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Crédits Photo: PHILIPPE DESMAZES / AFP

Nouveau venu

Refondation, cet autre mouvement politique venu de la gauche qui entend lui aussi dépasser les clivages (mais pas sur la ligne d’En Marche)

Avec son nouveau mouvement, Régis Passerieux veut incarner une gauche basée sur "l'écologie humaine", afin de mettre en avant la défense du bien commun, contre une vision divisée de la société.

Régis Passerieux

Régis Passerieux

Régis Passerieux est professeur à l'école des hautes études internationales et politiques (HEIP). Auteur d' "Une France à réinventer" (Editions de Paris Max Chaleil, 2017)

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Atlantico : Pouvez-vous présenter votre mouvement Refondation ? De quoi s'inspire-t-il et quelle est son ambition ?

Régis Passerieux: Refondation est un nouveau mouvement politique qui a vocation à faire émerger un projet alternatif fondé sur trois éléments.

Le premier qui sert de toile de fond, l'écologie humaine. Nous voulons retrouver du lien et de l'engagement en reconstruisant des repères. C'est une manière de refuser la société liquide, atomisée, sommée de se conformer qui se dessine. Ensuite, changer l'économie. Nous voulons mettre en place une nouvelle vision de l'entreprenariat qu'on baptise économie de la réciprocité en en privilégient notamment les entreprises en croissance contre celles qui sont simplement des grandes entreprises mondialisées. Enfin nous souhaitons construire un projet qui soit bâti sur une vision de la nation et de l'Europe qui ne soit pas fermée et qui soit celle d'une nation qui devient un maillage de communauté de projets de territoires qui rassemble des projets vivants.

Nous considérons qu'il y a un chainon manquant dans le système politique français. Qui soit à la fois quelque chose qui veut rester ouvert au monde, en relation avec le monde mais qui le fait en étant soi-même. Le travail politique à faire aujourd'hui est de combattre tout ce qui veut définir une vision individualiste et divisée de la société et de la politique.

On sent qu'en France il y a une contre-société de projets qui est en train de se construire sur les territoires et que la France sera l'un des lieux privilégié du post libéralisme.

Notre mouvement ne se situera pas sur le clivage gauche-droite qui ne me paraît plus pertinent, tout comme le clivage entre libéraux et conservateurs. Le vrai clivage est en fait un double clivage entre identitaires et ceux qui ne veulent pas l'être mais aussi entre ceux qui veulent se conformer au monde et ceux qui souhaitent que la société française et européenne définisse son propre chemin face au monde. Une grande partie des Français aujourd'hui attendent une offre politique qui ne soit ni identitaire ni une simple conformation au monde mais plutôt un projet qui réunisse des forces pour justement avoir notre propre vie dans le monde et lancer nos idées dans le monde.

Refondation rassemble des gens venant de tous les horizons politiques pour peu qu'ils partagent cette vision commune.

Quelles raisons vous ont poussé à lancer ce mouvement ?

L'absence d'alternative aujourd'hui combiné à l'urgence de la situation. Aujourd'hui il n'y a que deux alternatives au projet mené par le gouvernement qui considère qu'il faut se conformer au monde. On a soit des oppositions identitaires extrêmes qui malheureusement agrègent petit à petit une partie de la droite classique et un modèle rétro-révolutionnaire qui n'a aucun sens. Nous considérons qu'il n'y a pas d'offre politique entre ces deux mondes et qu'il y a urgence à l'apporter au risque de voir ces extrêmes arriver au pouvoir.

Je pense que les gens attendent une offre politique qui n'est pas encore posée sur la table. Un projet qui refuse l'atomisation de la société, le consumérisme, l'absence de sens et qui en même temps se veut entrepreneurial, réunir des communautés de projet, une vision ouverte mais enracinée communautaire.  C'est la configuration qui est la plus attendue par les Français mais qui n'est pas proposée aujourd'hui.

Nous voulons participer à une recomposition politique qui n'est pas encore faite contrairement à ce qu'on imagine. Les appareils politiques ont été balayés mais le débat politique n'a pas été reconstruit.

Quelles sont vos ambitions à court et moyen termes considérant qu'il va vous falloir le temps d'agréger une base de fidèles ?

A court termes nous allons poser nos principes et nos bases de travail. Toute l'année 2018 nous allons conduite sept conventions thématiques dans le territoire dans lesquelles nous allons recruter des talents des ressources, garder des liens… Ce qui débouchera en 2019 sur une grande convention Nation-Europe dans laquelle nous allons synthétiser notre projet et nous présenterons dès juin 2019 des listes dans toutes les circonscriptions pour les élections européennes en même temps que nous commencerons à préparer les élections municipales.

Notre démarche est une montée en puissance avec un premier objectif les élections européennes de 2019. Nous sommes persuadés que ce que nous proposons fait écho réellement à une attente qui aujourd'hui ne trouve pas de répondant. On le ressent, il faut travailler sérieusement mais on voit bien dans les pays autour de nous où les forces politiques se sont épuisées comme en Espagne, des mouvements politique ont émergé en 5, 8, 10, 12 mois. Ce qui était impossible il y a  quelques années est une nécessité aujourd'hui. Je pense que ce qui semblait impossible en décembre dernier, il a été démontré en quelques mois que tout l'était.

Il y a un espace, une soif et aujourd'hui une totale malléabilité de la politique. Donc tout est possible. Certains pensent que le système s'est déjà recomposé avec "En Marche !", nous, nous pensons que c'était au contraire le début de la démolition et que la reconstruction, elle, commence maintenant.

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