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LR : le difficile avenir de la droite française
©JACQUES DEMARTHON / AFP

8.5%

LR : le difficile avenir de la droite française

Avec seulement 8,5% des scrutins recueillis aux élections européennes, c'est un lourd échec qu'encaissent Les Républicains.

Samuel Pruvot

Samuel Pruvot

Diplômé de l’IEP Paris, rédacteur en chef au magazine Famille Chrétienne, Samuel Pruvot a publié "2017, Les candidats à confesse", aux éditions du Rocher. 

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Atlantico : Le score de LR constitue une véritable claque pour la droite. Quelles leçons le parti de Laurent Wauquiez doit-il tirer de cet échec ?

Samuel Pruvot : Ce qu’il faut retenir principalement, c’est l’ampleur de la claque. Les sondages ne sont pas fiables à 100% d’ordinaire mais là entre les prévisions et le résultat, c’est une énorme déconvenue. Les résultats sont décourageants, voire lamentables. Cette claque est donc énorme.

L’enseignement pour les partisans des Républicains devrait être à la hauteur de la déconvenue. La difficulté pour Laurent Wauquiez est de proposer autre chose que la ligne qu’il a choisie depuis son élection qui était très nette à la tête des Républicains. Il a choisi un noyau dur des Républicains dont François-Xavier Bellamy exprimait le parfum, à savoir un conservatisme raisonné, philosophique.

Je ne pense pas que Laurent Wauquiez puisse proposer autre chose que lui-même. On dit souvent qu’il est versatile, qu’il a changé 1000 fois… Mais cette fois je ne vois pas comment Laurent Wauquiez puisse se changer en caméléon. Ce serait changer une fois de trop.

A l’annonce des résultats, Laurent Wauquiez s’est immédiatement mis dans la perspective des présidentielles. Il a dit qu’il restait trois ans pour convaincre et faire comprendre son choix. Il ne dit pas qu’il veut changer ou essayer autre chose en admettant s’être trompé. Non, il veut trois ans pour « convaincre »… François-Xavier Bellamy a dit que les Français étaient pris en otage.

La leçon selon eux est comment convaincre qu’ils ont eu raison même si les chiffres très mauvais leur donnent tort. La leçon devrait être de reconnaitre que cette ligne était trop étroite, trop copiée sur RN ou trop loin des diverses sensibilités de la droite et donc accepter la somme énorme des critiques et déceptions que Laurent Wauquiez a reçu sur la tête depuis son élection.

Je ne vois pas quelle leçon il peut tirer de ce résultat sans se "suicider".

On remarque que la stratégie de droitisation de François-Xavier Bellamy n’a pas eu les résultats escomptés. Une tactique moins axée sur la droite pourrait-elle être la solution d’un retour de LR ?

J’ai entendu certains observateurs déclarer à propos du PS et des Républicains qu’il ne fallait pas tant juger leur prestation en fonction de leur campagne ou de leur détermination mais plutôt les juger comme des personnalités qui portaient sur leurs épaules trente années de paresse et de promesses non-tenues. Vu sous cet angle, leur score n’est pas si désastreux au vu de la déconvenue qu’ils portent avec eux.

La campagne a suscité beaucoup d’enthousiasme parmi les militants républicains, y compris parmi les « barons » qui tiraient à vue sur François-Xavier Bellamy lorsqu’il a été nommé. Au fur et à mesure de la campagne, ils se sont ralliés au candidat et ont vu en lui le rassembleur potentiel des différentes sensibilités de la droite. Le trio qu’il a formé est bel et bien un trio rassemblant plusieurs sensibilités.

Un départ de Laurent Wauquiez et de François-Xavier Bellamy serait-il à même de « guérir » cette hémorragie au sein de la droite ?

Je ne pense donc pas que ce soit en sacrifiant Wauquiez et Bellamy que les Républicains résisteront mieux. Il y a une alchimie qui a commencé à prendre au sein de la droite : le fait que quelqu’un venu de la matrice conservatrice de la droite arrivait fédéré autour de lui d’autres paysages de la droite. Mais cela n’a pas eu d’effet dans les urnes.

C’est cruel mais est-ce qu’il ne faut pas tenter de susciter de nouveau cette alchimie et ce corpus qui soit assez fort pour rassembler de nouveau ces droites éparpillées ? Probablement, sans quoi, ces droites iront là où il y a le plus de lumière. L’une des premières paroles de Marine Le Pen était d’appeler ceux qui n’ont pas fait le pas pour les rejoindre – à l’image de Mariani – car c’est là qu’il y a le plus de lumière. Edouard Philippe disait la même chose, à savoir que les vieux clivages sont carbonisés et que le seul avenir pour la droite – du moins pour les non-nationalistes -- était de prendre le chemin de Bruno Le Maire, de Michel Barnier et de tant d’autres : LREM.

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