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Les Millennials, génération "douillette" : et si l'explication était (au moins) autant dans l'éducation donnée à nos enfants que dans la dureté du monde contemporain
©LOIC VENANCE / AFP

Ceux qui avaient le burn-out facile ?

Les Millennials, génération "douillette" : et si l'explication était (au moins) autant dans l'éducation donnée à nos enfants que dans la dureté du monde contemporain

Les millennials, cette génération née après entre 1980 et 2000, semblent avoir une prédisposition pour les problèmes psychologiques en entreprise. Selon une étude publiée dans la Harvard Business Review, 50% d'entre eux ont déjà quitté leur emploi pour des problèmes de dépression.

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est philosophe et théologien.

Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).

 

 

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Laëtitia Vitaud

Laëtitia Vitaud

Laëtitia Vitaud est auteure et conférencière sur le futur du travail et de la consommation. Présidente de Cadre Noir Ltd, entreprise spécialisée dans la recherche sur le futur du travail, et rédactrice en chef du média B2B de Welcome to the Jungle, elle est l'auteure de Du Labeur à l'ouvrage (Calmann-Levy, 2019) et Faut-il avoir peur du numérique ? co-écrit avec Nicolas Colin (Armand Colin, 2016). Elle intervient régulièrement à HEC, Sciences Po, Paris, l'Université Paris-Dauphine, l'EM Lyon. 

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Atlantico : Le travail avec ses conditions et son sens a-t-il changé ? Si tel est le cas, pourquoi cela explique-t-il la fragilité des jeunes actifs ? 

Bertrand Vergely : Les États-Unis sont un monde paradoxal. D’un côté, la société américaine est une société qui, aimant la réussite, est très exigeante en ce qui concerne le professionnalisme au travail. D’un autre côté toutefois, cette même société est très attachée à son confort et au fait que les choses soient faciles. D’où une contradiction entre le désir de réussir et le désir de confort, l’effort nécessaire pour réussir n’étant pas toujours confortable et l’aspiration au confort ne prédisposant pas à l’effort.

La société américaine s’est toutefois arrangée avec cette antinomie en faisant servir la réussite au confort et le confort à la réussite, le confort étant de réussir et la réussite se mesurant au confort. Pour l’art classique le comble de l’art consiste à faire oublier l’art. Dans la logique américaine, le comble de l’effort consiste à faire oublier l’effort. Que tout soit facilité et réussite en même temps ! Quand on parvient à vivre les deux, on est vraiment dans la réussite et vraiment dans la facilité. Cela s’appelle une success story.

Face à cela, que s’est-il passé ? Le travail a-t-il changé ? Est-il devenu plus dur ? Pas vraiment. Il est toujours aussi dur, toujours aussi exigeant. Il requiert toujours autant d’excellence et de professionnalisme. En revanche, le rapport au confort a changé.

Pour trouver du confort dans la réussite et pas simplement de la réussite dans le confort, il faut avoir une culture de l’effort. Or, existe-telle encore ? Non.

Quand on vient d’un pays où la vie est difficile, on est prêt à travailler pour s’en sortir. Sachant ce que la difficulté coûte, on fait tout pour ne pas y retourner. Quand on a pris l’habitude de vivre dans un pays où tout est facile, on n’a pas le même problème. Ayant toujours vécu dans la facilité, on ne sait pas ce qu’est la difficulté. On n’a donc pas peur d’y retourner puisque la question ne se pose pas. De ce fait, on n’est pas enclin à avoir une culture de l’effort afin de s’en sortir.

De plus, quel est le discours dominant aujourd’hui ? Celui de la consommation. Que dit ce discours ? « Vous êtes le roi. On va vous servir. Avec nous vous aurez tout facilement et pour pas cher. Ne vous fatiguez pas, on va tout faire pour vous ». Quand on a pris l’habitude d’être servi, on tombe de haut en rentrant dans une entreprise qui vous demande de payer de votre personne. Le choc est rude. Tellement rude que, parfois, n’y résistant pas ‘on quitte l’entreprise.

De plus, vers quel monde va-t-on ? Un monde robotisé dans lequel l’intelligence artificielle va accomplir de plus en plus de tâches pénibles à la place de l’homme. D’où cette réaction consistant à dire et à se dire : « À quoi bon se fatiguer puisque demain des machines feront aussi bien sinon mieux ce que l’on nous demande de faire ? »

Dans le monde sans robots et sans intelligence artificielle, on a comme message dominant le fait de dire : « Le système a besoin de toi pour exister ». Avec les robots et l’intelligence artificielle qui arrive ce message n’a plus de sens. D’où ce nouveau message : « Ne t’inquiète pas. Repose toi. Le système ne va plus avoir besoin de toi puisque demain voire tout à l’heure les machines feront ce que l’on te demande de faire ». Forcément, se sentant moins responsable, un jeune n’a pas de scrupule à quitter une entreprise. Puisque les machines vont arriver et faire le travail, l’avenir est de toute façon assuré. Donc, se dit-il : « Je peux partir. Le monde ne va pas s’écrouler. S’il doit se produire, le déluge ne va pas venir de moi. Il viendra après moi. Après moi le déluge ! »

Ce n’est donc pas le travail qui a changé et qui est responsable de la désaffection des jeunes en entreprise, mais le rapport à celui-ci. Mettons ensemble l’habitude que l’on a prise de vivre dans un pays en paix où tout est facile, le fait d’être traité en client roi qui n’a à se soucier de rien puisque l’on va tout lui offrir, enfin l’idée qu’il n’y a pas à s’en faire puisque demain l’avenir sera assuré par des machines, des robots et l’intelligence artificielle : on obtient le phénomène auquel on est confronté. Les jeunes quittent facilement l’entreprise parce qu’ils ne voient pas au nom de quoi ils auraient des raisons d’y rester.

Laëtitia Vitaud : Je voudrais contester un peu les prémisses de cet interview. Les millennials ne sont pas vraiment différents des autres générations. Le concept a bon dos, les consultants et les marketeurs l’ont utilisé pour parler d’à peu près tous les sujets qui touchent notre époque. Mais en matière d’aspirations concernant le travail ou de fragilité mentale, il n’y a, en réalité, pas de différences fondamentales entre les générations. Le désir d’équilibrer vie professionnelle et vie familiale, de s’épanouir au travail et d’y trouver du sens touche toutes les générations.

Les différences biologiques et psychologiques qui existent entre les jeunes et les vieux sont les mêmes qu’à toutes les époques. En revanche, il y a en effet des différences économiques entre les classes d’âge, dans l’accès à l’emploi et au logement. Quant aux problèmes de santé mentale, notamment l’augmentation de la dépression (et des suicides aux Etats-Unis), ils touchent hélas toutes les générations.

Ce qui faisait partie du contrat de travail salarié classique au XXe siècle — sécurité de l’emploi, bon salaire, protection sociale, accès au logement, congés payés et bonne retraite — se désagrège peu à peu depuis 40 ans. Autrefois, on acceptait une relative aliénation au travail (division du travail et subordination) parce que les contreparties étaient irrésistibles. Aujourd’hui, faute d’avoir des contreparties aussi nombreuses, face à une dégradation des conditions d’accès au logement, aux salaires décents et à la sécurité de l’emploi, on questionne davantage l’aliénation au travail. C’est ce que j’explique dans mon nouveau livre Du Labeur à l’ouvrage (Calmann-Lévy, 2019) : pourquoi s’infliger un travail répétitif et aliénant, et un patron qui vous impose des réunions à n’importe quelle heure, si on n’a pas la sécurité économique ?

Ce questionnement affecte davantage les nouveaux entrants sur le marché du travail pour qui les conditions de travail sont plus précaires. Il leur faut plus de temps pour accéder à la sécurité économique, ou au logement. En matière de travail, nous vivons une grande période de transition. Le lien entre l’employeur et le travailleur se transforme. Notre économie se transforme. Pour ceux qui démarrent leur vie professionnelle, il est évident que le travail ne ressemblera pas à ce qu’il a été, mais on ne sait pas encore très bien ce à quoi les carrières ressembleront. Cette période est source d’anxiété et d’insécurité. 

Certains parlent de la génération snowflake ("flocon de neige"). La fragilité des millennials peut-elle être associée à leur éducation et au contexte dans lequel ils ont grandi ? 

Bertrand Vergely : L’éducation est une chose, le contexte en est une autre, la fragilité en est une troisième.

Qui dit fragilité dit quelque chose qui n’a pas été consolidé. Il y a des bases, mais celles-ci n’étant pas solides, tout se passe comme s’il n’y en avait pas.

Si les adolescents américains sont fragiles, cela vient de ce que ceux-ci n’ont pas de bases réelles. En France, on se préoccupe très vite de donner des bases aux enfants. Aux Etats-Unis l’acquisition des bases commence à l’université.

Cela veut dire que pendant toute leur adolescence les jeunes américaine prennent des habitudes de grande liberté. Quand la société n’est pas hyper-compétitive, ce système peut fonctionner. L’adolescent commence par être très libre puis il s’assagit en rentrant à l’Université et en intégrant la vie active. Quand la société devient très compétitive comme aujourd’hui, ce système ne fonctionne plus. L’écart est trop grand entre les capacités des jeunes et le rythme qu’impose l’entreprise. De ce fait, les jeunes sont tentés de capituler et de ne plus jouer le jeu. Ce phénomène ne touche pas que les Etats-Unis.

En France, beaucoup de chefs d’entreprise tirent le signal d’alarme. Les jeunes qui leur arrivent manquent de bases. Ils se découragent vite. Ils ne supportent aucune remarque. Ils n’ont pas le goût de l’effort et de la persévérance. Ayant pris des habitudes de liberté et de jeu, ils ont du mal à se concentrer.

Que ce soit l’Amérique ou la France, la postmodernité contemporaine paie très cher l’idée qu’il ne faut rien imposer aux jeunes afin que ceux-ci s’épanouissent en trouvant par eux-mêmes ce qui leur convient. Livrés à eux-mêmes, sans encadrement, n’ayant jamais eu de rapports réels à une autorité, une règle ainsi que des exigences qui les contrent, désemparés, ils masquent leur désarroi derrière une dureté, une désinvolture et un cynisme de façade.

Dans ce contexte, il importe de rajouter une chose. La façon de rendre l’éducation et le contexte responsables de la fragilité des jeunes est à l’origine de leur fragilité. Plus on rend l’éducation et le contexte responsables de tout ce qui ne va pas, plus on en fait des victimes. Plus on en fait des victimes, moins ils se remettent en cause et plus ils sont fragiles. Si les jeunes sont fragiles c’est parce qu’ils ne sont pas forts, parce qu’ils n’osent pas l’être, parce qu’en profondeur ils ne sont pas intéressants. Il faut arrêter de les excuser. Ils ne le méritent pas.

Laëtitia Vitaud : La manière dont nous éduquons les enfants a changé à partir des années 1990. Face à une insécurité économique croisante (le début du chômage de masse), on s’est dit qu’il fallait mettre toutes les chances de son côté en faisant « le maximum » dans l’éducation de ses enfants. C’est aussi à partir des années 1990 qu’on a généralisé l’éducation positive et l’idée qu’il faut encourager l’enfant plutôt que le punir, lui apprendre à comprendre les règles plutôt que les lui imposer par la force ou la peur. L’éducation positive cherche un juste milieu entre le laxisme et l’autorité. On peut évidemment dénoncer les excès de parents qui félicitent leurs enfants quoi qu’ils fassent et ne leur inculquent pas vraiment le goût de l’effort, mais, globalement, l’éducation positive a eu plus d’effets bénéfiques que d’effets négatifs. Le contexte qui a changé, c’est celui d’une insécurité plus grande : économique et climatique. 

Le concept de génération snowflake, cette génération qui serait particulièrement narcissique, aurait un sens exagéré de ce qui lui est dû, serait trop susceptible et incapable d’accepter qu’on ne soit pas d’accord, est aussi fumeux que le concept de millennials. Ce n’est pas spécifique à une génération : on disait la même chose à propos des jeunes des années 1960 ! Oui, quand on est jeune et qu’on a une identité encore en construction, on est plus égoïste que quand on vieillit et qu’on devient parent. Ça a toujours été le cas. 

Quid de l’influence du numérique et du narcissisme de masse que l’on observe sur les réseaux sociaux ? Toutes les générations sont touchées par deux « crises » qui sont particulièrement délétères pour la santé mentale : la « crise de la cognition » et la « crise du toucher ». La crise de la cognition, concept popularisé par le neurologue américain Adam Gazzaley, c’est l’ensemble des problèmes cognitifs (incapacité à se concentrer et à comprendre, anxiété, stress) engendrés par la connexion constante aux applications numériques. La crise du toucher, quant à elle, c’est le fait que les contacts physiques (y compris les rapports sexuels) sont en chute libre dans toutes les classes d’âge depuis plusieurs années. Il y a beaucoup plus de solitude (parmi les plus âgés, mais aussi parmi les jeunes). De plus en plus de gens ne sont plus jamais touchés par personne. On sait que c’est un facteur qui contribue à la dépression et à une dégradation de la santé mentale.

Aujourd’hui, l'arrivée d'un enfant est soigneusement planifiée et organisée. A leur arrivée, les enfants sont l'objet d'une survalorisation de la part de leur parent, qui n'auront de cesse de vanter leurs mérites jusqu'à ce que la vie professionnelle les mettent, parfois durement, face à leurs limites. Quelle est la place de cette pression éducative dans le mal-être des millennials ?

Bertrand Vergely : L’éducation n’est pas un bon terme. Éduquer est une chose, survaloriser en est une autre.

Quand on éduque on enseigne des règles et on veille à ce que celles-ci soient respectées. Si l’enfant n’apprend pas ces règles et s’il ne les respecte pas, on ne lâche rien et parfois on sanctionne. En un mot, on résiste à l’enfant. On ne lui cède pas.

Quand on survalorise que fait on ? L’inverse. S’extasiant devant tout ce que fait un enfant, on en fait une vedette, une star et un héros même s’il n’a rien fait. En fait, on le déséduque.

L’enfant est mal élevé ? Il ne dit ni bonjour, ni au revoir, ni merci ? On trouve ça charmant, original. Il est libre. Il a de la personnalité. Il s’affirme. Il n’est pas conformiste.

La société américaine a inventé l’éducation sans traumatismes. Cette éducation est à la base du mythe de l’auto-apprenant. Elle est à l’origine de la pédagogie sans contraintes où l’enfant est son propre maître. Elle est en accord avec le mythe du self-made-man, un mythe fondateur responsable de la soif de réussite, de celle du confort et de leur contradiction.

Quand on aspire à se faire soi-même, on a le culte de la réussite. Pratiquant ce culte, on a celui de la compétition, du challenge, de la dureté au travail. Comme on veut être le plus fort, on accepte le rapport de forces. Comme on veut cependant se faire soi-même, on veut que rien ne résiste, que tout soit facile, qu’il n’y ait pas d’obstacles. On veut bien la réussite mais tout de suite et sans effort. On veut bien être fort avec les autres mais on ne veut pas que ceux-ci le soient avec soi. D’où ce paradoxe. La dureté crée de la faiblesse et la faiblesse de la dureté. Parce que l’on est dur on est faible. Parce qu’on est faible on est dur. Comme on veut se faire soi-même on est dur. Mais comme on veut être soi-même, voulant l’être sans obstacles, on est faible. Cela donne les grosses brutes infantiles et fragiles, très faibles derrière leur brutalité et très brutales derrière leur fragilité. Dans la mythologie américaine Ferdinand le taureau pleure devant une pâquerette, mais pleurer une pâquerette ne l’empêche pas d’être un taureau. La pâquerette a raison de lui mais pour faire triompher la pâquerette que ne fait-il pas !

Tout ce qui se passe aux Etats-Unis finissant par se passer en Europe, ce phénomène a gagné la France. La société française est devenue un ado à problèmes. Quoi qu’on lui dise elle n’est pas contente, elle ne veut pas, elle est contre. Elle est rebelle en entretenant un mimétisme collectif à propos de la rébellion. D’où un climat de mauvaise humeur généralisée.

C’est cela qui éduque aujourd’hui. L’école véritable ne se passe plus à l’école. Elle se passe dans la communication, la médiatisation, le réseau social, le selfie extasié, la mise en scène de soi sur Facebook. C’est là que se créent les règles comportementales. Cela donne non plus une société mais une grande tribu, esclave de ses pulsions et notamment de ses grognements. Derrière ce phénomène tribal, cela donne un communautarisme, la grande tribu de la communication fonctionnant uniquement sur le mode de la crispation identitaire permanente. Quand les jeunes arrivent en entreprise, cela crée forcément un clash. C’est la raison pour laquelle dans certaines entreprises Internet est interdit.

Laëtitia Vitaud : Avoir des enfants, c’est un choix pour les parents depuis en gros la fin des années 1960 et la démocratisation des moyens de contraception. Depuis cette époque, en effet, on investit de plus en plus dans l’éducation d’enfants de moins en moins nombreux.

Le surinvestissement et la pression éducative de plus en plus exagérée que l’on observe chez les jeunes parents révèle des changements culturels importants dans la vision que l’on a de la parentalité. Être parent, c’est devenu un « métier » à part entière. En effet, ça met une pression très forte sur les épaules des enfants. Parfois, on peut être sûr qu’ils auront besoin de quinze ans de psychothérapie pour s’en remettre. 

Mais ce surinvestissement dans la parentalité, notamment chez les femmes, révèle à mon sens également autre chose. Face à un marché du travail difficile, des opportunités professionnelles décevantes, des salaires bas et un sexisme toujours fort, de nombreuses femmes parmi les millennials baissent un peu les bras en matière de carrière et déplacent leur ambition vers leur maternité. Elles deviennent des mères ambitieuses, des overachievers de la parentalité. Hélas, ce n’est pas vraiment un cadeau pour les enfants en question, et ça ne fera pas avancer le féminisme pour les générations futures.

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