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©LOIC VENANCE / AFP

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Une année 2020 tellement mauvaise pour les salariés qu’elle a exacerbé leurs envies de reconversion

Marre du confinement, marre du télétravail et donc marre de leur entreprise. Beaucoup de salariés font aujourd’hui le raccourci et cherchent à changer de voie professionnelle. Alors quelles sont les envies de reconversion des Français ?

Aude Kersulec

Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

Voir la bio »Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Trop de télétravail tue le télétravail. C’est ce que se disent maintenant beaucoup de salariés, pourtant satisfaits au début du 1er confinement et de l’économie de temps et de qualité de vie gagnée avec moins de transport, moins de bouchons… Aujourd’hui, à cause de la distanciation, du manque d’implication et du manque de contact entre collègues, un salarié sur deux en télétravail se dit en situation de détresse psychologique. Remettre au travail leurs salariés sera un vrai sujet pour les chefs d’entreprise dès que le télétravail ne sera plus une obligation. En attendant, de nombreux projets personnels et professionnels germent dans la tête des travailleurs français.

Ce qui ressort d’une enquête menée par Maformation et Hellowork, deux acteurs du monde de l’emploi, au mois d’octobre 2020, c’est que le salarié qui a pris de la distance avec son lieu de travail et ses collègues, a aussi pris de la distance avec son entreprise et ne voit pas forcément son avenir dans la même activité ou le même secteur.

La crise sanitaire a largement encouragé les actifs à envisager une reconversion professionnelle. 49% des actifs interrogés déclarent que le confinement a joué sur leur envie de reconversion et 92% de ceux qui avaient envie de se reconvertir avant sont encore plus motivés à le faire.

Malgré les nombreuses contraintes du confinement, les salariés qui ont cette envie de reconversion conservent l’horizon de leurs nouveaux projets de formation ou l’ont même accéléré. Même le cap d’une nouvelle formation ne fait pas peur à cette catégorie de salariés. Pendant le mois de novembre, les recherches de formation sur les sites dédiés ont ainsi augmenté de 40%, en comparaison à la même période en 2019.

Une chose plutôt rassurante, c’est que les Français sont pragmatiques dans leurs idées de reconversion. On est loin du cliché du cadre à col blanc qui a envie de travaux manuels. Des domaines que l’on aurait pensés les plus prisés, comme l’artisanat ou le web sont finalement assez loin dans le classement, en septième et quatorzième position, devancés par les métiers du secrétariat (17% des répondants), des RH (15%), de la santé (14%) ou encore du commerce (13%). Le secteur médico-social fait également une belle entrée, tant ils ont été montrés en exemple pendant cette crise.

En revanche, cela ne viendra pas régler un problème structurel de l’économie française ; à savoir le manque de mobilité de la main d’œuvre. La reconversion est un changement de vie, de secteur d’activité, mais n’est pas nécessairement vu comme un besoin de mobilité. Seul un répondant sur quatre indique ainsi être prêt à changer de région, quand un sur trois souhaite rester sans sa ville actuelle.

Quelle est la motivation qui guide cette envie de reconversion ?

La première raison qui explique ce mouvement est l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, cité par 47% des sondés et qui arrive en première position. C’est ce que beaucoup de salariés ont pu redécouvrir en travaillant de chez eux, et ce qu’ils veulent le moins abandonner.

La curiosité et l’envie de changement semblent ensuite être de fortes motivations. Découvrir « autre chose » (45%) arrive en deuxième, tandis que la quête d’un métier qui a plus de sens est troisième, avec 44%. Parmi les votants qui veulent ainsi découvrir autre chose, ils sont nombreux à déclarer ne plus se plaire dans leur métier (29%), leur entreprise (20%) ou leur secteur (16%). Enfin, l’évolution du statut peut être un déclencheur : 26% ne parviennent plus à évoluer, quand 21% ne trouvent pas d’emploi en lien avec leur métier actuel et 24% souhaitent tout simplement gagner plus.

A propos de HelloWork

HelloWork, l’acteur digital de référence de l’emploi, du recrutement et de la formation en France, accompagne les actifs tout au long de leur vie professionnelle, les entreprises, cabinets de recrutement, ETT sur leurs enjeux RH et recrutement et les centres de formation/écoles sur la valorisation de leurs offres de formation. Les services HelloWork génère + de 2 000 recrutements par jour depuis le début de l’année.

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