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Sortie de crise : palabrer ou réformer, le gouvernement doit choisir

Fiscalité, retraite, travail... Sur tous les sujets, le nouveau gouvernement veut prendre son temps alors que nos voisins ont d'ores et déjà engagés des réformes souvent douloureuses.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Il y a un véritable acharnement au sein de la nouvelle majorité à vouloir faire table rase des réformes engagées par la précédente équipe gouvernementale. On le voit en matière fiscale, de droit du travail avec même un retour partiel à la retraite à 60 ans, même si les réalités vont montrer bien vite les limites de l’épure. Sur la méthode aussi, on cherche à prendre le contrepied de ce qui a précédé. A Sarkozy le hussard, on oppose désormais Hollande, le petit père tranquille, qui  prend son temps, afin de ne pas brusquer une opinion traditionnellement rétive et l’amener à évoluer en douceur.

Avec la grande conférence sociale qui s’est tenue récemment au palais d’Iéna, le président a donné le signal de la palabre qui va durer plusieurs mois à la recherche d’un consensus sur les réformes à engager. L’étranger, médusé, regarde la France vivre une sorte d’entracte comme si la crise connaissait une pause pendant que notre pays réfléchissait sur son destin. Alors que nos voisins se sont engagés résolument dans des réformes souvent  douloureuses, la France va se livrer à un nouveau diagnostic, qui se terminera par un énième rapport dans les archives déjà pléthoriques de la République.

Sur les sujets essentiels, c’est toujours le black-out, comme si la compétitivité ou la flexibilité du travail représentaient des mots tabous qui n’avaient pas droit de cité. Car les socialistes en sont toujours à leur vieille idée que l’on crée des emplois par le partage du travail, comme si tous les salariés étaient interchangeables, en affirmant que la suppression des heures supplémentaires est le meilleur moyen d’obliger les employeurs à recruter.

Dans ce contexte, les discussions des prochaines semaines vont surtout faire apparaître les points de divergence entre les participants, chacun attendant des autres la réforme et s’arcboutant sur son pré carré pour défendre ses privilèges. Il n’y a rien de changé sur ce point depuis l’ancien Régime ! Très vite, on prendra conscience que le gouvernement ne peut se borner à un rôle d’arbitre, mais devra faire preuve d’autorité et surtout de clarté dans les objectifs qu’il se fixe. Car le temps ne travaille pas pour lui. La crise continue. L’Europe est de plus en plus coupée en deux. La conjoncture internationale n’est pas à l’optimisme et le ralentissement est à l’œuvre partout, ce qui va exacerber la concurrence. L’exécution budgétaire, malgré la cascade d’impôts nouveaux, se révélera plus ardue que jamais, en faisant apparaître de nouvelles sources de déficit, génératrices d’une rigueur accrue.

Au moment où il faudrait libérer les énergies, on risque de multiplier les lois et les règlements qui se préparent dans les officines ministérielles. Et l’on ne  pourra distraire l’opinion par de longs débats autour de l’euthanasie ou du mariage homosexuel qui sont au demeurant des facteurs de division  plutôt que de rassemblement.

François Hollande évoque souvent sa filiation avec François Mitterrand : ce dernier a mis deux ans avant  de faire volte-face après les errements de 1981. Une durée qui ne  sera pas accordée à son successeur dans un contexte international particulièrement dégradé.

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