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L’homme est tellement déterminé, tellement convaincu que son heure est venue, tellement habité aussi par l’idée que c’est son devoir et son destin, qu’il peut renverser les tables, brouiller les lignes de partage du bipartisme...
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Macron persiste et signe : il part à la bagarre avec un programme qui commence à prendre forme

La semaine va être dominée par les propositions d’Emmanuel Macron qui ne baisse pas les bras. Au contraire...

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Discours à la France qui subit. La ville de Strasbourg est habillée aux couleurs d’Emmanuel Macron, pour un premier discours destiné à construire son programme pour la présidentielle. Parce que l’ancien ministre de l’Economie est déterminé à aller jusqu’au bout. Avec un diagnostic sur l‘état de la France qu’il va détailler puis un programme de redressement qu’il déclinera pendant tout le mois d’octobre et qui sortira début novembre.

C’est donc parti et bien parti. Quand on interroge les responsables politiques, de droite et de gauche, des chefs d’entreprise, sur ce qu'ils pensent de l'entreprise Macron, on obtient curieusement la même réaction, la même perspective.

"Macron ? Et bien théoriquement il n’a strictement aucune chance d’arriver à la présidence de la République. Le système est trop verrouillé par les deux grandes familles politiques, il a même très peu de chances de réunir les conditions légales pour être candidat. Mais ça c’est de la théorie".

Parce qu’en pratique tout est possible. L’homme est tellement déterminé, tellement convaincu que son heure est venue, tellement habité aussi par l’idée que c’est son devoir et son destin, qu’il peut renverser les tables, brouiller les lignes de partage du bipartisme, il peut libérer les abstentionnistes écœurés par le système, il peut réveiller tout le monde et finir par l’emporter. Tout est possible, même d’arriver en tête au premier tour de la présidentielle face à Sarkozy. 

Les politologues qui ont regardé d’un œil distrait se lever ce phénomène commencent à analyser les ressorts de son succès médiatique : son jeune âge, son expertise, sa situation en dehors des partis qui sont rejetés, le caractère usé par la crise et par la pratique politique des responsables, qui vont pourtant se retrouver au centre du jeu, une fois de plus. Pour les politologues, le rejet par l’opinion des responsables politiques crée un appel d’air dans lequel des animaux politiques, comme Emmanuel Macron, peuvent s'engouffrer.

Mais la jeunesse et l'ambition ne suffisent pas. Encore faut-il des soutiens, de l’argent, des convictions et un projet nouveau et cohérent avec la demande politique.

Les soutiens, il pense les avoir grâce aux jeunes et aux réseaux sociaux. Il lui reste à drainer des personnalités politiques qui viendront quand elles penseront que Macron est pour elles le meilleur cheval pour assurer leur réélection. L’argent aussi.

Il lui faut donc afficher ses convictions et dessiner un programme qui réponde à la demande politique.

1er point : Emmanuel Macron est convaincu que la véritable demande de l’opinion n’est pas, en priorité, d’ordre identitaire ou sécuritaire, la vraie demande est économique. Les Français ont besoin de savoir que la France n’est pas bloquée dans ses frontières, qu'elle n'est pas condamnée au déclin. La majorité des Français veut avancer et pense que son destin dépend avant tout de son initiative et non pas du gouvernement.

2e point. Si la France n’est pas bloquée, Emmanuel Macron estime que les Français sont immobilisés, coincés par des contraintes géographiques, professionnelles, sociales. Pour rependre une des expressions de son diagnostic, les Français ne bougent pas parce qu’ils sont comme assignés à résidence. Beaucoup n’ont pas d’argent, pas de formation, pas de culture, et finalement pas d’opportunités.

A partir de ce diagnostic, Emmanuel Macron va articuler son projet autour de trois axes.

Le premier axe porte sur le système de production et le système social. Il faut selon lui transformer le système de production fondé sur le partage des ressources et des facteurs de production par un système fondé sur la connaissance et l'innovation permanente. Cette ambition englobe évidemment tout ce que la révolution technologique peut apporter que ce soit dans la transformation digitale ou dans la transformation environnementale.  

Le deuxième axe porte sur la nécessite d’assumer la mondialisation. Pas question de nier ce phénomène, il faut le gérer et s’y adapter. 

Le troisième axe porte sur la construction d'une souveraineté européenne, seul moyen d’affronter la concurrence internationale. Macron reprend là l‘analyse de beaucoup d’économistes selon lesquels une Europe gérée permet de gagner en autonomie donc en sécurité. Un peu comme les Etats-Unis d’Amérique.

Théoriquement, le programme de Macron va se construire sur cette charpente-là. Ces plans ne sortent pas d‘une analyse des sondages, mais d’une enquête de terrain effectuée par "les marcheurs du mouvement". Alors personne ne sait ce qu’il en sortira, mais ce qui est sûr c’est qu’on sera loin des clichés de la gauche orthodoxe sur la nécessité d’un Etat distributeur, loin des principes de l’ultralibéralisme, et encore plus loin de la droite.

Pour reprendre l'expression de tous ceux qui s’interrogent sur l'avenir de Macron, on sera loin d'une campagne présidentielle sur le rôle de nos ancêtres les Gaulois dans le façonnage de l’ADN des Français. 

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