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La France doit faire face à une montée de l'antisémitisme.
©Reuters

Vérité, vérité maudite

Une France anti-juive ? Oui, mais il ne faut pas le dire

La question n'est pas tout à fait taboue. Mais qui l'évoque doit accepter d'être traité "d'islamophobe".

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Quand, en 1886, Edouard Drumont publia sa célèbre "France Juive" son livre fit un carton. Quasiment un triomphe qui dura jusqu'en 1944 et la fin du régime de Vichy. Tout y était disséqué, amalgamé et haï dans le seul but de montrer que la France était livrée pieds et poings liés à la pieuvre juive. C'était le bon vieux temps, quand l'antisémitisme s'avançait à visage découvert et sans complexe aucun.

Il n'en est plus de même aujourd'hui. C'est pourquoi le livre de Pierre-André Taguieff "Une France anti-juive ?" (CNRS édition) n'aura pas le succès qu'a connu Drumont. Pourtant, l'auteur universitaire patient et méthodique, n'a rien négligé pour montrer ce qui est et qu'on refuse, ou qu'on interdit, de voir. Il dit et prouve ce qu'il dit. Il explique, argumente et accumule faits et citations. Mais, tel est son grand tort, il nomme les anti-sémites d'aujourd'hui. Et ça ne lui sera pas pardonné.

Car il a la sacrilège audace de pointer au fil des pages les banlieues islamisées. Il aggrave son cas en arrachant le masque "anti-sioniste" porté par ceux qui vouent aux Juifs une haine brûlante et meurtrière. Et là il entre dangereusement sur un terrain miné : les banlieues et l'islam. Ca, faut pas y toucher ! Des compagnons de route bienveillants et influents s'accordent à protéger et les banlieues et l'islam de tout regard lucide. Leur verdict est sans appel : quiconque s'aventure sur ce terrain sans porter un bouquet de roses à la main devient aussitôt raciste et islamophobe. Le rideau tombe sur ce personnage odieux. Et avec lui le silence.

De toute façon, Taguieff a tort de s'intéresser aux Juifs, ils sont emmerdant. On leur tue quelques enfants : ils pleurent comme si on en avait tué des centaines de milliers. On attaque des synagogues : et, hop, ils nous refont le coup de la nuit de Cristal. On frappe des gamins juifs dans la rue : ils prétendent que c'est un pogrom. Tout cela n'augure rien de bon pour le livre de Taguieff. Faites un effort : lisez le. Et si vous voulez le compléter, regardez sans faute la vidéo avec Marceline Loridan-Ivens interviewée par Patrick Cohen dans une matinale de France Inter . Elle dit en quelques minutes tout ce qui s'étale dans le livre de Taguieff. Crûment. Durement. Honnêtement Sous le regard passablement embarrassé du journaliste (eh oui c'est parfois dur de s'appeler Cohen). Malaise, gros malaise sur le plateau.


M.Loridan-Ivens  par franceinter

Oui, quand Marceline Loridan-Ivens va dans les écoles pour parler de l'extermination des juifs, de nombreux élèves claquent des doigts pour montrer qu'ils n'en ont rien à battre : "des lâches" dit-elle. Oui, elle n'hésite pas à lancer que si en janvier on n'avait tué que quatre juifs à l'Hyper Casher, personne, personne n'aurait manifesté ! Marceline Loridan-Ivens est juive. Elle a été déportée à Auschwitz à l'âge de 15. Elle a aujourd'hui en a 86. Elle force le respect et personne n'osera la traiter d'islamophobe et de raciste. Mais on ne l'invitera plus une prochaine fois. Elle a osé sortir du périmètre d'Auschwitz pour entrer dans celui du 93. Les médias aiment les Juifs en tenue rayée de déporté. Seulement dans cette tenue là.

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