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©REUTERS/Ralph Orlowski

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Theresa May entre le marteau et l’enclume des pro et des anti-Brexit d’Irlande du Nord, du pays de Galles, d’Ecosse et de la City

Les négociations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne n’avancent pas et ont réveillé les ambitions d’autonomie des régions qui ont beaucoup à perdre du Brexit.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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A une semaine d’un sommet européen qui devrait acter le début de la procédure de divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne, Theresa May n’a toujours pas réussi à obtenir un accord sur les conditions préalables à l’ouverture de la discussion sur les modalités de la séparation.

La Première ministre britannique est de plus en plus coincée entre les exigences des européens et les revendications de son opinion publique qui accepte mal une situation voulue par une majorité de citoyens mais qui mesure jour après jour les risques économiques de son application.

L’Union européenne avait demandé à ce que la Grande-Bretagne règle trois dossiers importants et graves avant d’entamer la négociation sur les modalités qui seront appliquées après le Brexit dans le domaine commercial et financier.

D’abord, la question du statut fiscal et social des résidents européens.L’Union européenne voulait qu’on règle la question du sort des résidents européens en Grande Bretagne et celle des résidents britanniques en Europe. A priori, sur le principe, ce dossier est réglé, la réciprocité fera qu’on acceptera une sorte de statu quo pour les personnes installées de part et d’autre de la Manche. Les droits sociaux, notamment de Sécurité sociale et des retraites, seront préservés de part et d’autre.

Ensuite, la question du chèque à payer pour solde de tout compte. L’Union européenne a demandé un remboursement des engagements financiers et un dédommagement sur les charges engagées par l’Union européenne. Dans un premier temps, l’Union européenne avait demandé 100 milliards d’euros. Après moult discussions, Theresa May avait proposé 50 milliards d’euros, chiffre sur lequel tout le monde est à peu près d’accord.

Enfin, la question de l’Irlande du Nord. Pour ne pas raviver les antagonismes entre l’Irlande du Nord (Belfast, très protestante, et très britannique) et l’Irlande du Sud (Dublin, très catholique), très arrimée à l'Union européenne. Pour ne pas casser le processus de rééquilibrage entre les deux irlandais, pour ne pas recréer une frontière physique, l’Europe a demandé un statut particulier à l’Irlande du Nord. Ce que Theresa May a finalement accepté de défendre.
Le problème, c’est que ce compromis qui permet de garantir la paix en Irlande et d’assurer son processus de développement a réveillé les velléités d’autonomie ou de statut dérogatoire de la part des Gallois, puis des Ecossais, puis de la City de Londres dont le maire, très pro européen, cherche à préserver les emplois qui s’échappent.

Theresa May se retrouve face àune fronde régionale qui pourrait devenir très vite ingérable.

En attendant, la situation économique s’affaiblit, la plupart des instituts d’étude économiques dépendant de l’OCDE et du FMI tablent sur un affaiblissement de la croissance, pour cause de ralentissement du commerce avec le continent. Ils constatent déjà une hausse du chômage, une baisse des investissements compte tenu des incertitudes, des marchés financiers et du niveau de la livre qui varie avec les nouvelles diverses et contradictoires sur le Brexit.

Alors que les partisans du Brexit avaient promis qu’un divorce était sans doute la meilleure solution pour garantir l’avenir de la Grande-Bretagne, les électeurs qui ont voté pour constatent que le potentiel économique s’étiole, que Londres a beaucoup de difficultés à séduire des partenaires, alors que  le gouvernement pensait compter comme le Canada ou les Etats-Unis pour l’aider à les résoudre.

Or, Donald Trump et Justin Trudeau ont rapidement fait savoir que l’avenir de la Grande-Bretagne appartenait surtout à la Grande-Bretagne elle-même dans sa relation avec l’Europe.

Le comble dans cette affaire est que Theresa May se retrouve très seule politiquement dans la mesure où tous les responsables politiques qui ont plaidé et obtenu le Brexit, ont quitté le bateau devant les risques de tempête économique.

Personne ne sait aujourd’hui la politique qu’il faudrait dérouler pour que cette décision de Brexit ne soit pas à terme une catastrophe historique pour le peuple britannique et particulièrement ceux qui, par inquiétude et anxiété face à la modernité, ont voté pour le Brexit croyant tout ceux qui leur promettaient qu’ils tenaient là la solution miracle.Le discours des leaders pro-Brexit était simple : « Si nous avons des difficultés, c’est à cause de Bruxelles. Sortons de l’Union européenne et tout ira mieux. »  

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