur et la machine ne prépare pas à l’inattendu.

Il est simple de se caler sur un mouvement validé par une machine et de pousser la répétition à l’envi, mais cela n’a d’autre effet bénéfique que pour flatter l’ego.

Les champions du monde de l’entrainement ont un rapport privilégié à cet exercice.

Le confinement a eu son lot de vidéos au terme desquelles des athlètes virtuels arrivaient à égaler les performances de champions du monde enregistrées dans des machines.

Le perroquet n’a pas d’analyse de la situation ou de l’adversité hormis de soi-même et de sa qualité de répétition.

Ainsi, en un certain sens, il s’agirait, au travers des entrainements sur machine, d’un moyen efficace d’améliorer l’entrainement de sa propre estime sans mesure comparative humaine.

Ceci étant, chaque outil est bon à utiliser et il est parfois nécessaire de se replier sur soi pour progresser, mais les entrainements machine ne sont pas des facteurs de progression, tout juste d’entretien de l’acquis.

La machine est une menteuse et l’intelligence articifielle…. Une intelligence artificielle…. Rien de plus….

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