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Les entrepreneurs parlent aux Français

Les 64.000 sociétés qui vont mourir nous saluent

Denis Jacquet décrypte l'impact du coronavirus sur les TPE et les PME en cette rentrée 2020. 64.000 sociétés seraient d'ores et déjà menacées par l'impact économique de la crise.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Le Covid s'est tout à coup féminisé, Vous aurez certainement comme moi assisté à son changement de genre, puisque désormais les communications officielles, évoquent LA covid, après nous avoir habitué à la létalité DU covid pendant des mois. Serait-ce ce qu'on appelle la mutation du virus? Masculin quand il tue et féminin quand il contamine? Transgenre quand il sera au repos? 

Au-delà de cette remarque potache et sans intérêt, le/la Covid, masculin ou féminin, ne tue plus, mais va désormais révéler au monde la réalité de son impact létal, mesuré en liquidation d'entreprises. Retenez ce chiffre, qui n'est qu'une première évaluation : 64000 !!!! 

64000 TPE et PME, qui vont mourir, elles, de façon certaine. Pas contaminées. Mortes. Pas en soins intensifs. Décédées. Sans le respirateur du plan de relance, qui les aura oubliées au passage.

Ces 10 derniers jours, malgré la machine à anxiété alimentée par le journal de 20H, qui souhaite manifestement aider le Gouvernement à nous maintenir en État de peur, pour nous faire oublier que nous avons quitté le chemin démocratique, pour évoluer en terrain « gris », semi dictatorial, nous interdisant toujours, 6 mois après le début de la crise, tout déplacement dans 90% des pays du monde, le ou la covid, lui, est le seul qui a des problèmes respiratoires. Il s'essouffle. En moyenne entre 2 et 8 décès quotidien, dans les 5 États principaux en Europe. 

Et malgré les tentatives de terrorisme audiovisuel de nos journaux de 20h. Vendredi encore, France TV (entre autres) nous annonçait un chiffre terrible depuis Marseille, qui était censé nous terrifier. Imaginez, une ville passée en 3 semaines de 3 à 8 personnes en soin intensif, signe précoce d'une population en française en voie d'extinction (pour vous donner une idée, les urgences à longueur d’année accueillent 49 000 personnes par jour en France). Pitoyable sens de l’information.

La réalité est que selon l'OMS, le virus ne tue plus, il faiblit partout. La contamination est nourrie par nos interactions retrouvées (ou presque) et révélées par le nombre de tests, mais les hôpitaux n’en souffrent pas et les citoyens non plus. Et encore, les décès quotidiens, dans nombre de pays, sont systématiquement attribué au Covid, ce qu'il faudra analyser dans les mois à venir. Comme me le disait une épidémiologiste il y a quelques jours, nous avons eu 39 000 décès en France « soi-disant du Covid ». Pas de morts de la grippe cette année donc ? Bref !! la vérité finira peut-être par éclater, si nous retrouvons quelques journalistes capables de dévier de la doctrine officielle.

En attendant le véritable cauchemar commence. Le départ du cataclysme économique est en marche, et à côté de cela, le spectacle des hôpitaux saturés, qui nous a convaincu d'abandonner nos droits fondamentaux, va vous paraître bien pâle. Les premières évaluations faites notamment par Ipsos, font froid dans le dos. Plus de 64 000 entreprises françaises, y compris dans des régions largement épargnées par le virus, seraient sur le point de rendre l'âme. Liquidées dans les 8 prochaines semaines. 64 000 entreprises, petites et moyennes. C’est terrible. Des PME de nos territoires, dont les chances de se recréer sont quasiment nulles. Ce sont avant tout, des hommes et des femmes, qui n'avaient rien demandé, qui n'avaient pas besoin de cela, qui pensaient pouvoir conserver ce job pour de nombreuses années. Car ce travail parfait ou non, payait les fins de mois, les études des enfants, les crédits contractés pour les divers besoins de la famille. Rien ne les avait préparés à cela. Comme chacun d'entre nous, ils ont pris peur, terrorisés par des images destinées à leur faire croire que la vie allait les quitter, et ont pensé légitime de ne pas retourner travailler. Mais ils n'avaient pas envisagé qu'ils n'y retourneraient jamais, que leur job, n'existerait plus quelques mois plus tard. Au nom de quoi ? Personne ne le sait plus. De contaminés asymptomatiques ? Ces PME sont symptomatiques, elles, d’un monde qui meure d’une mauvaise gestion de cette crise, pendant que l’Asie la gère quasiment à la perfection et prend le pouvoir sur le monde.

Si l'on considère que les PME françaises ont, pour plus de 82% d'entre elles, moins de 250 salariés (et principalement moins de 50), on peut se livrer à quelques calculs simples. Si ces 64 000 entreprises comptabilisent 20 salariés en moyenne, nous parvenons déjà à un total de 1.2 millions d'emplois perdus !! Un tsunami. Un cataclysme humain et économique, qui va briser des vies entières et les plonger dans le plus profond désespoir. Le désespoir constitue la voie express vers la rébellion, l'agitation sociale, prompte à s'habiller de jaune en temps normal et qui choisira cette fois une cloueur écarlate pour venir incendier Paris et sa gestion aveugle aux conséquences pour l'avenir de chacun. 

La solution n'est pas simple. C'est vrai. Les USA prouvent, en tous cas dans les sondages, que privilégier l'économie ne satisfait pas les futurs électeurs (mais il faudra vérifier cela dans 2 mois). Néanmoins aux USA, c'est la légèreté du Président face à la maladie que l'on juge, ainsi que 1000 autres sujets qui le concernent. On mélange le tout pour en faire un prétexte de rejet du locataire de la Maison Blanche, mais son acharnement à remettre en route la machine à jobs, pourrait bien être la clé de son succès en novembre, plus sûrement que de tenter de punir ceux qui votent par courrier. Les politiques sont partout coincés entre la peur d'être responsables de morts supplémentaires, et celle de saccager leur économie. La première leur vaudra une punition à court terme, la seconde à long terme. Nous savons tous que le temps long a peu cours chez nos dirigeants. Ils ont choisi leur camp. Ou en tous cas essaient de nous le faire croire. Car choisir le court terme serait audible si les Européens mouraient par dizaine de milliers. Mais avec moins de 20 morts par jour sur les 5 pays "historiques" de la CEE ces 3 dernières semaines, c'est difficile à tenir.

On en est donc résolu à un (des) plan de relance. Sur ce point notre Gouvernement a tout bon. Dans les mots utilisés en tous cas. Remettre des capitaux propres dans les PME. Bravo, je le demandais déjà avec mes amis en 2013 après l'épisode des Pigeons. Et d'autres avant nous. Mettre le numérique au service du développement. Bravo !! Nous le disons depuis 5 ans au moins, sans retour. Bonne nouvelle. Investir pour le futur de notre pays. Fantastique !! On tremble déjà de bonheur. Mais si les mots sont forts, les chiffres sont faibles. Malheureusement. Des petits chiffres qui font office de douche froide :

2.5Mds dans les start-up technologiques. Chouette! Sur 5 ans. Zut !! Nous nous sommes réjouis trop tôt. 32Mds par an aux USA. Nous allons, nous, y mettre 0,5Mds par an. Accrochez-vous, nous allons donner naissance, à minima, à 1 ou 2 ETI de taille régionale !! Les géants mondiaux eux, se créeront toujours ailleurs, là où l’on affiche des chiffres pour adulte. Et sous quelle forme seront dispensées ces sommes? Aucune idée. Par l'État et les régions ? Le privé ? Est-ce en partie du recyclage de plans existants ? Oui, en partie. Bref, de la monnaie de singe, pour de futurs zombies.

3Mds pour les capitaux propres des PME ? Chouette !! Petit détail. Nous en avons environ 2 millions. Laissez-moi un petit instant avec ma calculette et mon boulier. Cela fait 1000€ par PME. Mais que vont-elles faire de tant d’argent ? Un repas de fin d'année chez Mac Do? Ou un investissement planétaire ? Bon, ok, on va miser sur les 10% de PME les plus performantes, qui à priori d'ailleurs n'ont pas besoin de cet argent, mais admettons. Cela ferait alors 10 000 euros par PME. Quelle fête !! On ne parle plus de Mac Do, c'est Burger King! 

De qui se moque-t-on?

C'est le miracle des chiffres, qui masquent, un temps, le mirage de la réalité. Tous ces milliards, cela fait très sérieux dans les débats télévisuels, mais cela nourrit des besoins de nains dans la réalité. Voilà ce qui arrive quand on privilégie la fiction, alimentée par la peur, à la nécessité, alimentée par la réalité. On aura déçu tout le monde et ruiné notre économie, ces français qui espéraient que la contrepartie d'une privation de liberté, serait un avenir conforté. 

Comme toujours, quand on sacrifie la liberté à la sécurité, on finit toujours sans l'une, ni l'autre.

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