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Thomas Voeckler : « J’espère serrer la main d’Evans et de Contador ! »

Trop de modestie tue la modestie. Si Voeckler gagne le Tour de France, ses excuses télévisées vont être difficiles à supporter...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Thomas Voeckler, dont j’apprécie par ailleurs la performance depuis quelques jours, commence à me taper sérieusement sur le système. Assister, tous les soirs au JT, à sa petite séance d’auto-flagellation (« Bon, oui, j’ai toujours ce maillot jaune sur le paletot, mais c’est vraiment par hasard parce qu’en réalité, je suis nul et je n’ai rien à faire avec les big boys. D’ailleurs, vous allez voir, ça ne va pas durer… »), ça devient pénible.

Car enfin, même Lance Armstrong derrière son écran plasma assure que le p’tit gars de Schiltigheim est tout à fait légitime dans son costume de canari ! Mais non. Rien n’y fait. Chaque fin d'étape, c’est la même comédie : « Le plus surpris, c’est moi. Oh, ne vous inquiétez pas : dès demain, avec la chaleur et le terrible col de Machintruc, les vrais champions vont me clouer sur place… »

La modestie, à ce stade, ce n’est plus une qualité, c’est de la guimauve dégoulinante. Et l’on se demande effectivement s’il est possible de gagner un Tour de France ― voire de se contenter d'une place sur le podium, ce dont Voeckler doute également ― avec un tel mental de loser.

Manifestement, ça n'empêche pas de rester leader pendant sept étapes consécutives ― ce qui est déjà une sorte de performance dans la performance. Mais gagner pour de bon et prendre le relais de Bernard Hinault (dernier Gaulois titré, c’était en 1985) en étant convaincu d’être un imposteur ? Pas sûr…

Ceci dit, on entend parfois que « les Français » aiment ça, cette absence totale de confiance en soi chez les sportifs. Ça leur rappelle le bon vieux temps des courses en sac des colonies de vacances, quand l’essentiel était de participer et de prendre un peu l’air. Enfin, je ne sais pas qui sont ces Français-là, puisque ceux que je côtoie auraient plutôt tendance à trouver que le coubertin-poulidorisme, ça commence à bien faire. Une course entre pros, on part pour gagner même si on est tout juste capable d’arriver après la voiture-balai.

Valls, Royal et Montebourg attaquent-ils la primaire PS battus d'avance, persuadés qu'au premier contre-la-montre, ils seront largués par François Contador et Martine Longo ? Allons donc ! Tiens, pour rester dans l'analogie présidentielle, même Mélenchon et Le Pen ne sont pas loin de croire à une divine surprise : c'est dire.

Thomas Voeckler l'a déjà prouvé, il est parfaitement capable d'être à l'heure à l'arrivée. Mais télécharger Rocky III en rentrant ce soir à l'hôtel ne lui ferait sans doute pas de mal  : l’œil du tigre, ça se cultive et c'est un meilleur stimulant qu'une collection d'autographes de concurrents.

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