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Les entrepreneurs parlent aux Français

Ma lettre au père Noël. Chômage. Récession. Dépression. Un peu de champagne ?

Denis Jacquet revient cette semaine sur l'impact économique de la pandémie et sur les perspectives pour les fêtes de fin d'année. Les conséquences du confinement risquent de fragiliser les PME et les TPE durant cette période de Noël.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Un beau noël. Malgré les illuminations nous resterons dans l’ombre. Santa Klaus est confiné, en dépression et les rênes sont au chômage partiel. L’histoire dira s’il aura obtenu son PGE et sa prime pour perte d’activité. Cette année c’est lui qui surveillera son petit soulier. Notre histoire est bloquée dans la cheminée, qui lui est habituellement réservée. Pourquoi tant de haine ?

Si les politiques mentent souvent, il semble que les eaux usées sont sincères. Et leur analyse nous confirme ce que nombre d’entre nous, qui prennent le temps de lire la presse internationale et les avis évolutifs de l’OMS et de tant de scientifiques tenus à l’écart des plateaux TV, qui semblent souvent préférer ceux qui sont disponibles à ceux qui sont compétents. Nos eaux usées nous montrent à quel point dès la mi-octobre, le niveau de contamination baissait déjà. Rendant le confinement, pris à retardement, totalement inutile et sans impact sur l’actuelle récession du nombre de malades et de morts. Nos belles eaux usées, dont nous buvons les paroles, expliquent pourquoi, malgré l’obsession coupable et pour tout dire, pitoyable, des principaux médias TV et radio, pour les chiffres de la contamination, nous n’aurons donc jamais eu plus de 50% de taux d’occupation des lits de réanimation en France (en moyenne). Malgré ces chiffres qui semblaient vouloir nous persuader que nous allions tous mourir, nous sommes encore moins morts que pendant la première vague, si tant est que celle-ci en soit une seconde. Et malgré cela, nous maintenons la pression, la retenue, les fermetures, le confinement, le sens de ce qui serait essentiel et de ce qui ne le serait pas. On aurait pu espérer un sursaut d’intelligence et de lucidité de nos gouvernants, mais en l’absence du père noël, nous serons privés de ce cadeau.

En lieu et place d’une reprise à laquelle nous devrions faire un beau cadeau, nous avons déjà une petite idée de de ce que 2021 nous réserve. Et cela semble faire très plaisir à tous ceux qui s’acharnent à refuser de voir que leur mauvais remède est infiniment pire que le mal Une erreur fatale, que nous allons payer cher. Alors laissez-moi vous donner une raison de commander sur Amazon, vos antidépresseurs préférés.

« En 2021, petit papa noël, j’aimerais un chômage à 10% ». Accordé ! et comme je t’aime bien, toi la PME, TPE, le petit commerce, tellement non essentiel pour ces technocrates aveugles et déconnectés, je vais même t’offrir un bonus. Tu peux compter sur 15% d’ici la fin du prochain semestre. 

« En 2021, petit papa noël, j’aimerais une croissance à -11% ». Accordé ! En fait, c’est un cadeau facile, petit entrepreneur de région, nous y sommes déjà, et l’actuel confinement pourrait permettre de battre encore ce record.

« En 2021, petit papa noël, j’aimerais que ces méchants pauvres sombrent définitivement, que les associations peuplées de « glandeurs » sociaux de gauche et que les femmes qui nous « bassinent » avec leur volonté d’égalité, soient remises à leur place ». Accordé ! et en prime, avec le confinement je t’offre une belle augmentation du nombre de femmes battues. On dit merci qui ? Les associations sont décimées, 5 pertes d’emploi sur 6 dans la plupart des pays sont des emplois occupés par des femmes, et les pauvres seront infiniment plus pauvres demain. Aujourd’hui en fait. Mission accomplie au nom d’une mortalité, qui au global, à ce jour selon l’INSEE, sera quasi identique à celle de 2018.

« En 2021, petit papa noël, j’aimerais qu’on se débarrasse enfin de ces non essentiels, ces « sans-dents » si chers à notre ancien Président qui manifestement aura transmis son mépris au nouveau, son poulain de l’époque ». Accordé petit commerçant ! Tu es sacrifié pour préserver les actionnaires de la grande distribution, sonner la fin de ces centres-villes surfaits qui sont autant de lieu de contamination. Tu pourras mourir et nous t’offrirons une magnifique stèle, où sera inscrit « ci-git un non essentiel ».

Le confinement est une méthode inutile, surtout quand elle est mise en place trop tard. La nôtre est donc totalement inutile, sauf pour tuer toute l’économie, les plus fragiles et toute perspective de croissance et d’évolution pour les années à venir. Car le décalage créé avec le reste du monde, et notamment la Chine, sera impossible à rattraper. Notre classe moyenne un peu plus atteinte, nos pauvres encore plus démunis. Nos entreprises décimées. Un chômage endémique, et une classe politique qui en jouant ce va-tout de la santé à tous pris, a pris le pari le plus risqué et le plus absurde, et va le perdre, pavant d’or la route d’accès des extrêmes au pouvoir. Une fois réalisée la supercherie, le « peuple » se révoltera, demandera des têtes et mettra le premier populiste venu, au pouvoir.

Les USA, montrés du doigt, sans confinement, reste juste 2 places au-dessus de nous en termes de mortalité, (pour 100 000 habitants), vont s’en sortir, car ils n’ont pas sacrifié leur économie. La Chine est repartie comme jamais avant, et fait la course en tête, seule, avec une croissance prévue de 4% au moins en 2021. Il semble que Santa soit désormais installé en Chine, ayant demandé l’Asile Économique, et que les seuls enfants sur terre qui auront du travail et des cadeaux le 25 décembre au matin, seront Chinois. Et aussi Américains, à qui on laisse fêter Thanksgiving, pendant que dans les discothèques de la région Chinoise où naquit le virus, la fête fait rage. 

Mais rassurons-nous, en France, tous ces gens étaient non essentiels et leur disparition est sans conséquence. Après tout, le travail c’est surfait, le capitalisme, dépassé, et nous pourrons nous nourrir de culture, en tous cas, quand elle-même sera de retour. Mais le Président va parler, et tout ira mieux demain, surtout si vous êtes sourd ou aveugle.

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