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©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Les Gilets verts, les seuls à chercher une véritable solution au changement de couleur

Tous les pays du monde sont soumis aux mêmes tremblements.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Les peuples comprennent, de façon instinctive, que leur avenir se conjugue au passé. Ils comprennent que les politiques, le conjuguent au présent (au mieux). Et que ceux qui pensent à un avenir, qui les intègre dans l’équation, sont trop peu nombreux. Existe t-il sur terre, des gilets verts, des femmes et des hommes capables de remettre l’homme au centre, avant que l’homme ne nous entraîne vers les extrêmes ? Nous en avons rencontré quelques uns lors d’un événement hors du commun, la semaine passée lors de Day One à Monaco.

Partout le message est le même. Partout les peuples préparent une révolte à la hauteur de la mondialisation qui caractérise l’économie. Une révolution mondiale, qui dans peu de temps, va colorer la terre en jaune, dans un mouvement impossible à stopper. Tel un virus, il contaminera la terre entière, en utilisant les réseaux sociaux et une génération accroc à la vidéo, pour imposer à tous son message. Et son message est clair : « Je n’existe plus, l’avenir m’apporte moins que ce que je recevais dans le passé. Alors mettons au pouvoir, ceux qui promettent la marche arrière. Ceux qui nous protègeront d’un étranger, qui vient manger les miettes de mon pain. Ceux qui mettront au pas, cette lâcheté politique, responsable de nos maux ».

L’être humain, qui naît dans un pays occidental, hérite d’une terre dégradée et d’un avenir hypothéqué. Un climat en ruine, des pays endettés. Un écart de richesse croissant. D’une classe moyenne décimée. Un vieillissement qui bannît souvent l’innovation, ou lui affecte la tâche d’achever un mort vivant, sans certitude que sa nouvelle proposition ne soit, ni meilleure, ni plus démocratique. Comme aux USA, un nouveau né n’a plus que 50% de chances d’améliorer le niveau de vie de la génération qui lui a donné naissance, contre 90% il y a à peine 30ans. Le nombre de dictatures à augmenté de 30% ces 10 dernières années. Les seuls pays prospères, ne sont pas des démocraties. En tous cas, pas celles que nous qualifions de démocratie, tant les occidentaux, devenus oligarques, tendent à nous offrir une démocratie qui en a les attributs extérieurs, vides des promesses originelles.  Certains pays, du Moyen-Orient, ou encore la Chine, sont les seuls rescapés de ce jeu de massacre, parce qu’ils prennent les mesures qu’exigent l’évolution du monde. Sans débat, sans tergiversation. Ils ont dès lors la clé d’accès à un avenir que nous ne sommes pas prêt de voir réapparaître.

Tous ceux qui viennent affirmer qu’il faut cesser de dire que « c’était pas mieux avant », oublient souvent de préciser ce qu’ils considèrent comme « avant » et sont à l’abri du besoin et des conséquences de cette dégradation. Emmanuel Macron n’est que le comptable de cette situation, il en hérite et l’affronte à sa façon. Il a compris que sans réforme cette fatalité fera le lit de la révolution, mais ne sait pas le vendre, et surtout n’est pas entendu par des gens rendus sourds par l’inquiétude et le désarroi. Ses réformes privilégiant les « actifs » sont le gage du long terme, mais vont faire souffrir, à court terme, une classe qui pourrait nous coûter cher, en 2022. Et surtout, sans réforme massive de l’Etat, et non pas seulement en s’attaquant la réduction (aveugle le plus souvent) de ses budgets, qui sera contre-productive la plupart du temps, les autres réformes seront assez largement inutiles. Il faut assainir le sol, quand on veut reconstruire de nouvelles fondations.

Pour redonner espoir et transformer les gilets jaunes en gilets verts, il faut satisfaire plusieurs conditions :

Avoir une concertation internationale, afin de mettre en œuvre les mesures identiques. Tant que les efforts des uns alimenteront la fainéantise, ou le laxisme les autres, rien ne changera. Un effort coordonné de tous, au moins au niveau de cette Europe qui n’est à ce jour, qu’un fantôme.

S’attaquer aux écarts de richesse, rétablir des systèmes inclusifs. Réformer l’éducation et la formation professionnelle afin qu’elles puissent doter les hommes et femmes du monde, des capacités à survivre, mieux encore, de prospérer, de l’évolution du monde.

Réformer l’Etat, dans la nature même de son fonctionnement, dans la diversité de son recrutement, dans la remise en cause de son système protecteur des élites, dans les outils digitaux lui permettant de rendre ses services à un moindre coût et avec plus d’efficacité pour ceux qui en ont le plus besoin. 

Nettoyer les territoires des extrémismes et de tous ceux qui les alimentent, sans état d’âme, pour rétablir le sentiment d’appartenance et de sécurité. 

Favoriser outrageusement les PME, seules à être totalement centrées sur l’homme et dernier maillon de l’activité économique sur lest territoires, ruraux notamment.

Mais surtout, reprendre la main sur le temps, le temps long, et offrir une vision, un objectif et une stratégie pour l’atteindre. Expliquer aux peuples qu’ils peuvent redevenir des champions et qu’ils peuvent reprendre confiance en l’avenir.

Ces « gilets verts » sont essentiellement les entrepreneurs, et les entreprises également. Les intellectuels et les scientifiques, prêts à donner, affecter une vision à une technologie qui ne pense qu’à résoudre des équations en passant à côté de la plus importante. L’avenir de l’homme. Ces « gilets verts » étaient rassemblés à Monaco pendant 2.5 jours, afin de proposer des voies, internationales, pour remettre le destin des hommes au centre des préoccupations de tous. C’est encore possible. Contrairement aux images dont nous « saoulent » les chaînes d’infos, qui aime faire d’une voiture qui brûle du fait d’un casseur imbécile, l’unique fait dans un monde composé de 7 Mds d’individus qui ne brûlent rien, la terre ne brûle pas encore. Mais c’est imminent.

Nous avons intérêt à venir devant les hommes et les femmes de ce monde avec un projet. Un projet qui les inclue et leur offre une perspective d’avenir. Et vite !

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